La Sorbonne "prise d'assaut" par les anti-CPE

le 10 mars 2006 à 17h11 , mis à jour le 10 mars 2006 à 21h45

Six cent personnes ont pénétré vers 16h45 la Sorbonne, fermée sur ordre du recteur, en cassant des fenêtres. Environ 400 étudiants et lycéens ont envahi en début d'après-midi la gare de Tours et les voies SNCF, retardant plusieurs trains.

sorbonne cpe flics

Emblème de l'université française et de Mai 68, la Sorbonne est devenue vendredi le symbole de la mobilisation contre le CPE, avec son occupation par des centaines de personnes alors que plusieurs dizaines d'universités étaient toujours le théâtre de divers mouvements anti-CPE.

Huit universités étaient totalement bloquées vendredi soir et 26 autres "perturbées à des degrés divers", sur 84 en France, a annoncé le ministère de l'Education nationale. Les huit universités sont "Clermont-Ferrand II, Grenoble II et III, Lille III, Montpellier III, la Rochelle, Rennes II et Paris X". Selon le syndicat étudiant Unef, 45 étaient le théâtre de divers mouvements d'opposition au contrat première embauche (grève, occupation ou blocage).

"Plan de défense"

La Sorbonne, occupée depuis deux nuits, a été envahie peu avant 17H00 par plusieurs centaines de personnes, qui ont pénétré dans le bâtiment par des fenêtres du rez-de-chaussée. Ils "organisaient leur plan de défense" en début de soirée pour passer la nuit à l'intérieur de l'université, a constaté une journaliste de l'AFP.

Réunis dans un des amphithéâtres pour une assemblée générale de crise, ils ont brandi leurs cartes d'étudiants pour répondre au rectorat de Paris qui avait affirmé un peu plus tôt qu'ils étaient des "étudiants radicaux, agitateurs, intermittents du spectacle et sans-papiers".

Le rectorat de Paris a affirmé que 600 personnes avaient voulu envahir la Sorbonne en cassant des fenêtres à l'angle des rues Saint-Jacques et Cujas et que quelque 300 occupaient les amphis et salles de cours tandis que la zone du rectorat était "entièrement sécurisée".

Nicolas Boudot, directeur-adjoint du cabinet du recteur a affirmé qu'une alerte à la bombe avait été déclenchée peu de temps avant l'invasion de la Sorbonne par un appel anonyme et que l'administration avait dû faire évacuer les personnels de l'université. "C'était un leurre", a-t-il ajouté.

"Ces mouvements qui peuvent être dangereux"

Ailleurs en France, les principales universités bloquées ou en grève depuis mercredi l'étaient toujours vendredi soir, à quelques exceptions près. A Paris X Nanterre, une étudiante en droit handicapée d'une jambe a été "bousculée et blessée" par des étudiants grévistes vendredi matin, selon le service de sécurité de l'université. Une information aussitôt démentie par les grévistes. "Il s'agit d'un accident", a assuré Eloïse Mary, porte-parole du comité de mobilisation anti-CPE de l'université de Nanterre. "La jeune fille, portant une attelle à une jambe, a voulu forcer un barrage devant le bâtiment F de Nanterre. Elle a commencé à monter les sept marches menant à l'entrée du bâtiment et elle a glissé sur une marche et est tombée, c'est un accident", a-t-elle ajouté. Gilles de Robien a vivement condamné cet incident. "Je sais que les étudiants fautifs auraient été identifiés. Ceci est inqualifiable. Il faut arrêter ces mouvements qui peuvent être dangereux", a-t-il déclaré.

En province, l'université Rennes II est bloquée jusqu'à lundi, suite à un vote à main levée contesté par certains étudiants lors d'une assemblée générale mercredi. La fac d'Angers est elle en grève jusqu'à lundi midi et à Lannion (Côtes d'Amor) les étudiants de l'IUT poursuivent le blocage.

A Tours, dont l'université était aussi toujours bloquée vendredi, environ 400 étudiants et lycéens ont envahi vendredi en début d'après-midi la gare et les voies SNCF, retardant plusieurs trains.

le 10 mars 2006 à 17:11
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31 Commentaires

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  • Jeff, le 10/03/2006 à 21h43

    Question suite à la citation de Rafarin: Dans une démocratie, veut il mieux être gouverné par la rue ou par le cac40 ?

