Sarkozy décline "sa rupture"

Par Par Franck LEFEBVRE, le 27 mars 2006 à 19h03 , mis à jour le 27 mars 2006 à 21h09

Premier meeting politique "personnel" lundi soir pour Nicolas Sarkozy : s'exprimant depuis Douai sans bannière de l'UMP, il s'est lancé dans un discours-programme qui constitue une quasi-entrée en campagne dans l'optique de 2007. Son credo : la rupture, seule capable, selon lui, de permettre à la France de rester elle-même dans un monde qui change.

TF1/LCI : Nicolas Sarkozy en meeting politique à Douai

C'est une quasi-entrée en campagne électorale pour Nicolas Sarkozy. Se présentant lundi soir pour son meeting à Douai, non pas en tant que chef de parti ou ministre, mais "à titre personnel" et sans bannière de l'UMP, il s'est lancé dans un discours-programme pour 2007 devant 3.000 sympathisants.

"Ce soir, je suis venu vous parler de politique - de politique au sens le plus noble du terme". Et Nicolas Sarkozy de décrire l'enjeu auquel seront bientôt confrontés les Français - mais sans évoquer directement l'échéance de 2007, avec "des choix qui seront décisifs" pour tous, avec la bataille "des idées, sur lesquelles les Français seront amenés à se prononcer".

"La France n'est pas condamnée..."

"La France n'est pas condamnée à regarder le monde qui change autour d'elle, a martelé Nicolas Sarkozy. La France n'est pas condamnée à des performances économiques qui se dégradent. La France n'est pas condamnée à un modèle social qui s'épuise. La France n'est pas condamnée à être prisonnière de tous les conservatismes, incapable de se réformer. La France n'est pas condamnée à avoir de moins en moins de Français qui travaillent pour financer de plus en plus de Français qui ne travaillent pas. La France n'est pas condamnée à être la seule en Europe à ne pouvoir décider de qui doit être accueilli."

Dénonçant "le déchaînement de la violence à chaque tentative de réforme", Nicolas Sarkozy a assuré : "la rupture avec nos conformismes est nécessaires (...) Est-ce qu'on bouge, ou est-ce qu'on reste immobile ?"

"C'est le changement qui va nous protéger"

Cette rupture qu'il prône, Nicolas Sarkozy y voit "l'unique choix dans un monde qui change." Pour lui, la France doit "anticiper les changements pour rester elle-même". Affirmant son "refus d'opposer changement et protection", il a affirmé : "C'est le changement qui va nous protéger, et c'est l'immobilisme qui peut nous détruire. Notre responsabilité est immense. Les Français savent au fond d'eux-mêmes que le changement est inévitable. Je veux les convaincre que seul le changement permettra l'avènement d'une France plus juste. Voici pourquoi j'ai proposé la rupture".

Mais les préoccupations les plus immédiates n'étaient pas absentes de ce discours, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation contre le CPE. Et Nicolas Sarkozy n'a pas manqué de marquer sa différence vis-à-vis de Dominique de Villepin, réaffirmant qu'on pouvait "être ferme sans être rigide". Il a ainsi lancé, comme les syndicats, l'idée d'une suspension de l'application du CPE, le temps de reprendre les discussions. "Il me semble utile qu'avant toute initiative d'application on prenne le temps que la négociation aboutisse. Si ces règles étaient mises en oeuvre, nous ferions l'économie des oppositions stériles sur le CPE".

Et sur ce même thème, Nicolas Sarkozy a proposé une autre solution que le CPE, plaidant pour un contrat de travail unique, dont les garanties croîtraient au fil du temps, qui viendrait se substituer à tous les types de contrats existants. Tout en soulignant "la précarité", douloureusement ressentie par les Français, il a plaidé : "l'enjeu, c'est la simplification de notre contrat de travail". D'où ce plaidoyer pour "un contrat qui serait à la fois plus souple pour l'employeur, et plus protecteur pour le salarié".

