
Certes, la cible principale des attaques lors des manifestation anti-CPE, celui que tous brocardent et dont tous réclament la démission... c'est Dominique de Villepin. Mais quelques mots ont suffi ce mercredi à Gilles de Robien pour susciter à son tour un renouveau de colère et de piques de la part des opposants au dispositif.
Premier temps : mercredi matin. Le ministre de l'Education nationale s'exprime alors sur Europe 1. Les manifestations de mardi contre le CPE "étaient importantes mais certainement pas impressionnantes", déclare Gilles de Robien. "Il y a un an, les mêmes défilaient contre la loi Fillon, tout le monde s'accorde à dire maintenant que son application est salutaire pour l'éducation de nos jeunes". Incidemment, le ministre affirme également que "demain [jeudi], il faut que les lycéens rentrent vraiment dans leur lycée, parce que sinon ils vont gâcher une partie de leur avenir, ils vont gâcher leur année scolaire".
Réponse de Bruno Julliard, leader d'un des principaux syndicats d'étudiants, l'Unef, à la pointe du mouvement anti-CPE : "Je trouve que c'est une déclaration incroyable. Alors que tout le monde appelle au dialogue et qu'il est urgent de trouver une solution, il y en a un en rase campagne qui met de l'huile sur le feu en hypothéquant les chances d'un retour au dialogue". Le ministre de l'Education, selon lui, "n'est pas à la hauteur des enjeux de la situation".
Une "consigne orale"... qui fait beaucoup de bruit
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Le rectorat de Lille a d'ores et déjà retranscrit cette consigne orale dans une lettre adressée à tous les chefs d'établissement de l'académie. Il y est expliqué que "le cabinet du ministre de l'Education nationale demande à tous les proviseurs qui ont fermé leurs établissements de les rouvrir pour le jeudi 30 mars au matin et de le faire savoir". Le syndicat des directeurs d'établissements SNPDEN (affilié à l'UNSA) a pour sa part confirmé que de telles consignes, diffusées sous forme écrite par le rectorat de Lille, circulaient au plan national de manière orale.
Réaction du Snes-FSU : le principal syndicat des collèges-lycées juge cette "consigne orale" comme un "appel irresponsable à la police". Et de menacer : "Le gouvernement prend la responsabilité des graves incidents qui ne manqueront pas de se produire, dans le climat actuel de tension suscité par l'obstination du gouvernement à ne pas retirer le CPE". Le syndicat affirme qu'il se tiendra "auprès des lycéens, en recourant si nécessaire à la grève". La Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques (FCPE) a accusé pour sa part le ministre de jeter "de l'huile sur le feu de la mobilisation" contre le CPE, le qualifiant de "pyromane". L'Union Nationale Lycéenne (UNL) "s'insurge" et appelle les lycéens à "poursuivre le combat". Et l'intersyndicale des 12 organisations opposées au CPE met "le gouvernement en garde contre toute tentative de coup de force".
Photo d'ouverture : Gilles de Robien - archives
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