
Les députés UMP se sont divisés mardi sur le contrat première embauche, la majorité d'entre eux se ralliant à une proposition de Nicolas Sarkozy de dialogue avec les syndicats avant la promulgation de la loi, hypothèse farouchement combattue par les villepinistes. Après deux mois de contestation du CPE dans la rue, les députés UMP, qui, jusqu'à présent, avaient fait corps avec le Premier ministre sur une ligne de fermeté, se sont démarqués pour la première fois de Dominique de Villepin.
En réunion de groupe, ils ont exprimé, selon leur chef de file, Bernard Accoyer, "le souhait commun et unanime" d'un dialogue entre le gouvernement et les organisations syndicales, étudiantes et lycéennes, entre la décision du Conseil constitutionnel, attendue jeudi, et la promulgation de la loi. Ils se sont ainsi ralliés à une proposition du ministre de l'Intérieur et président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, d'une "non application du CPE" le temps de parvenir à un "compromis" au cours de ces discussions.
Contraint de quitter la réunion avant son terme pour accueillir le roi d'Espagne Juan Carlos à Matignon, Dominique de Villepin n'a pu se prononcer sur cette proposition. Toutefois, il a réaffirmé qu'il n'était pas question de "retrait du CPE", ni de modifications législatives. Si Nicolas Sarkozy n'a à aucun moment prononcé le mot suspension, nombreux ont été ceux qui ont sauté le pas, dans l'espoir de débloquer une "situation irrationnelle absolue", selon les termes de Christine Boutin.
" C'est l'impasse "
A la mi-journée, qu'ils soient villepinistes ou sarkozystes, l'important à leurs yeux était de renouer le dialogue, quitte ensuite à faire des modifications législatives sur le texte, soit par une nouvelle délibération du Parlement à la demande du chef de l'Etat, soit par un projet de loi, soit par une proposition de loi. "C'est l'impasse, Villepin joue et fait la guerre. Or le destin d'un pays n'est pas un jeu et doit être traité autrement que dans une atmosphère belliqueuse", confiait un député sarkozyste sous couvert de l'anonymat. "Il faut sortir de la situation bloquée", lançait Pierre Méhaignerie. "Il faudra bien que les uns et les autres nous venions vers des solutions partagées", renchérissait Hervé de Charette.
Fort de ce soutien du groupe, Nicolas Sarkozy a fait valoir en fin de journée, devant la commission exécutive de l'UMP, que "le gouvernement était maintenant obligé de bouger". "La balle est désormais dans le camp de Dominique de Villepin. A lui de jouer. Les syndicats ont réussi leur démonstration de force", a ajouté Nicolas Sarkozy, selon des députés. Dans l'après-midi, après l'intervention de Dominique de Villepin lors de la séance des questions au gouvernement, l'unanimité des députés a volé en éclats, plusieurs villepinistes distillant dans les couloirs de l'Assemblée tout le mal qu'ils pensaient de la proposition de Nicolas Sarkozy. "Il appartient au président de la République de promulguer la loi (...) Il appartient à la majorité d'être soudée derrière le Premier ministre" dont la ligne est "application de la loi, avec des aménagements", a tonné Georges Tron, tandis que Hervé Mariton prônait une promulgation "rapide" de la loi. Pour eux, des discussions ne peuvent s'ouvrir "pour améliorer le CPE" qu'"après la promulgation de la loi".
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