
La prise d'otages de 21 élèves et deux surveillantes dans un lycée de Sablé-sur-Sarthe par un ancien professeur qui "voulait qu'on prenne en charge sa détresse" s'est terminé jeudi soir sans violences Elle s'est achevée en douceur peu après 19H30 lorsque Nicolas Villepail s'est rendu, relâchant sain et sauf ses otages. La libération "s'est passée sans aucune violence", s'est félicité le préfet de la Sarthe, Stéphane Bouillon.
Le preneur d'otages, âgé de 33 ans, avait auparavant discuté pendant plus d'une heure avec des membres du GIGN, dépêchés de la région parisienne, et la conseillère pédagogique. Contrairement à une première annonce du préfet, l'arme de poing avec lequel il menaçait les otages n'était pas factice, mais une arme de septième catégorie, tirant des balles en caoutchouc et pouvant tuer.
Familier des lieux puisqu'il avait enseigné la maintenance industrielle dans ce lycée, Nicolas Villepail y avait pénétré vers 15H00 avant de prendre en otage 21 élèves et deux surveillantes. "Agité" au début, le preneur d'otage s'est ensuite détendu. "Il a dit qu'il ne ferait pas de mal aux enfants, qu'il ne les toucherait pas", a indiqué Didier Mercier, agent d'accueil de l'établissement. Son seul objectif était de parler de "sa situation professionnelle et personnelle" à François Fillon, la principale personnalité politique locale. Sénateur et ancien maire de Sablé, l'ex-ministre de l'Education est rentré dans la soirée de Londres mais n'a pas été en contact avec l'homme.
"On savait qu'il déprimait"
Nicolas Villepail "voulait qu'on l'écoute, qu'on prenne en charge sa détresse", a précisé le préfet. "Il était bien connu de nos services... Il a été suivi à plusieurs reprises", notamment "sous l'angle médical", a-t-il ajouté sans donner de détails. "On savait qu'il déprimait" parce qu'il avait des difficultés à trouver du travail, a témoigné une employée du lycée, Bernadette Mercier. Enfermés au 2ème étage, les élèves retenus ont pu "circuler correctement" dans la salle de classe et l'homme "les a laissés communiquer (par portable) avec leurs parents pour les rassurer". Ainsi, Elise, 18 ans, a pu raconter à un ami à l'extérieur du lycée, Vincent, 17 ans, qu'elle avait eu "très peur" au début mais que Nicolas Villepail s'était ensuite "calmé". Il s'est assis, a posé son arme et discuté avec les jeunes, selon d'autres élèves. Après leur libération, les otages ont été pris en charge par une cellule d'assistance psychologique "pour voir les problèmes et la détresse qu'ils ont pu subir", a indiqué le préfet.
Les forces de l'ordre ont été félicités dans la soirée par Dominique de Villepin ainsi que par le ministre de l'Intérieur qui avait "suspendu" ses rendez-vous en Guadeloupe durant la prise d'otage.
Photo (LCI) : bâtiment du lycée Colbert de Torcy
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