© INTERNELes Sages de la rue Montpensier ont fait connaître leur décision sur le CPE. Ils ont rendu un avis favorable à la loi égalité des chances instaurant le contrat première embauche, sans l'assortir de réserves d'interprétation. Tous les regards se tournent à présent vers le chef de l'Etat, dont l'intervention est annoncée dès ce vendredi. Il s'exprimera à 20 heures lors d'une allocution radio-télévisée retransmise sur toutes les chaînes. Selon le ministre délégué aux Relations avec le Parlement, Henri Cuq, qui s'est exprimé dans les colonnes des Echos, le chef de l'Etat parlera "en se fondant sur la décision qu'aura prise le Conseil Constitutionnel d'une part, tout en étant attentif aux inquiétudes qui se sont exprimées d'autre part" sur le contrat première embauche. "Nul doute qu'il saura apporter une réponse conforme aux attentes de ces jeunes, dans le respect des institutions", estime-t-il.
Dès ce vendredi, le chef de l'Etat pourrait promulguer la loi égalité des chances, selon plusieurs sources informées. Dans le même temps, il ouvrirait immédiatement un "Grenelle social", ont indiqué des sources proches de deux importants ministres. Une solution qui suscite déjà de nouveaux grincements de dents à gauche comme chez les syndicats (lire : "Gauche et syndicats menacent").
Vers un "Grenelle social"
Si, malgré ces menaces syndicales et de la gauche, des solutions positives devaient se dégager de ce round de négociations, Jacques Chirac s'engagerait à ce qu'elles se substituent, pour tout ou partie, au contrat première embauche. L'expression "Grenelle social" fait référence aux deux jours de négociations menées au siège du ministère du Travail rue de Grenelle en plein mai 68 par Georges Pompidou, premier ministre de de Gaulle, avec l'ensemble des organisations syndicales et le patronat. Elles avaient abouti à un protocole d'accord salarial qui a fait date.
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Les partis de gauche réunis vendredi matin à l'Assemblée
Les dirigeants de tous les partis de gauche se réuniront vendredi matin à l'Assemblée nationale et publieront une déclaration commune sur le CPE. Onze organisations, soit les dix ayant participé au sommet unitaire du 8 février à la Mutualité, et la Ligue communiste révolutionnaire, participeront à la rencontre : PS, PCF, Verts, PRG, MRC, LCR, et aussi quatre organisations de moindre ampleur : Alternative citoyenne, Gauche républicaine, MARS, les Alternatifs, Régions et peuples solidaires.
Tous les partis et organisations seront représentés par leurs chefs : François Hollande (PS), Marie-George Buffet (PCF), Yann Wehrling (Verts), Jean-Michel Baylet (PRG), Georges Sarre (MRC). Alain Krivine représentera la LCR, Olivier Besancenot étant indisponible. Henri Emmanuelli devrait participer également à la réunion, selon le secrétariat du PS aux relations extérieures. Un seul sujet, le CPE, sera au programme, selon le PS. La réunion devrait durer "au maximum une heure", a-t-on précisé de même source, et sera suivie d'un point de presse.
Deux articles de la loi sur l'égalité des chances censurés Le Conseil constitutionnel, qui a validé jeudi la plus grande partie de la loi sur l'Egalité des chances et notamment l'article créant le Contrat première embauche, a toutefois censuré deux de ses articles.
- Il a ainsi considéré que l'article 21, sur le décompte des effectifs de l'entreprise pour les élections professionnelles, était issu d'un amendement dépourvu de tout lien avec le projet de loi. Cet article écartait du décompte des effectifs retenus en vue des élections professionnelles dans une entreprise les salariés qui y travaillent dans le cadre d'un contrat de sous-traitance.
- Le Conseil a également censuré pour les mêmes raisons l'article 22, lui aussi issu d'un amendement voté au Sénat, qui avait trait aux conditions de mise en oeuvre de la réduction générale des cotisations patronales de sécurité sociale, dite réduction Fillon.
Photo : l'entrée du Conseil constitutionnel - archives
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