
Pour la troisième fois en six semaines, la jeunesse mobilisée contre le CPE s'apprête à battre le pavé en scandant des : "Villepin, ton CPE est fini, les jeunes jetables ont dit non", "Chirac, Villepin, Sarkozy votre période d'essai est terminée"... Et de décliner les initiales du contrat première embauche sous toutes ses formes : "CPE, contrat pour esclaves", "Contrat Précarité Exclusion", "Contrat Première Emmerde", ou encore "Cata Pour Employés".
Cette fois pour les épauler : les "adultes", ces salariés en congés le samedi, qui auront répondu à l'appel de l'intersyndical CGT, CFDT, FO, FSU, Unsa, SUD... Après le 7 février, puis le 7 mars où les cortèges avaient drainé entre 400.000 et un million de personnes -, les anti-CPE tablent sur une mobilisation en masse. La CFDT annonce déjà quelque 160 rassemblements et table sur 1,5 millions de manifestants. Le défilé parisien, prévu à 14 heures, devrait relier la place Denfert-Rochereau à celle de la Nation.
"Convaincre jusqu'au bout"
Jeudi, entre 247.500 et 500.000 jeunes ont manifesté à Paris et en province pour exiger le retrait de ce nouveau contrat à durée indéterminée destiné aux moins de 26 ans, résiliable sans obligation pour l'employeur de motiver sa décision pendant les deux premières années. Les cortèges ont été étoffés, notamment à Paris (entre 33.000 et 120.000 manifestants), Bordeaux (entre 6.800 et 25.000), Marseille (7.000 à 15.000), Lille (6.500 à 12.000), ou Lyon (5.000 à 8.000).
Mais cette nouvelle démonstration de force, ponctuée de perturbations dans une soixantaine d'universités, de blocages dans des dizaines de lycées et de quelques incidents à Paris ou à Rennes, n'a pas fait fléchir la détermination du Premier ministre. Dominique de Villepin, fort du soutien du président de la République, du gouvernement et de l'UMP, en dépit de quelques voix discordantes ici ou là, s'est dit prêt jeudi à "convaincre jusqu'au bout" sur le CPE, faisant valoir qu'il pourra être "amélioré", mais "dans le cadre fixé par loi". Le président Jacques Chirac a réaffirmé de son côté que le gouvernement était "prêt au dialogue" souhaitant que "celui-ci s'ouvre au plus vite". Reçus vendredi soir à Matignon, des présidents d'université ont formellement demandé à Dominique de Villepin la suspension du CPE.
"La liberté de manifester n'est pas celle de casser"
Le chef de l'Etat a également lancé vendredi un appel à "la responsabilité de chacun" à la veille des manifestations de samedi, souhaitant qu'elles se déroulent "dans le calme et le respect de tous". Jeudi, de violents heurts ont opposé de jeunes cagoulés aux CRS et gendarmes dans le Quartier latin notamment. 92 forces de l'ordre et 18 manifestants ont été blessés. 300 personnes ont été interpellées en France, dont 187 à Paris.
Le cortège parisien de samedi se déroulera sous haute surveillance policière. Des policiers en civil seront "déployés en masse". Le nombre total de forces de l'ordre "sera très supérieur" aux 2.500 déployées jeudi. Le ministre de la Justice, Pascal Clément, a donné vendredi des consignes de "fermeté". "La liberté de manifester n'est pas celle de casser, ni celle de s'en prendre aux forces de l'ordre", a affirmé le garde des Sceaux. "Ces violences et ces dégradations sont inadmissibles" et "doivent être sanctionnées avec fermeté et ces sanctions doivent être rapides pour être exemplaires", a ajouté le ministre.
Désormais syndicats de salariés, étudiants et lycéens préviennent déjà que faute d'être entendus ils entendent "passer à la vitesse supérieure". "Si nous parvenons samedi à être extrêmement nombreux", et "puisque manifestement le gouvernement veut jouer l'usure", a prévenu Bernard Thibault (CGT), "il faudra envisager d'un commun accord de passer à un cran supérieur". La FSU a évoqué un "appel à la grève interprofessionnelle" dès la semaine prochaine, au cas où la situation n'aurait pas évolué, proposition qui sera débattue dès samedi soir, à l'occasion d'une intersyndicale. Selon un sondage CSA publié vendredi, plus de deux Français sur trois (68%) souhaitent le retrait du CPE. Ils étaient 55% le 8 mars.
Préavis de grève de la CGT d'ADP |
Les syndicats Sictam-CGT et SPE-CGT d'Aéroports de Paris ont déposé un préavis de grève reconductible de vingt-quatre heures pour samedi "concernant tous les salariés d'ADP". Les deux syndicats appellent à faire grève samedi à partir de 00H00 pour le "retrait du contrat première embauche" et l'"amélioration des conditions de travail", dans les deux préavis. |
(Lors de la manifestation jeudi/archives LCI/TF1)
Retour MYTF1
Chargement en cours...



