
Trois mois après avoir dû annuler un voyage à cause de la polémique sur "le rôle positif" de la colonisation, Nicolas Sarkozy s'est fait jeudi à la Guadeloupe le chantre d' "une nouvelle politique pour l'Outre-mer". "Il faut poser les bases d'une nouvelle politique pour l'Outre-mer. Il faut une politique pour chaque département, chaque territoire", a-t-il affirmé à Basse-Terre. Venu aux Antilles avec sa double casquette de ministre de l'Intérieur et de président de l'UMP, il s'exprimait devant le Conseil régional de la Guadeloupe où il a passé la journée de jeudi.
Selon lui, "il faut que ces politiques soient moins qu'avant fondées sur l'assistanat et plus qu'avant fondées sur la possibilité de créer des richesses, porter une croissance, viser l'excellence, développer les nouvelles technologies, de vivre sur l'espoir, l'innovation". "Il faut reconnaître à ces territoires la même chance que partout ailleurs en France de se développer", a-t-il ajouté. L'affaire de la prise d'otages dans une école de Sablé-sur-Sarthe a interrompu pendant trois heures son programme.
Dans la matinée, il avait été accueilli au marché de Basse-terre par des hommes et des femmes en costumes traditionnels. Beaucoup de ceux qui scandaient "Sarko président", en agitant de petits drapeaux français, étaient visiblement des sympathisants UMP venus avec Lucette Michaux-Chevry, sénatrice de la Guadeloupe. Trois mois après avoir dû annuler in extremis un voyage à cause de la colère suscitée par un article de loi reconnaissant "le rôle positif de la présence française en Outre-mer", Nicolas Sarkozy avait abordé ce voyage en espérant lever les "incompréhensions".
"Un peuple qui a une mémoire"
Il avait d'ailleurs adressé une lettre aux Antillais pour leur dire qu'il avait fait, depuis décembre, "un cheminement personnel" sur "la question sensible" du colonialisme. "L'esclavage est une infamie. Le colonialisme et l'esclavage se sont longtemps confondus (...) On ne peut pas faire le reproche aux Guadeloupéens d'avoir de la mémoire. Un peuple qui a une mémoire est un peuple qui a un avenir", a-t-il lancé devant les conseillers régionaux. Selon lui, "la querelle" autour de l'article de loi controversé est "une page qui ne demande qu'à être tournée", Il faut "regarder, ensemble, vers l'avenir", a-t-il ajouté.
Bien qu'à plus de 8.000 km de la métropole, le ministre a été rattrapé par ce qui se passe à Paris. Alors que le député Hervé de Charette affirmait que le gouvernement devait abandonner le CPE, qui a provoqué de nombreuses manifestations, Nicolas Sarkozy a dû monter au créneau pour assurer qu'il n'y avait "pas de problème politique" entre l'UMP et le gouvernement à ce sujet.
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