Un syndicaliste dans le coma après les heurts de samedi

le 20 mars 2006 à 22h28 , mis à jour le 20 mars 2006 à 22h34

Une "personne de 39 ans ayant été mêlée aux incidents lors de la manifestation" du 18 mars à Paris a été admise dimanche "dans le coma" en réanimation neuro-chirurgicale à Henri-Mondor. Les médecins ont formulé un "pronostic réservé". Le Parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire confiée à l'Inspection générale des services (IGS).

TF1/LCI Le syndicaliste blessé samedi soir lors de la manifestation contre le CPE à Paris, place de la Nation

L'information est tombée lundi peu avant 17h30. Un syndicaliste de Sud-PTT, blessé samedi lors des heurts place de la Nation à la fin de la manifestation, a été hospitalisé dans le coma à l'hôpital Henri Mondor de Créteil. Selon le directeur de l'hôpital, une "personne de 39 ans ayant été mêlée aux incidents lors de la manifestation" du 18 mars a été admise dimanche "dans le coma" en réanimation neuro-chirurgicale à Henri-Mondor, après avoir transité par l'hôpital Saint-Antoine. Les médecins ont formulé un "pronostic réservé, à la fois sur le plan vital et sur le plan fonctionnel".

Comment les faits se sont-ils déroulés ? Selon la version donnée par la secrétaire fédérale de Sud-PTT jointe par LCI.fr , "cet adhérent de Sud-PTT  se trouvait assis sur le terre-plein de la place de la Nation peu avant 20h lorsqu'il a été violemment piétiné par une charge des forces de l'ordre. Ce fut très violent" affirme-t-elle. "Les pompiers ont également mis du temps pour arriver sur place. Il a fallu en réalité que deux étudiants s'en chargent alors que les forces de l'ordre restaient inactives face à la victime qui gisait au sol dans un état manifestement grave" poursuit-elle. Sud-PTT, qui se dit "profondément choquée", demande que "toute la lumière soit faite sur l'attitude des forces de l'ordre et de leur commanditaire, le gouvernement".

Deux versions contradictoires

De source policière, la version diffère largement. L'individu aurait été retrouvé sur le sol vers 21h, boulevard St Antoine, le visage en sang, indique-t-on sans donner plus de précisions sur l'origine des coups. Il aurait été transporté à l'hôpital St Antoine puis transféré à l'hôpital Henri Mondor à cinq heures du matin. Son taux d'alcoolémie était alors de 2,7 grammes.

Pour éclaircir les circonstances des faits, le Parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire confiée à l'Inspection générale des services (IGS) après l'hospitalisation "dans un état sérieux" d'un militant de Sud, "La Préfecture de police (PP) a été avisée par l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) dimanche soir qu'un homme blessé samedi soir dans le secteur de la place de la Nation, lors des échauffourées qui ont opposé des groupes violents aux forces de police après la manifestation, se trouvait hospitalisé dans un état sérieux", selon le communiqué publié par la PP.

Après les violences survenues lors de la manifestation étudiante et lycéenne, le 17 mars, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy avait répété ses consignes de retenue aux forces de l'ordre : "Le plus souple possible avec les vrais manifestants, le plus sévère possible avec les vrais délinquants".

Huit jeunes manifestants jugés en comparution immédiate

Huit jeunes manifestants anti-CPE ont comparu lundi devant la chambre des comparutions immédiates du TGI de Paris qui a prononcé six peines pour des dégradations, agressions ou vols survenus au cours des manifestations. Lundi matin, un jeune d'une vingtaine d'années a été condamné à trois mois d'emprisonnement avec sursis et 100 heures de travail d'intérêt général (TIG) pour avoir volé samedi un écran d'ordinateur dans une succurcale des AGF. Un autre manifestant a quant à lui été condamné à deux mois d'emprisonnement avec sursis pour "transport sans motif légitime de produit ou engin explosif". Il avait été arrêté en possession d'un flacon contenant de l'alcool à 90°. Un étudiant interpellé en possession de deux cocktails Molotov a écopé d'une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis, assortie d'un TIG de 120 heures.

Photo d'ouverture : l'homme, gisant à terre, est celui décrit par des témoins comme le syndicaliste blessé samedi soir - DR
le 20 mars 2006 à 22:28
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1 Commentaires

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  • G.r., le 21/03/2006 à 14h31

    C'est triste ce qui est arrivé, d'accord. Mais c'est bien la preuve que certains ne viennent pas manifester, mais sont là pour faire la fête. L'acte était bien prémédité, car je n'avais jamais eu connaissance qu'il y avait des ravitaillements sur les parcours. Qu'on n'accuse pas ceux qui viennent défendre le patrimoine de la France, et qui ramassent des coups parce que certains ne savent pas se contenir. A qui la faute? Ca vous plairait qu'on agresse et que vous n'ayez pas le droit de répondre?

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