Sarkozy pour une "non application" provisoire du CPE

le 28 mars 2006 à 14h29 , mis à jour le 28 mars 2006 à 15h12

Le président de l'UMP a proposé ce matin aux députés UMP une solution pour sortir de l'impasse : "une non application du CPE durant les négociations et la recherche d'un compromis". Cette méthode a été approuvée à l'unanimité par le groupe UMP.

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Mardi soir en filigranes à Douai et ce matin devant les députés UMP, Nicolas Sarkozy a pris ses distances avec Dominique de Villepin et sa gestion de la crise sociale. Il a ainsi proposé aux parlementaires une "non application du CPE durant les négociations avec les partenaires sociaux pour rechercher un compromis ". Et les députés UMP d'exprimer "le souhait commun et unanime" d'une ouverture des discussions entre gouvernement et syndicats sur le CPE, "entre la décision du Conseil constitutionnel, attendue jeudi, et la promulgation de la loi". Cette proposition équivaut à des discussions entre le gouvernement et les organisations syndicales, étudiantes et lycéennes durant une période de quinze jours. La décision du Conseil constitutionnel sur le CPE est en effet attendue, selon des sources concordantes, jeudi soir. Le président de la République disposera ensuite d'un délai de quinze jours pour promulguer la loi (article 10 de la Constitution).

S'exprimant lors de son point de presse hebdomadaire, Bernard Accoyer a précisé que Dominique de Villepin "ne s'était pas prononcé" sur cette proposition, ayant dû quitter la réunion avant la fin pour accueillir à Matignon le roi d'Espagne Juan Carlos. "Aujourd'hui nous sommes malheureusement dans une situation où les partenaires sociaux ne souhaitent pas, sans un ultimatum préalable, revenir parler des problèmes concrets avec le gouvernement", a-t-il déclaré. "La proposition qui est faite est de dire: le CPE ne s'appliquera pas avant sa promulgation. Profitons de cette période où il n'est pas promulgué pour se parler", a-t-il dit.

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Auparavant, Dominique de Villepin avait affirmé aux députés UMP qu'il n'était pas question de "retirer le CPE", tout en se disant "ouvert" à des modifications pour peu qu'elles ne soient "pas d'ordre législatif", selon des participants à cette réunion. Le gouvernement Villepin est prêt à discuter de la période d'essai de deux ans prévue dans le contrat première embauche, mais refuse d'introduire une "justification au licenciement", ce qui reviendrait à "dénaturer" le CPE, avait-on appris plus tôt dans la journée, de source gouvernementale. "Aujourd'hui il y a un ultimatum et ce n'est pas acceptable. C'est pour cela que les parlementaires UMP estiment que c'est un pas en avant considérable d'essayer de contourner cet ultimatum en mettant à profit une période où, par définition, le CPE ne s'appliquant pas, l'ultimatum n'a pas à être maintenu ou ne s'impose pas", a fait valoir le président du groupe UMP. Pour lui, "le premier objectif, c'est le retour à la table des négociations des uns et des autres, que l'on se parle, après lorsque le dialogue sera renoué, on sera dans une autre époque".

Les députés ont raconté de manière différente la rencontre des élus avec M. de Villepin. Le villepiniste Jean-Pierre Grand a affirmé que le Premier ministre avait été applaudi, tandis que le sarkozyste Dominique Paillé a relaté une réunion "houleuse et difficile". Pour lui, la plupart des députés ont manifesté des "mouvements d'humeur" devant "l'absence de gestes tangibles" d'ouverture de la part du Premier ministre. "Cette affaire laissera des traces", a-t-il prédit.

le 28 mars 2006 à 14:29
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12 Commentaires

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  • David972, le 28/03/2006 à 16h28

    La loi a été votée par tous les députés UMP car aucun d'entre eux, même pas fervent partisan de cette loi, n'imaginait le tollé que cela entrainerait. Peut-être à tort mais c'est comme ça. Mais pourquoi tout le monde demande un autre vote plutôt qu'un retrait complet. C'est simplement que le texte n'aurait aucune chance de passer si une nouvelle relecture avait lieu. Car les députés PS, PC, Verts, UDF et UMP (en partie conséquente) voteront contre. Villepin le sait. Chirac le sait. En démocratie, on peut faire une erreur. On peut voter un texte et la rue peut dire finalement non. Mais le plus important est de savoir faire marche arrière au bon moment et ne pas laisser se durcir ni pourrir le mouvement. Voilà une leçon que Villepin devrait attendre. Le seul responsable de cette crise est Villepin et pas Sarkozy ni les autres qui ont voté pour! Si Villepin d'ailleurs était vraiment dans le vrai, pourquoi se retrouve-t-il si seul aujourd'hui?

