Villepin ne convainc pas les opposants au CPE

le 12 mars 2006 à 21h09 , mis à jour le 12 mars 2006 à 22h18

L'offre de négociation lancée dimanche soir par Dominique de Villepin sur les garanties du CPE a trouvé une fin de non-recevoir au sein du front anti-CPE, qui réclame toujours, comme préalable, le retrait du dispositif. Pour le PS, Villepin "persévère dans l'erreur", le président de l'Unef prévient : "la rue s'exprimera".

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RÉACTIONS POLITIQUES

Villepin "persévère dans l'erreur" (Julien Dray, PS)
"Ce soir, le Premier ministre a persévéré : il maintient son contrat précarité. Il n'a pas voulu entendre ni comprendre la colère qui s'exprime depuis plusieurs semaines dans le pays". La demande de retrait du CPE "était la condition d'un vrai dialogue social restauré. Elle n'a pas été prise en considération". Dominique de Villepin "persévère dans l'erreur et prend la responsabilité de créer des tensions nouvelles dans le pays."

"Villepin découvre tardivement la négociation" (Marie-George Buffet, PCF)
Dominique de Villepin "a vainement essayé de défendre un CPE, qui rassemble déjà majoritairement contre lui. La proposition de discussion avec les partenaires sociaux concernant des garanties supplémentaires est dérisoire", a jugé la secrétaire nationale du PCF dans un communiqué. Pour Marie-George Buffet, le Premier ministre "découvre tardivement les vertus de la négociation, mais il est trop tard, la mobilisation a ébranlé ce gouvernement. Plutôt que de tenter de gagner du temps, le Premier ministre ferait mieux de retirer, purement et simplement, le CPE."

Villepin pratique "avec provocation la méthode Coué" (Olivier Besancenot, LCR)
Olivier Besancenot a accusé dimanche Dominique de Villepin de pratiquer "avec provocation la méthode Coué", en appelant "au dialogue social après avoir fait voter la loi par le biais du 49.3". "Ses soi-disant nouvelles garanties ne changent rien à la précarité liée au CPE", ajoute-t-il, regrettant que le Premier ministre "persiste et signe, en refusant de retirer le CPE". Le CPE "n'est pas amendable", réaffirme Olivier Besancenot, déplorant que "le gouvernement refuse d'entendre les centaines de milliers de jeunes qui sont mobilisés" pour son retrait.

Villepin, acculé, a "proposé des rustines" (Georges Sarre, MRC)
"Acculé", le Premier ministre "a affirmé et n'a pas démontré", écrit le responsable chevénementiste dans un communiqué. Il a "tenté de proposer des rustines à son CPE", mais en maintenant "la disposition anti-sociale centrale", la possibilité de "licencier sans motif pendant deux ans". Il a "surtout confirmé l'orientation de sa politique économique : le nivellement social par le bas, dans le cadre d'une concurrence 'libre et non faussée' européenne et mondiale. C'est cela, 'l'adaptation du modèle social pour lutter à armes égales contre les pays voisins' ! Le CPE n'est pas une adaptation : c'est un démantèlement du code du travail, qui aggraverait la précarité."

Villepin "n'a pas été convaincant" (Hervé Morin, UDF)
"Le Premier ministre n'a pas été convaincant et n'a absolument pas répondu aux inquiétudes des étudiants et des lycéens. En voulant apporter un certain nombre de corrections, il démontre la précipitation et l'impréparation dans laquelle a été créé le CPE. L'UDF souhaite que le gouvernement rouvre les discussions avec l'ensemble des partenaires sociaux et l'ensemble du monde étudiant pour à la fois une réflexion sur un contrat de travail unique à droit progressif et, pour les jeunes sans formation, le financement par l'Etat de leur premier mois de salaire dans l'entreprise."

"Ecoute et détermination" (Bernard Accoyer, UMP)
Le Premier ministre "s'est montré ouvert dans le dialogue et ferme dans l'action pour enrayer cette crise insupportable du chômage des jeunes. Ne rien faire serait irresponsable. Le CPE est "une mesure audacieuse et innovante. Les garanties supplémentaires qui doivent être négociées avec les partenaires sociaux témoignent de la volonté du gouvernement et de notre majorité à répondre au mieux aux interrogations et aux inquiétudes. Les députés UMP sont rassemblés pour soutenir l'action du gouvernement."

