Sarkozy prône une nouvelle politique pour l'Outre-mer

le 09 mars 2006 à 21h58 , mis à jour le 09 mars 2006 à 22h46

Le ministre de l'Intérieur s'est efforcé jeudi en Guadeloupe de renouer les liens avec les Français d'outre-mer, blessés par l'article de la loi de février 2005 évoquant "le rôle positif" de la colonisation.

Sarkozy

Trois mois après avoir dû annuler un voyage à cause de la polémique sur "le rôle positif" de la colonisation, Nicolas Sarkozy s'est fait jeudi à la Guadeloupe le chantre d' "une nouvelle politique pour l'Outre-mer". "Il faut poser les bases d'une nouvelle politique pour l'Outre-mer. Il faut une politique pour chaque département, chaque territoire", a-t-il affirmé à Basse-Terre. Venu aux Antilles avec sa double casquette de ministre de l'Intérieur et de président de l'UMP, il s'exprimait devant le Conseil régional de la Guadeloupe où il a passé la journée de jeudi.

Selon lui, "il faut que ces politiques soient moins qu'avant fondées sur l'assistanat et plus qu'avant fondées sur la possibilité de créer des richesses, porter une croissance, viser l'excellence, développer les nouvelles technologies, de vivre sur l'espoir, l'innovation". "Il faut reconnaître à ces territoires la même chance que partout ailleurs en France de se développer", a-t-il ajouté. L'affaire de la prise d'otages dans une école de Sablé-sur-Sarthe a interrompu pendant trois heures son programme.

Dans la matinée, il avait été accueilli au marché de Basse-terre par des hommes et des femmes en costumes traditionnels. Beaucoup de ceux qui scandaient "Sarko président", en agitant de petits drapeaux français, étaient visiblement des sympathisants UMP venus avec Lucette Michaux-Chevry, sénatrice de la Guadeloupe. Trois mois après avoir dû annuler in extremis un voyage à cause de la colère suscitée par un article de loi reconnaissant "le rôle positif de la présence française en Outre-mer", Nicolas Sarkozy avait abordé ce voyage en espérant lever les "incompréhensions".

"Un peuple qui a une mémoire"

Il avait d'ailleurs adressé une lettre aux Antillais pour leur dire qu'il avait fait, depuis décembre, "un cheminement personnel" sur "la question sensible" du colonialisme. "L'esclavage est une infamie. Le colonialisme et l'esclavage se sont longtemps confondus (...) On ne peut pas faire le reproche aux Guadeloupéens d'avoir de la mémoire. Un peuple qui a une mémoire est un peuple qui a un avenir", a-t-il lancé devant les conseillers régionaux. Selon lui, "la querelle" autour de l'article de loi controversé est "une page qui ne demande qu'à être tournée", Il faut "regarder, ensemble, vers l'avenir", a-t-il ajouté.

Bien qu'à plus de 8.000 km de la métropole, le ministre a été rattrapé par ce qui se passe à Paris. Alors que le député Hervé de Charette affirmait que le gouvernement devait abandonner le CPE, qui a provoqué de nombreuses manifestations, Nicolas Sarkozy a dû monter au créneau pour assurer qu'il n'y avait "pas de problème politique" entre l'UMP et le gouvernement à ce sujet.

le 09 mars 2006 à 21:58
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4 Commentaires

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  • Gyslaine, le 10/03/2006 à 12h55

    Il est fort ce sarko, plus démagogue que lui tu meurs !!! j'espère que les francais ne vont pas se laisser amadouer par cette individu arriviste, ceci dit il est partout en même temps je me pose la question de savoir si toutefois il vit une vie normale comme il l'a laissé entendre !!! bref prudence ...

  • Moimeme, le 10/03/2006 à 09h25

    C'est fou comme un type peu changer en trois mois demain il se fera passer pour un candidat de gauche tout pour gagner des voix

  • Mohamed, le 10/03/2006 à 05h18

    Moi je dis Votez sarkozy ! SARKO PRESIDENT SARKO PRESIDENT , c le seul qui pourra redonner toute la dignité du pays du roi soleil

  • Marie Preud'homme, le 09/03/2006 à 23h40

    "Un peuple qui a une mémoire est un peuple qui a un avenir". Certes. Mais c'est d'abord un peuple qui a une conscience, conscience de ce qu'il est, de ce qu'il représente en terme de potentiel économique et culturel et donc de ce qu'il mérite, évidence qui semble encore échapper à nombre de métropolitains, dès lors qu'il s'agit de laisser à nos compatriotes, originaires des DOM/TOM toute la place qui leur revient.

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