
Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a présenté mercredi en conseil des ministres son projet de loi sur l'immigration qui vise à la maîtrise des flux migratoires. "Sur neuf personnes qui demandent à immigrer aujourd'hui en France, il y en a huit qui le font pour des raisons familiales et une qui le fait pour des raisons économiques. Donc, à l'instar de ce qui se fait dans d'autres pays européens, l'idée est de rééquilibrer les choses de ce point de vue", a indiqué le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé en rendant compte du conseil des ministres. Le projet de loi prévoit notamment que l'obtention d'un visa de long séjour soit indispensable pour la délivrance d'une carte de séjour. En outre, "les migrants admis pour la première fois en France et souhaitant s'y installer durablement devront signer un contrat d'accueil et d'intrégation" et l'étranger recevra une "formation civique et linguistique", a rappelé Nicolas Sarkozy.
L'obtention d'une carte de résident sera soumise à trois conditions : "l'engagement personnel de respecter les principes qui régissent la République française, le respect effectif de ces principes et une connaissance suffisante de la langue française". Les étrangers dont "la personnalité et le talent constituent des atouts pour le développement et le rayonnement de la France" bénéficieront pour leur part d'une carte de séjour de trois ans.
"Je brise un tabou, en associant immigration et intégration"
La délivrance et le renouvellement de titres de séjour pour les étudiants, dont le projet aura été préalablement validé par leur pays d'origine seront également facilités. Au chapitre du regroupement familial, l'étranger ne pourra demander à être rejoint par sa famille qu'après un séjour régulier en France de 18 mois et non plus un an, à condition qu'il gagne au moins le smic de son travail et non de ses allocations. "Afin de lutter contre les mariages de complaisance, la carte de résident ne sera attribuée au conjoint de Français qu'après trois ans de mariage", prévoit le projet de loi. La délivrance automatique d'une carte de séjour aux immigrants irréguliers en France depuis dix ans est également supprimée.
"Il y a une volonté de transformation profonde. Je veux rompre avec la pensée unique qui porte atteinte à la fois aux immigrés et à la France", a déclaré le ministre de l'Intérieur, lors de son audition par la commission des Lois de l'Assemblée nationale, après la présentation de son projet de loi en Conseil des ministres. Pour Nicolas Sarkozy, "la pensée unique" c'est celle des experts qui "affirment qu'il faut dissocier immigration et intégration. Je brise un tabou, en associant immigration et intégration, qui sont deux enjeux étroitement imbriqués".
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