Salariés et jeunes unis contre le CPE

Par Par A.Ga. (avec AFP), le 18 mars 2006 à 07h00 , mis à jour le 18 mars 2006 à 12h23

Les syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens organisent aujourd'hui une 3e journée de mobilisation contre le CPE, qu'ils espèrent décisive. Reçus vendredi soir à Matignon, des présidents d'université ont formellement demandé à Dominique de Villepin la suspension du CPE.

TF1/LCI CPE manifestation Paris

Pour la troisième fois en six semaines, la jeunesse mobilisée contre le CPE s'apprête à battre le pavé en scandant des : "Villepin, ton CPE est fini, les jeunes jetables ont dit non", "Chirac, Villepin, Sarkozy votre période d'essai est terminée"... Et de décliner les initiales du contrat première embauche sous toutes ses formes : "CPE, contrat pour esclaves", "Contrat Précarité Exclusion", "Contrat Première Emmerde", ou encore "Cata Pour Employés".

Cette fois pour les épauler : les "adultes", ces salariés en congés le samedi, qui auront répondu à l'appel de l'intersyndical CGT, CFDT, FO, FSU, Unsa, SUD... Après le 7 février, puis le 7 mars où les cortèges avaient drainé entre 400.000 et un million de personnes -, les anti-CPE tablent sur une mobilisation en masse. La CFDT annonce déjà quelque 160 rassemblements et table sur 1,5 millions de manifestants. Le défilé parisien, prévu à 14 heures, devrait relier la place Denfert-Rochereau à celle de la Nation.

"Convaincre jusqu'au bout"

Jeudi, entre 247.500 et 500.000 jeunes ont manifesté à Paris et en province pour exiger le retrait de ce nouveau contrat à durée indéterminée destiné aux moins de 26 ans, résiliable sans obligation pour l'employeur de motiver sa décision pendant les deux premières années. Les cortèges ont été étoffés, notamment à Paris (entre 33.000 et 120.000 manifestants), Bordeaux (entre 6.800 et 25.000), Marseille (7.000 à 15.000), Lille (6.500 à 12.000), ou Lyon (5.000 à 8.000).

Mais cette nouvelle démonstration de force, ponctuée de perturbations dans une soixantaine d'universités, de blocages dans des dizaines de lycées et de quelques incidents à Paris ou à Rennes, n'a pas fait fléchir la détermination du Premier ministre. Dominique de Villepin, fort du soutien du président de la République, du gouvernement et de l'UMP, en dépit de quelques voix discordantes ici ou là, s'est dit prêt jeudi à "convaincre jusqu'au bout" sur le CPE, faisant valoir qu'il pourra être "amélioré", mais "dans le cadre fixé par loi". Le président Jacques Chirac a réaffirmé de son côté que le gouvernement était "prêt au dialogue" souhaitant que "celui-ci s'ouvre au plus vite". Reçus vendredi soir à Matignon, des présidents d'université ont formellement demandé à Dominique de Villepin la suspension du CPE.


"La liberté de manifester n'est pas celle de casser"

Le chef de l'Etat a également lancé vendredi un appel à "la responsabilité de chacun" à la veille des manifestations de samedi, souhaitant qu'elles se déroulent "dans le calme et le respect de tous". Jeudi, de violents heurts ont opposé de jeunes cagoulés aux CRS et gendarmes dans le Quartier latin notamment. 92 forces de l'ordre et 18 manifestants ont été blessés. 300 personnes ont été interpellées en France, dont 187 à Paris.

Le cortège parisien de samedi se déroulera sous haute surveillance policière. Des policiers en civil seront "déployés en masse". Le nombre total de forces de l'ordre "sera très supérieur" aux 2.500 déployées jeudi. Le ministre de la Justice, Pascal Clément, a donné vendredi des consignes de "fermeté". "La liberté de manifester n'est pas celle de casser, ni celle de s'en prendre aux forces de l'ordre", a affirmé le garde des Sceaux. "Ces violences et ces dégradations sont inadmissibles" et "doivent être sanctionnées avec fermeté et ces sanctions doivent être rapides pour être exemplaires", a ajouté le ministre.

Désormais syndicats de salariés, étudiants et lycéens préviennent déjà que faute d'être entendus ils entendent "passer à la vitesse supérieure". "Si nous parvenons samedi à être extrêmement nombreux", et "puisque manifestement le gouvernement veut jouer l'usure", a prévenu Bernard Thibault (CGT), "il faudra envisager d'un commun accord de passer à un cran supérieur". La FSU a évoqué un "appel à la grève interprofessionnelle" dès la semaine prochaine, au cas où la situation n'aurait pas évolué, proposition qui sera débattue dès samedi soir, à l'occasion d'une intersyndicale. Selon un sondage CSA publié vendredi, plus de deux Français sur trois (68%) souhaitent le retrait du CPE. Ils étaient 55% le 8 mars.

Préavis de grève de la CGT d'ADP

Les syndicats Sictam-CGT et SPE-CGT d'Aéroports de Paris ont déposé un préavis de grève reconductible de vingt-quatre heures pour samedi "concernant tous les salariés d'ADP". Les deux syndicats appellent à faire grève samedi à partir de 00H00 pour le "retrait du contrat première embauche" et l'"amélioration des conditions de travail", dans les deux préavis.