  • Vincent, le 10/03/2006 à 21h35

    Si les grévistes gauchistes manipulés anti-cpe persistent dans leur betise et leur dictature dans les universités , ils finiront par subir les foudres de la majorité silencieuse ...

  • Thibault, le 10/03/2006 à 21h20

    Pourquoi les jeunes sans diplomes ne manifestent pas. C'est pas un peu bizarre, non?

  • Philippe, le 10/03/2006 à 21h17

    Ce forum étant ouvert a tous donc démocratique, je ne trouve pas d’hostilité sur le CNE. Je me permets de donner mes impressions sur ce sujet. J’approuve l’approche de Laurent et suit la réaction de Laurance. J’ai été étudiant, avec la peur au ventre pour réussir mes exams, j’ai fait malgré moi mon service militaire qui a créé une rupture dans mes études, j’ai commencé a travailler avec des sueur froides quand mes différents contrats venaient à terme, je me suis battu et prouvé mes valeurs dans la qualité et l’acharnement de mon travail. J’ai saisi une opportunité et j’ai quitté la France pour une longue expatriation. Je suis revenu depuis peu car c’est vraiment un beau pays et que beaucoup de nos voisin jalousent. Mais je ne comprends plus les Français …….. Je crois entrevoir qu’une partie des médias attise un faux débat qui n’est que stérile et destructeur. Préserver les acquits soit, alors isolons-nous comme le fait la Corée du Nord sans concurrence il n’y a que régression ….. Villepain a raison essayons et voyons les résultats, qui ne tente rien n’a rien. Je ne souhaite pas que les jeunes endurent ce que nos parents et grands parents ont subis, mais si c’est la solution pour faire entrer dans leur esprit la réalité du monde …. Merci de me publier

  • Ludo, le 10/03/2006 à 21h16

    Bravo ! Et j'espère que vous aurez le courage de durcir encore le ton si le gouvernement maintient sa position. Je vous soutiens à 100% !

  • Rudy, le 10/03/2006 à 21h08

    Je fais mes études à Paris II à 500 metres de la sorbonne et chez moi il n'y a rien du tout. Alors il faut arreter de dire que le mouvement est général!!

  • LEMIEN Julien, le 10/03/2006 à 19h58

    C'est vrai : heureusement qu'il n'y a pas que des moutons en France, tous ceux qui se sont décidés à lutter contre le CPE ont décidé de ne plus l'être et c'est par eux que notre pays vit, que notre démocratie vit. Les grévistes ne sont pas tous des gauchistes, les étudiants ne sont pas tous des anarchistes, d'abord, en réagissant, ils font acte de citoyenneté et de solidarité ... Ils pensent aux jeunes, à l'avenir des jeunes - donc, aussi, à leur propre avenir, mais n'est-ce pas légitime? - et surtout ils pensent à la France. Ce que Chantal, à Londres, n'a pas choisi de faire ni l'autre sous-citoyen qui traite tous les manifestants de gauchistes. Tu n'as rien compris à la démocratie, mon vieux ...

  • Fred, le 10/03/2006 à 19h51

    Je ne me rappelle pas avoir vu tous les gauchistes defiler et manifester contre la precarité de l'emploi jeune il y a quelques années... A ben oui suis je bete c'est Jospin qui le proposait...

  • Moimeme, le 10/03/2006 à 19h48

    "etudiants radicaux , agitateurs, intermittents du spectacle et sans papier " biensur la creme de la creme! toujours les memes ! si ça c'est pas de la manipulation ........... merci à tf1 de me publier .

  • Kikou, le 10/03/2006 à 19h30

    Vive les antis. Vous les vieux qui ne faitent que rââler (parce que je pense que c'est surtout des vieux qui mettent tous ces messages), vus devriez etre bien content que les jeunes aient une conscience politique... A ceux qui aprlent de majorité: pourquoi les PRO cpe ne se rendent pas dans les AG pour voter contre la greve?? Parce qu'il sont minoritaires! La lutte paiera... Mais vous qui avez un poste confortable ou qui ne vivez meme plus en France, vous avez beau jeu de parler... Nous on sait de quoi on parle... A bon entendeur...

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