
L' ouverture du procès a été marquée ce matin par deux incidents. Jean-François Larios a quitté l'audience. Il a contesté avoir reçu sa mise en examen et ses convocations pour être entendu dans les bonnes formes. Le président du tribunal Vincent Turbeaux a affirmé dans un premier temps qu'il serait cité à nouveau "dans les mois qui viennent". Il a ensuite précisé que, malgré l'absence de Larios, le tribunal sera "saisi" des dossiers le concernant et qu'il avait commis "une erreur de langage" en affirmant qu'il serait cité dans une autre audience. A la suite de cet incident, Robert Louis-Dreyfus, appelé à la barre après Larios selon l'ordre alphabétique, a demandé et obtenu une suspension d'audience.
Abus ou complicité d'abus de bien sociaux
Quatorze prévenus comparaissent jusqu'au 31 mars devant le tribunal correctionnel, parmi lesquels l'actionnaire principal et ancien président de l'Olympique de Marseille, Robert Louis-Dreyfus, les anciens présidents délégués du club Jean-Michel Roussier et Yves Marchand ainsi que Rolland Courbis. Ils sont poursuivis essentiellement pour abus ou complicité d'abus de bien sociaux, alors que le club, après un dépôt de bilan en 1995, était encore en pleine dérive financière: 43 millions d'euros de pertes cumulées entre juillet 1997 et juin 2000.
Détournement des règles
Aucun des 15 joueurs concernés par ces transferts, parmi lesquels les ex-internationaux Laurent Blanc, Christophe Dugarry ou l'Italien Fabrizzio Ravanelli, n'est poursuivi, l'instruction ne l'ayant pas jugé utile, contrairement à l'avis du parquet. Conduite pendant plus de cinq ans, l'enquête des juges Laure Roche puis Franck Landou a décrypté les pratiques permettant de détourner les règles en matière de transferts. Selon l'accusation, leurs montants étaient quasi-systématiquement surévalués de 15 à 25% pour intégrer une prime occulte versée au joueur par le club vendeur. Objectifs: pour l'OM, minorer le salaire du joueur, et donc payer moins de charges. Pour le joueur, payer moins d'impôts.
Comptes off-shore
La justice soupçonne également Rolland Courbis d'avoir perçu en plusieurs occasions des commissions occultes sur les transferts, sur lesquels il avait la haute main avec "RLD". La plupart des transferts jugés, qui impliquaient parfois des agents non agréés, ont aussi donné lieu à une cascade de virements sur des comptes off-shore.
Robert Louis-Dreyfus ce matin au tribunal correctionnel de Marseille . Image LCI.
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