RÉACTIONS SYNDICALES

"Le retrait du CPE n'est pas négociable" (Bernard Thibault, CGT)
"Nous ne serons pas de ceux qui ferons la politique de la chaise vide, mais notre première demande sera le retrait du CPE" a indiqué le secrétaire général de la CGT au sujet des discussions annoncée avec le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo. "Il n'y a pas de négociation possible autour du maintien du CPE, le retrait du CPE n'est pas négociable. Le Premier ministre ne peut pas à la fois souhaiter dialoguer sur la précarité au travail et dans le même moment prendre une mesure qui accroît la précarité : ce n'est pas une offre de discussion sincère."

"Le préalable est de surseoir au CPE" (Jacques Voisin, CFTC)
"Le Premier ministre propose des mesures d'accompagnement qui méritent notre attention, car enfin on parle de négociations, mais le désaccord reste sur la période d'essai (...) La négociation n'est possible qui si on surseoit au CPE, on les rencontrera pour leur dire ça. Le préalable c'est de surseoir au CPE."

"Il faut mettre de côté le CPE" (Rémi Jouan, CFDT)
"Si on doit rencontrer le gouvernement, c'est pour qu'il retire le CPE. Il faut que le Premier ministre accepte de mettre de côté son CPE. Dans ce cas là on travaille, mais on travaille sur quelque chose de nouveau."

Négocier... après le retrait du CPE (Jean-Claude Mailly, FO)
"Force ouvrière est disposée à discuter et négocier sur les questions relatives à l'emploi des jeunes, qu'elles concernent la formation, la précarité" mais "cela ne peut se faire qu'une fois le CPE retiré". Force ouvrière appelle à "renforcer les mobilisations", jugeant que "le Premier ministre s'enferme dans l'entêtement et se révèle meilleur pyromane que pompier".

"Déception et colère" (Bruno Julliard, UNEF) 
Le président de l'Unef a déclaré dimanche avoir "un sentiment de déception mêlé à de la colère" après l'intervention de Dominique de Villepin sur TF1 consacrée au CPE. "Le Premier ministre n'a pas entendu la jeunesse et a fait un long discours avec les arguments mensongers que nous entendons depuis le début. C'était même parfois moins efficace que d'autres personnes qui défendent le CPE. Il a dit : la loi s'appliquera, je lui réponds : la rue s'exprimera. On n'éteint pas un feu de forêt avec un verre d'eau."

Photo d'ouverture : Dominique de Villepin dimanche soir sur TF1 - DR

le 12 mars 2006 à 21:09
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31 Commentaires

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  • Jmarc, le 13/03/2006 à 12h06

    Je pense pas que mr thibault soit à mettre en cause dans quoi que ce soit. la realite est la suivante : plusieurs femmes en cne ont ete licenciees apres avoir annoncé leur grossesse à leur patron (inspection du travail ). 5 employes en cne dans l'habillement licencies apres la fin des soldes. un mecanicien en cne dep77 licencies pour maladie. on va arréter la, la liste est bien trop longue. au passage quand vous êtes licencié dans les 4 premiers vous n'avez pas droit au chomage !!! on reduit comme cela le chomage en basculant le chomeur en rmiste .pourquoi le % de rmiste a augmenter de presque 6 % . est ce la realite ou la peur des francais . On peut pas s'opposer à une majorite de francais (63% va accroitre la pecarite)c'est ca la democratie.

  • Taz, le 13/03/2006 à 11h48

    Mais qui est dans la rue ? Sont-ils représentatifs ? Tout juste quelques milliers à représenter La France qui recule. Bref une minorité à foutre la m.... C'est toujours pareil dans ce pays il suffit de peu de monde pour emm.... tous les autres, comme dans les cités. Vivement 2007.

  • Margaux, le 13/03/2006 à 11h43

    De toutes façons, c'était couru d'avance. Quand avez-vous vu l'opposition trouver quelque chose de valable dans une loi du gouvernement en place ?