(Lors de la manifestation jeudi/archives LCI/TF1)

Par Par A.Ga. (avec AFP) le 18 mars 2006 à 07:00
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24 Commentaires

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  • Stephanie, le 18/03/2006 à 12h34

    Tout le monde se plaint que le gouvernement ne fait rien pour l'emploi et quand il tente quelque chose tout le monde est contre!!!! Laissons au moins une chance au CPE, je pense qu'on ne va pas financer une formation d'un jeune pour le licencier ensuite c'est absurde. Merci de publier

  • Quent, le 18/03/2006 à 12h28

    Pauvre France!je pleure sur mes reves.mes reves de voir un jour ce pays prendre conscience de la realité du monde actuel.Pauvre France. pourquoi les gens de ce pays ne COMPRENNENT pas que l'immobilisme latent ne les mènera qu'a leur perte.Pauvre france.A quand des hommes politiques capables de tenir tete à toutes ces personnes qui n'ont que faire de l'interet general au profit du leur.quelle image donnons nous de la France au reste du monde.tous ces sois-disant defenseur de la jeunesse... Pauvre France,je pleure sur ton sort, je pleure sur ton avenir. merci de me publier

  • MICHEL, le 18/03/2006 à 12h23

    Comment peut on penser être licencié avant d'avoir commencer à occuper un emploi ? Par manque de volonté ou de courage? Si l'employé donne satisfaction à son patron, pourquoi ce dernier voudrait il s'en séparer après quelques semaines d'observation, sauf bien sûr si l'employé ne montre pas son envie de bien travailler, de montrer ce dont il est capable de faire pour son entreprise. Par contre licencié sans dire le motif, là, fallait y penser !! Et c'est plus qu'étonnant que d'avoir voulu inscrire cela dans le CPE. Au fait, qui va payer les casses des manifestants ?

  • Cassiopée, le 18/03/2006 à 12h12

    Allez laissons-les manifester. Ils ne savent pas pourquoi exactement, mais ce n'est pas grave. Soyons tolérants. Moi je vais me payer un super match de rugby France-Pays de Galles.

  • Phil, le 18/03/2006 à 11h17

    Jamais publier comme d'hab TF1 est une chaine censuré par le gouvernement. Je reposte mon article d'hier . Mai 68 - mai 2006 Que la France n'attende pas 40 ans pour fioutre dehotrs la clique de profiteur qui dirige le pays et s'en met plein les fouilles pendant que la misère s'aggrave . Je souhaite que les jeunes fasse le boulot car pour les travailleurs (hors fonction publique) se mettre en grève c'est l'ANPE puisque le système en place a noyauté toutes le generations precedentes.

  • Flo, le 18/03/2006 à 11h01

    Ce n'est pas seulement la pression "de la rue" qui compte, encore moins celle des sondages dont on sait qu'ils sont tres peu fiables desormais (voir 21/4). Mais celle des "adultes" ceux la meme qui ne sont pas concernes pour eux mais pour leurs enfants, amis, familles. ceux la aussi appellent au retrait, les presidents d'universites avec eux. Qui n'ont aucun interet politique particulier, il faut le souligner.Donc, que ce projet soit retirer, ainsi que le CNE, et qu'enfin on demande aux patrons d'embaucher sans aides, sans conditions. mais avec confiance, patience, ambition. Oui ambition de trouver parmis ses futurs jeunes salaries, des parsonnes competentes, volontaires. Mais qui seront payes a leur valeur, pas en dessous (1000€ net pour un edireur trilingue en CNE). Et les entreprises fonctionneront et la France repartira. Mais si les patrons ne font pas confiance et continuent a bougonner en reclamant des sous, des facilites pour licencier, car c'est bien de cela dont il s'agit, alors la france restera a la traine et nos jeunes chomeront et l'economie n'ira pas bien. je ne suis pas concerne, j'ai 34 ans, un boulot, ici et en France.Mais je pense aux autres, je ne suis pas egoiste...

  • Bea, le 18/03/2006 à 10h54

    SIDERANT ET CONSTERNANT!!!

  • G.r., le 18/03/2006 à 10h46

    Au lieu de faire des manifestations qui ne ressemblent à rien, l'ASSEDIC devrait faire une enquête, et non un sondage qui se tourne comme on le veut. Il suffirait de poser la question suivante tout simplement: "Etes-vous prêts à prendre un emploi en CPE?".Réponse par OUI ou par NON, sans autre sous-entendus. Cette question devrait être posée à tous les jeunes de moins de 26 ans qui sont inscrits dans leurs fichiers. je pense que ce sont ces jeunes qui sont directement concernés et non des étudiants et surtout lycéens, car lorsqu'ils arriveront sur le marché du travail, les choses auront déjà beaucoup évolué.

  • Galopin de villezeau, le 18/03/2006 à 10h26

    Quelle est la légitimité des présidents d'université pour réclamer le maintien ou la suspension du CPE. C'est d'abord à eux d'assumer les 3 échecs monstrueux dont ils portent la responsabilité : Tout d'abord un taux d'échec à l'issue du premier cycle absolument effarant (40% des étudiants sortent de l'université sans diplôme au bout de trois ans !) Ensuite le déclin de plus en plus rapide de la recherche française (au classement mondial, la première université française est 46° je crois) Enfin la dérive des formations parking à l'issue desquelles (et bien souvent au bout de 5 à 6 ans) les étudiants sortent avec un diplôme qui n'a quasiment aucune valeur sur le marché du travail. Soit les présidents ne le savent pas, ils doivent alors aller faire des stages pour se former ; soit ils le savent, ils doivent alors démissionner car ils n'ont pas la stature pour présider une université. Au total en tout cas, ils n'ont pas leur mot à dire concernant l'emploi des jeunes (sauf les quelques responsables d'instituts qui réussissent - IUT, IUP, IAE, Dauphine, etc.)

  • Pjeb, le 18/03/2006 à 10h23

    En quoi le CPE justifie t-il la grève que veulent faire les salariés d'ADP?

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