  • Stephane, le 28/03/2006 à 16h28

    Nicolas Sarkozy vient de perdre toute sa credibilite a mes yeux : d'un cote il prone le dialogue social et la suspension du CPE, hautement demago comme proposition en ce moment, et d'un autre en tant que candidat aux presidentielles il propose des mesures encore plus radicales qui devraient provoquer encore plus de greves etc. Du grand n'importe quoi pour se faire elire a tous prix

  • Clamart, le 28/03/2006 à 16h28

    Je rappelle à Gérard de Grenoble que si il peut contester les 82% du vote pour chirac, il ne doit pas oublier les législatives qui ont eu lieu APRES et qui ont conforté cette élection par le vote massif des français pour l'UMP. Cela c'est la démocratie et s'il ne l'accepte pas, il n'est pas un démocrate.

  • Svenhought, le 28/03/2006 à 16h18

    Récemment, nous avons vu le parlement abroger un article d'une loi qu'il avait votée quelques mois plus tôt. Nous voyons aujourd'hui les députés qui ont fait passer une loi donner leur accord à l'amendement, sinon l'abrogation d'une loi qui n'est même pas encore promulguée. Quel progrès en si peu de temps ! Une question s'impose : avons-nous encore besoin d'un parlement pour faire des lois ? Les services de la Présidence, aidés de quelques greffiers devraient amplement suffire. Bien entendu, les greffiers seront des délégués des syndicats les plus représentatifs.

  • Bruno, le 28/03/2006 à 16h03

    La loi a été votée....entre autre par un certain Nicolas Sarkosy au Parlement !!! Sans commentaire...La crise économique, morale et sociale s'exacerbe sur fond de faillite de nos institutions. Le tout est extrèmement préoccupant !

  • Thibault, le 28/03/2006 à 16h01

    Et je retourne ma veste toujours du bon côté ...

  • E., le 28/03/2006 à 15h28

    Mr Sarkozy a un courage exemplaire. Jamais il ne déçoit ses partisans ... A vous les "jamais content", ne confondez pas Mr De Villepin et N. Sarkozy ... n'ont pas vraiment les mêmes idées. On a beau faire partie d'un parti... il y a toujours du pour et du contre ... N.Sarkozy fait ce qui lui semble juste. C'est une question d'opinion. Chacun les siennes. Pour moi c'est le top.

  • Lohey, le 28/03/2006 à 15h24

    Donc sarkozy dit exactement la même chose que villepin mais avec des mots différents qui ont l'air de marquer aussi une différence de fait. (c: Mais le fait réel est que cette loi a DEJA été votée, dans des conditions certes légales, mais avec une évidence de non respect des citoyens et de la démocratie. Ainsi, ce gouvernement propose de discuter avec l'ultimatum du CPE... N'inversont pas les roles, l'ultimatum vient bien du gouvernement ! Quand on discute, on part à plat, on constriut le projet ensemble, on ne part pas d'une loi déjà votée dans le plus strict mépris pour les entités citoyennes concernées par la loi. Après une si grave et évidetne erreur de l'ensemble du gouvernement (maintenant, Sarkozy craignant pour SA présidentielle l'ouvre, mais il n'a rien dit AVANT d'imposer cette loi qui révolutionne la logique du droit du travail français), après une si grande erreur, un gouvernement un tant soit peu responsable démissione, ça me semble évident !

  • MB, le 28/03/2006 à 15h22

    En tout cas le discours de Sarkozy d'hier et ce qu'il a dit sur les syndicats en a étonné plus d'un mais finalement il a peut etre raison: les syndicats ne représentent pas assez les salariés. On peut voir que c'est différent dans bien d'autres pays, où les gouvernements et syndicats s'entendent mieux, les 2 parties sachant lacher du lest avant une loi et non après...

  • ., le 28/03/2006 à 15h19

    Pourquoi s'obstiner avec ce CPE , ils n'en veulent pas et bien on passe à autre chose , le soucis c'est quoi ? Du travail! c'est déjà l' étape majeure , et ensuite ....... c'est l'employeur qui voit .. selon ces finances et sa charge de travail ....

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