  • Gérard, le 13/03/2006 à 11h41

    La plus grande précarité, c'est le chômage. Surtout celui qui est induit par la fermeture des entreprises par délocalisation. Des pans entiers de notre économie disparaissent sans que les syndicats en tiennent compte. Certains bassins d'emploi sont sinistrés. Tout ce qui va dans le sens d'une libéralisation des entreprises va dans le sens de l'emploi et contre les effets pervers de la mondialisation. N'oublions pas que pour défendre nos acquis, il faut avanrt tout trouver moyen de faire vivre nos entreprises. Surtout celles qui créent des richesses. Car il faut d'abord produire des richesses pour pouvoir les distribuer.

  • Erick, le 13/03/2006 à 11h24

    Ne pas convaincre les opposants? L'opposé m'eut étonné...

  • Otto, le 13/03/2006 à 11h13

    "Déception et colêre" de ceux qui veulent bosser de voir leurs chances d'avoir un contrat diminuer à cause de ces bobos*cocos.

  • Lyonel, le 13/03/2006 à 10h45

    Le CPE est une bonne chose même si il y a des choses a améliorer. Je suis au chomage depuis deux ans, j'ai 30 ans. Je vis dans une société où l'on préviligie les diplômes que sur l'expérience. La France a besoin de se développer et besoin de nouvelle expérience. Vous jugez sans connaître l'impact futur. Vous croyez qu'avec un CDI vous êtes à l'abris de la précarité. Ben NON ! Je suis au chomage suite à un licenciement économique, j'avais un CDI !!! Et là suis dans la précarité. Alors si on me propose le CPE, je dirais oui sans hésiter... C'est facile de critiquer lorsqu'on ne fais aucune proposition depuis 1981... alors messieurs les Députés, avait vous oublier que la constitutions n'a pas été rédiger pas des anciens de l'ENA mais par le peuple et pour le peuple... Alors travailler pour le peuple et non pour vos interet personnel !

  • Michael, le 13/03/2006 à 10h30

    Le CPE n'est, ni plus ni moins, Qu'un CDD à moindre cout. Des contrats precaires ils en existent deja en france ( CDD, interim...), je ne vois pas ce qu'apporte celui ci ! a part peut etre une remuneration moindre pour l'employé qui n'a pas de prime de precarité. Qu'on ne me parle pas d'accompagement à l'embauche, les services competents de l'anpe sont justement incompetent. au lieu de chercher à precarisé a tout va il faudrai peut etre rendre les entreprises competitives...

  • Sablier, le 13/03/2006 à 10h26

    Le CPE est au second plan . L'enjeu maintenant c'est de savoir si la voix de la rue , comme dit l'autre , a plus de poids que la voix des urnes . C'est le dernier espace d'existence des syndicats qui est en jeu.

  • Valou, le 13/03/2006 à 10h26

    Ce qui est déconcertant dans notre pays c'est que lorsqu'un homme politique, de gauche ou de droite, essaie de faire avancer les choses les gens manifestent toujours sans trop savoir pourquoi. Certes cette loi peut au départ choquer certains mais elle a l'avantage de permettre aux jeunes de trouver un emploi et d'avoir un but dans la vie. La précarité, je ne suis pas certaine qu'elle soit aussi importante que cela puisque ce CPE, à condition bien sûr que cette loi soit bien appliquée,n'empêche pas de trouver un logement, d'obtenir des crédits.. et elle permet surtout d'avoir une première expérience professionnelle avec une formation non négligeable. De plus, elle a l'avantage de permettre aux jeunes sans diplôme de pouvoir travailler. Toutes ces manifestations ne sont que manipulations et récupérations politiques avec pour seul objectif des voies pour 2007. Quant aux syndicats, c'est toujours la même chose, eux qui, soit-disant, sont pour la défense des travailleurs, dès que quelqu'un veut changer le train-train professionnel, forcément ils ne sont pas d'accord. Si on veut faire face aux autres Nations, il nous faut avancer et pas stagner comme nous le faisons depuis trop longtemps. Toute loi peut être modulée et je suis sure qu'après une nouvelle concertation avec les partenaires sociaux elle sera améliorée. Si les employeurs l'appliquent comme il se doit et la respectent, il n'y a aucune raison pour qu'elle soit négative pour les jeunes. Je suis de gauche et pourtant je soutien ce CPE.

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