Photo d'ouverture : Nicolas Sarkozy lundi soir à Douai - DR

Par Par Franck LEFEBVRE le 27 mars 2006 à 19:03
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14 Commentaires

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  • David972, le 28/03/2006 à 15h04

    Enfin! Après tant d'attente et d'hésitation dans son clan, Nicolas Sarkozy a osé parler et ce fut un succès grandiose et un terrible coup de boutoir à la politique de Villepin. Sarkozy a esquissé ce que sera la méthode du Président Sarkozy et cela ne peut faire qu'envie. Et cerise sur le gâteau, le groupe UMP à l'Assemblée nationale approuve la position de Nicolas Sarkozy qui pourtant, rappelons-le, s'exprimait 'seulement' à titre personnel. Et compte-tenu de l'ampleur de la manisfestation de mardi, Villepin devrait vite suivre les recommandations de Sarkozy, surtout qu'il ets probable que le Conseil constitutionnel retoque, même de façon marginale, le CPE... Encore bravo à Sarkozy pour sa vision de la France et de la politique et... vivement 2007!

  • Laurent, le 28/03/2006 à 12h56

    Et si Villepin faisait exprès de pourrir la situation sur le CPE pour mettre des batons dans les roues de Sarko ? en tant que chiraquien il est prêt à tout pour contrer Sarko même à faire gagner la gauche

  • Dupraz, le 28/03/2006 à 09h11

    Monsieur Sarkozy serait-il autiste ? Annoncer un programme de "rupture" (d'avec quoi ?) alors que la France a des difficultés à encaisser une réforme somme toute mineure (le CPE) paraît complètement suicidaire. Comme il n'est pas idiot, il s'agit là d'un slogan aussi démagogique que le "changement" de Mitterand ou la réduction de la "fracture sociale" de Chirac.

  • Laurent, le 28/03/2006 à 09h05

    Eh oui le conservatisme est de gauche maintenant

  • Bob, le 28/03/2006 à 08h48

    Vous avez oublié de parler de la Charte des Syndicalistes qui obligera les Politiques de se concerter avec les Syndicalistes lors de la création de nouvelles lois, entre-autres, les lois liés au Droit du Travail ! Je pense que c'est très important que les Syndicalistes et Politiques travaillent ensemble pour créer la France de demain !

  • Hennicker, le 28/03/2006 à 08h38

    Je pense que villepin doit démissionner,sarko dehors,refaire un gouvernement trés restriens,avec des nouvelles têtes,des gens non politique, c'est la seule solution à l'incapaciter de se gouvernement de ne pas écouter le peuple et de suivre une voie trés mauvaise pour la démocratie de notre pays, nona

  • Renaud, le 28/03/2006 à 07h38

    Comment Sarkosy pourrait-il prétendre incarner l'alternance ou la rupture alors qu'il est aux affaires depuis 5 ans à des postes de responsabilités on ne peut plus importants. Il va falloir pour commencer parler de son bilan , et ça va être rapide puisqu'il n'y en a pas. On retiendra avant tout ses multiples gesticulations devants les caméras et sa politique de com. Je ne suis pas inquiet , sa cote va s'effondrer au fil du temps. Jamais un candidat parti en campagne si tôt comme c'est son cas n'a pu concrétiser le jour J. Etre en tête 1 an avant ne signifie rien , allez donc demander à Barre ou Balladur ce qu'ils en pensent...

  • Didier, le 28/03/2006 à 05h45

    Bravo Monsieur SARKOZY, vous êtes le seul à redonner un peu d'espoir aux Français, il faut continuer et surtout, il faut gagner.

  • Axus, le 27/03/2006 à 23h10

    Quand sarko annonce "une autre solution que le CPE, plaidant pour un contrat de travail unique, dont les garanties croîtraient au fil du temps" ça ne credibilise pas vraiment l'interet du cpe ni les commentaires de ceux qui le defendent.

  • Durand, le 27/03/2006 à 22h31

    L'article semble bien restituer l'essentiel du discours de Nicolas Sarkozy à Douai. Un regret cependant : j'aurais aimé pouvoir visionner l'intervention elle-même. Je crois savoir que LCI l'a diffusée en direct un peu plus tôt mais je l'ai malheureusement ratée. J'aurais bien voulu la voir en intégralité sur internet.

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