Les supporteurs violents dans le collimateur de Sarkozy

le 02 mars 2006 à 08h39 , mis à jour le 02 mars 2006 à 09h16

Après les incidents entre supporteurs parisiens samedi soir près de Nantes, le ministre de l'Intérieur entend faire la guerre aux plus violents d'entre eux. Nicolas Sarkozy, qui répète depuis plusieurs mois son intention de "débarrasser des voyous les stades", a prévenu mercredi qu'il entendait permettre des dissolutions de groupes de supporteurs violents.

incidents PSG-Metz 18 decembre foot

Supporteur affiché du Paris SG, Nicolas Sarkozy annonce mercredi le prochain dépôt d'un projet de loi "permettant la dissolution des associations de supporteurs dont les membres se livreraient à des comportements violents" dans un courrier aux présidents du Paris SG, Pierre Blayau, et de la Ligue de football professionnel (LFP), Frédéric Thiriez. "Je ne vois pas pourquoi on doit tolérer des comportements de sauvages organisés par des associations dont nous connaissons l'adresse, la raison sociale", a justifié mercredi soir sur Canal Plus Nicolas Sarkozy expliquant viser "tout particulièrement certaines associations ultras du PSG". Il s'en est pris aux hooligans qualifiés de "sauvages", de "débiles" et a jugé que les responsables des groupes "se moquaient du monde". Le ministre s'en est aussi pris à "une partie des supporteurs de l'OGC Nice (qui) donne une image détestable du football".

Des mesures votées avant la fin de l'année

Dans sa lettre à MM. Thiriez et Blayau, le ministre explique que "semaine après semaine, les incidents violents liés aux rencontres de football se répètent". Samedi, après un match de Ligue 1 entre Nantes et leur club, des supporteurs de deux groupes rivaux du Paris SG se sont "tapés dessus à coups de haches et de gourdins" selon Sarkozy et ont occasionné d'importants dégâts dans une station-service de Loire-Atlantique. L'horaire de la rencontre entre Paris et Marseille, dimanche au Parc des Princes, a été avancé à 17h00 afin de diminuer les risques de violences.

Dans son courrier, Nicolas Sarkozy annonce aux deux dirigeants que la mesure d'interdiction administrative de stade, votée par les parlementaires fin 2005, serait "applicable sous trois semaines", une fois son décret d'application publiée. Cette disposition permettra aux préfets d'interdire l'accès aux stades à des fauteurs de troubles, sans attendre un jugement pénal. Les bannis pourraient être contraints de "pointer" auprès des autorités ou être assignés à résidence aux heures des rencontres. Pour aider les préfets, "la création d'un fichier spécifique des interdits de stade est à l'étude", écrit Nicolas Sarkozy à MM. Blayau et Thiriez.

Responsabiliser les clubs

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy annonce qu'il a donné le 10 février des consignes de fermeté à ses services avec comme priorité "l'interpellation des fauteurs de troubles" et "la surveillance de l'ensemble des transports collectifs utilisés par les supporteurs à risques". Mais le ministre de l'Intérieur, qui a souvent dit sa colère d'avoir à mobiliser des centaines de policiers en marge de matches, entend mettre les responsables du football français devant leurs responsabilités.

Dans son courrier, il demande aux clubs "un contrôle plus effectif devant assister aux matches" afin "d'en interdire l'accès aux individus considérés comme violents, ainsi que cela se passe dans certains pays voisins". "Je préfère un stade avec des places vides plutôt qu'être mal accompagné", a expliqué Nicolas Sarkozy. A Marseille, par exemple, les groupes de supporteurs ont la maîtrise des abonnements, qu'ils vendent eux-mêmes. L'Olympique de Marseille n'a donc guère de moyen de connaître l'identité exacte des spectateurs assistant aux rencontres au stade vélodrome.

(Photo : archives)

le 02 mars 2006 à 08:39
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3 Commentaires

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  • Etienne, le 02/03/2006 à 10h53

    Là c'est très grave et très indisieux. Punir des supporters violents c'est très bien, mais de là à parler de dissoudre des groupes entiers on rentre dans la remise en question flagrante de la liberté d'association. Il est évident que c'est une des priorités du gouvernement. Si quelques individus d'un groupe ou d'une association de supporters sont violents il faut les punirs sans clémence et même les exclure de ladite association, mais que Sarkosi prenne ce prétexte pour dissoudre l'asso en question c'est la porte ouverte à des dérives qui conduiront à la dissolution de toute association qui "gênerait" Mr Sarkosi. L'idéal de Mr Sarkosi serait il de réduire la France à un pays totalitaire où seules les asso favorables au pouvoir seraient autorisées alors que sous des prétextes fallacieux toute asso manifestant une forme d'opposition à l'ordre Sarkosien serait dissoute?? Je trouve que la Chiraqie et ses émules sont en trains de faire lentement de la France un pays qui très doucement, mais sûrement, prend des allures d'allemagne hitlérienne

  • David, le 02/03/2006 à 10h46

    En terme de violence n'y a t'il pas plus urgent a regler que celle concernant les stades!!!! Au vue des faits quotidiens dans les médias c'est une guerre au banlieue que Sarko doit Faire !!!

  • Geraldine, le 02/03/2006 à 09h01

    Faudrait prendre exemple en Angleterre, les mecs y ne bougent pas il y a des caméras partout et si il y a un problème il zoome et peuvent identifier la personne! Donc bon sans barrières juste quelques agents de sécurité, quand on regarde sa c vraiment épatant!

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