La Sorbonne évacuée

le 11 mars 2006 à 20h54 , mis à jour le 11 mars 2006 à 20h54

Peu avant quatre heures, les forces de l'ordre sont entrées dans la Sorbonne sur "réquisition" du recteur de l'Académie de Paris. Ils ont évacué les étudiants qui occupaient les lieux pour protester contre le CPE.

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La Sorbonne a été évacuée samedi à l'aube par les CRS avant la fin de la troisième nuit d'occupation, alors que plusieurs centaines d'étudiants réclamant le retrait de la loi sur l'égalité des chances, tenaient ce symbole de l'université française. Vers 5 heures, les gendarmes mobiles ont remonté le boulevard Saint-Michel pour déloger les quelque 200 jeunes qui s'y trouvaient encore, interpellant onze personnes, selon la préfecture.

Vitrines brisées

Des vitrines d'un McDonald, situé en bas de la rue Soufflot, ont été en partie brisées. Vers 5 heures 30, les derniers manifestants se sont dispersés. Selon la préfecture de police, onze membres des forces de l'ordre ont été blessés pendant l'évacuation samedi matin, et 31 au total l'ont été pour la journée de vendredi jusqu'à samedi vers 5 heures. Un étudiant et un photographe ont aussi été blessés. Les forces de l'ordre étaient entrées dans l'université peu avant 4 heures sur "réquisition" du recteur de l'Académie de Paris, chancelier des Universités, Maurice Quénet. En une dizaine de minutes, les centaines d'étudiants ont été évacués. Dans la cour pavée de la Sorbonne, les CRS ont fait usage de gaz lacrymogènes et parfois de matraques pour pousser les étudiants vers la sortie.

"Police nationale, milice du capital!"

Les étudiants avaient essayé de faire face aux CRS en formant des chaînes humaines et en scandant: "Résistance pacifique" et "Police nationale, milice du capital!". L'irruption des forces de police dans le hall, devant l'amphithéâtre Richelieu, a donné lieu à des scènes de panique, alors que certains étudiants tentaient de bloquer les charges des CRS en jetant des chaises et des tables dans leur direction. D'autres étudiants, surpris dans l'amphithéâtre où ils écoutaient un concert de piano, ont expliqué à l'AFP avoir été "évacués sans violence", et être "sortis calmement" par l'arrière du bâtiment, rue Saint-Jacques.

Peu avant 17 heures, des centaines d'étudiants qui manifestaient devant la Sorbonne, fermée sur ordre du recteur, avaient pénétré dans le bâtiment par des fenêtres du rez-de-chaussée. Le rectorat avait justifié la fermeture par le non-respect, selon lui, d'un accord sur la libre circulation par les quelques dizaines d'étudiants occupant l'établissement depuis deux nuits. Parallèlement, sur le boulevard Saint-Michel, quelque 250 étudiants avaient érigé deux barricades de fortune, à partir de grilles d'arbres et de barrières de chantier, ainsi que sur la rue Vaugirard adjacente. Dans la soirée, des manifestants ont arraché les portes donnant accès aux échafaudages de chantier sur la place de la Sorbonne, permettant à de nouveaux arrivants d'accéder à l'intérieur de l'université par une fenêtre ouverte au troisième étage.

Gaz lacrymogènes et barricades

Vers 23 heures, les étudiants ont en outre reçu le renfort de quelque 150 intermittents du spectacle, venus de leur manifestation au Châtelet. Soudain, peu après minuit, des jets de projectiles divers - échelles en aluminium, extincteurs, bidons, chaises et quelques livres - partis des étages supérieurs de l'université et des échafaudages ont visé les CRS en contrebas qui fermaient la rue de la Sorbonne. Les CRS ont alors pris vers minuit et demi le contrôle de la place de la Sorbonne, qu'ils ont vidée par des salves de gaz lacrymogènes suivies d'une charge. Ils ont ensuite franchi le boulevard Saint-Michel, où ils ont démantelé une barricade, avant de se replier sur la place de la Sorbonne, face aux manifestants, un face-à-face qui a perduré jusqu'à l'évacuation de l'université.

Image LCI.





le 11 mars 2006 à 20:54
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1 Commentaires

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  • Josselin, le 12/03/2006 à 08h47

    Pour ma part, l'évacuation de la sorbonne est tout a fait normale , il aurait fallu le faire avant. je trouve tout de même decevant de la part des francais ou francaises et surtout des etudiants d' etre contre le CPE. En france , on laisse aucune chance aux réformes et a chaque fois, on recule au lieu d'avancé dans notre vie de tous les jours. je ne comprends pas la reaction des jeunes car ils ne connaissent pas le monde du travail, ils ont ete encore manipuler par les syndicats qui ne perde pas une reformes pour faire greve. Pour en revenir au cpe, je ne vois pas trop le changement car personnellement avant d'avoir mon CDI dans mon entreprise, j'ai fait 14 mois d'intérim et 1 an de CDD donc ma situation était aussi précaire qu'avec le cpe et meme pire. j'espere que le cpe passera et que pour une fois le gouvenement ne reculera pas david

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