
Comme les images l'ont montré jeudi soir, les manifestations anti-CPE "sont en train de changer de visage", a mis en garde vendredi Nicolas Sarkozy qui a annoncé des "dispositifs" pour interpeller les casseurs "un par un" et à l'intérieur des cortèges "s'il le faut". "Les manifestations que nous connaissons depuis quelques semaines sont en train de changer de visage", a dit Nicolas Sarkozy à une centaine de membres des forces de l'ordre dont 453 ont été blessés depuis le début du mouvement.
Aussi, "face à l'évolution de la situation, je vous demande de mettre en place des dispositifs particulièrement adaptés à l'interpellation des fauteurs de troubles. On va les pourchasser. Un par un s'il le faut", a-t-il dit précisant que jusqu'à présent il y avait eu 1.420 interpellations. "S'il le faut, il faut rentrer à l'intérieur (des cortèges) pour faire notre travail et aller chercher ceux qu'on doit aller chercher", a-t-il dit, demandant la mise en place de "groupes opérationnels d'interpellations avec éventuellement des fonctionnaires en tenue civile". Il a également réclamé de "multiplier les contrôles dans les gares ou les stations de métro".
"Hier (jeudi), nous avons assisté à Paris, mais aussi en plusieurs villes de province, à une nouvelle étape dans les violences. Des casseurs en nombre, organisés, s'en sont pris encore une fois aux forces de l'ordre et - ce qui est nouveau - aux manifestants et aux passants, notamment pour les voler", leur a-t-il dit. "Je sais qu'une intervention des forces de l'ordre à l'égard d'un casseur
est toujours susceptible d'entraîner des réactions de solidarité susceptibles de dégénérer" et "qu'il est extrêmement difficile de faire le tri au sein d'une foule entre ceux qui manifestent pacifiquement et ceux qui veulent créer du désordre", a-t-il reconnu. Mais nous ne pouvons accepter que certains cherchent à instaurer le règne de la terreur", a dit Nicolas Sarkozy qui a exprimé son souhait que soient données "aux parquets des consignes de grande sévérité". "Les services judiciaires doivent être impliqués. Nous devons obtenir la condamnation de tous ceux qui commettent des délits", a insisté le ministre exprimant la volonté de "multiplier les caméras et les prises de photos" de casseurs afin de disposer de "preuves".
Les renseignements généraux seront également à l'oeuvre pour identifier les casseurs. Interrogé par la presse qui souhaitait savoir s'il craignait des émeutes en banlieue du même type que celles de novembre, Nicolas Sarkozy a répondu "Peut-être pas. Mais ceux qui profitent de ces manifestations pour venir casser et piller sont les mêmes". Des responsables policiers regrettant que les organisateurs de manifestations aient émis le souhait que les forces de l'ordre restent en retrait des cortèges, le ministre de l'Intérieur a indiqué qu'il les réunirait, sans doute samedi à ce sujet. Il faut "être plus près pour intervenir plus tôt", a-t-il dit.
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