© LCIUn commissaire de la police judiciaire (PJ) de Marseille, interpellé mardi avec 18 autres personnes dans le cadre d'une enquête sur du blanchiment d'argent, a été mis en examen jeudi pour "violation du secret professionnel" et remis en liberté sous contrôle judiciaire. Un policier à la retraite, également placé en garde à vue dans la même affaire, a été mis en examen pour "recel de violation du secret professionnel", avant d'être remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Dix-neuf personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de cette enquête qui concerne la Société des armateurs côtiers marseillais (SACM), une compagnie maritime qui desservait depuis 1947 les îles du Frioul, au large de Marseille, et le Château d'If. Les enquêteurs soupçonnent la SACM d'avoir utilisé un vaste réseau de blanchiment passant par des sociétés off shore à l'étranger mais ils n'ont pas donné de détails sur la nature des sommes blanchies.
Une même famille
Le commissaire de la PJ mis en examen a nié toute implication dans cette affaire. Il a également interdiction d'exercer ses fonctions et a fait l'objet d'une suspension administrative du ministère de l'Intérieur.
Les suspects qui restaient en garde à vue, ont commencé jeudi à être présentés au juge d'instruction Charles Duchaine, magistrat du pôle financier de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS), qui devrait leur signifier leur mise en examen. Dans une affaire de ce type, le délai de garde à vue peut aller jusqu'à quatre jours.
Parmi eux plusieurs membres d'une même famille à la tête de la SACM et de multiples autres sociétés maritimes du Var et des Alpes-Maritimes, qui ont également fait l'objet d'opérations de police et dont les navires ont été mis sous scellés.
Des "incidents" et attentats
Le nom de cette famille, basée dans le bassin cannois, est également apparu à de nombreuses reprises dans les rivalités, parfois violentes, qui ont opposé différents transporteurs pour la desserte des îles de Lérins (Alpes-Maritimes).
La SACM était depuis 1947 l'opérateur des îles du Frioul, au large de Marseille. Aucun contrat ne liait plus la société à la ville depuis 1998 "mais la mairie ne nous empêchait pas de travailler", a-t-on indiqué au siège de la société.
Différents "incidents" et attentats survenus tout au long de l'histoire des navettes du Frioul ont conduit les policiers de la PJ à mener une longue enquête sur la société d'exploitation, a-t-on appris de source policière. Les enquêteurs ont acquis la conviction que l'entreprise utilisait un vaste réseau de blanchiment passant par des sociétés off shore. L'affaire pourrait porter sur des millions d'euros et ce dossier "à tiroirs" concerne également des abus de biens sociaux.
Retour MYTF1
Chargement en cours...



