Villepin croit encore au dialogue sur le CPE

le 28 mars 2006 à 08h33 , mis à jour le 28 mars 2006 à 14h31

Malgré le refus par les syndicats de son invitation à discuter mercredi des aménagements du CPE à Matignon, Dominique de Villepin se dit toujours ouvert aux négociations. Il serait prêt notamment à discuter de la période d'essai, mais pas d'une "justification au licenciement".

TF1/LCI Dominique de Villepin CPE Matignon

Alors qu'une soixantaine d'universités restent touchées par le mouvement, la journée d'action de ce mardi à l'appel des Douze (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa, Solidaires, Unef, Confédération étudiante, Fidl, UNL), la quatrième en huit semaines, pourrait être la plus importante avec, pour la première fois des milliers d'appels à la grève, davantage qu'au plus fort du conflit des retraites en 2003, selon les syndicats. Pour autant, Dominique de Villepin continue à se dire ouvert au dialogue. Lundi, il a invité par courrier les cinq confédérations syndicales et les organisations étudiantes à le rencontrer mercredi après-midi pour notamment "discuter des aménagements à apporter au contrat première embauche".

Il a affirmé par ailleurs mardi aux députés UMP que s'il n'est pas question de "retirer le CPE", il reste "ouvert" à des modifications pour peu qu'elles ne soient "pas d'ordre législatif", ont rapporté plusieurs députés. Le gouvernement Villepin est prêt à discuter de la période d'essai de deux ans prévue dans le contrat première embauche mais refuse d'introduire une "justification au licenciement", ce qui reviendrait à "dénaturer" le CPE, avait-on appris plus tôt dans la journée de source gouvernementale. Accueillant en début d'après-midi le roi d'Espagne Juan Carlos lors d'un déjeuner à Matignon, Dominique de Villepin a en outre réaffirmé sa volonté de "répondre, avec l'aide des partenaires sociaux", aux "inquiétudes des jeunes Français". 

Retirer le CPE avant de dialoguer

La bataille du cpe
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Mais aménager le CPE, c'est précisément ce que refusent les syndicats qui font du retrait du dispositif le préalable à toute discussion: c'est donc sans surprise que la CFDT, par la voix de Rémi Jouan, et FO, par celle Jean-Claude Mailly, ont décliné l'invitation lancée lundi soir à se rendre à Matignon. Leurs partenaires du groupe des Douze devraient les imiter. C'est ce qu'ont fait Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, mardi matin et la CFE-CGC qui ne répondront pas à l'invitation de Dominique de Villepin. Jean-Louis Walter, le secrétaire général de la CFE-CGC, voit dans les propositions du Premier ministre une "provocation au matin d'une manifestation". "Il faut supprimer le CPE", a-t-il affirmé soulignant que "sur ce point les cinq confédérations syndicales sont déterminées, de même que les syndicats étudiants et lycéens". "M. de Villepin n'a rien compris", a conclu le responsable de la CFE-CGC.

Nicolas Sarkozy, lui, continue de faire entendre sa différence. Lundi, à Douai, le président de l'UMP a souhaité qu'"avant toute initiative d'application, on prenne le temps que la négociation aboutisse", réitérant son appel au "compromis" sur le CPE. Appel réitéré mardi lors de la réunion du groupe UMP à l'Assemblée à laquelle participait Dominique de Villepin : Nicolas Sarkozy a alors proposé une "suspension de l'application" du CPE durant les négociations avec les partenaires sociaux pour rechercher "un compromis", selon son entourage. Saisi par la gauche, le Conseil constitutionnel pourrait rendre sa copie jeudi, une décision attendue qui pourrait peser lourd dans le conflit. Cliquez ici pour lire notre dossier spécial CPE.

Image Dominique de Villepin. Archives. DR.

le 28 mars 2006 à 08:33
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4 Commentaires

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  • Bertrand, le 28/03/2006 à 14h24

    On critique beaucoup l'immobilisme de Mr De Villepin. Bien que moi-même je dénonce cet immobilisme, bien qu'il commence à vouloir dialoguer finalement, il faut aussi reconnaitre que les Syndicats sont tout aussi borné avec leur retrait du CPE impératif. Personnellement je ne comprends pas pourquoi il faudrait absolument retirer le CPE, qui il faut le rappelé à été voté, lui, normalement (et non via le 49/3), avant toutes discussions. Le fait que les syndicats refuses les invitations du premier ministre, qui sont des signe que ce dernier souhaite essayer de faire avancer les choses, décrédibilise ceux-ci, car du coup leur dénonce de l'immobilisme de Mr De Villepin donne l'impression d'avoir été une vaste blague, visant juste à profiter de ce fait pour rallier des gens à leur combat. En effet, il faut sacrément être de mauvaise foi pour un jour dénoncer la non volonté de dialogue du premier ministre et puis lorsque celui-ci se décide finalement à dialoguer, rejeter ses invitations. Les syndicats ne vont obtenir qu'une chose s'ils continuent à jouer à ce petit jeu, c'est voir le mouvement anti-CPE se réduire considérablement dans les jours/semaines à venir, du fait de leur mauvaise foi qui leur font perdre leur crédibilité. Ce qui peut avoir comme conséquence le fait que devant la baisse de la mobilisation De Villepin ne change finalement rien au CPE car voyant que puisque personne n'a voulu dialoguer et que la mobilisation se réduit, il n'aura alors aucune raison de ne pas en profiter pour laisser passer le CPE sous sa forme actuelle. Bref, Syndicats continuez dans votre immobilisme et tous ce que vous aurez gagnez sera que le CPE ne soit ni retiré, ni modifié d'une virgule.

  • Moimeme, le 28/03/2006 à 13h21

    C'est de l'entetement pas de la fermete.

  • Christophe, le 28/03/2006 à 13h05

    A ce que je vois les syndicats ou le gouvernement sont peu démocrates. D'un côté on exige et de l'autre on impose. Ce n'est pas comme ça qu'on va avancer en France, on va plutôt reculer. Bloquer un pays ne peut-être que suicidaire. dans un an, il y a des élections alors vous pourrez vous exprimer et cette fois ci démocratiquement.

  • Raf, le 28/03/2006 à 09h23

    Pour une fois que le gouvernement tente quelque chose de concret pour résorber la crise (oui, oui il y'a bien une crise), il faut comme d'habitude que la typique grande mascarade française se mette en place. Des étudiants dans la rue, pourquoi pas, même si je n'ai pas peur d'affirmer que les 90% d'entre eux n'ont même pas conscience de la moitié de ce qui les attend quand ils auront leur diplôme en poche (ayant quitté le monde étudiant il y a deux ans je pense savoir de quoi je parle). Des lycéens dans la rue? non mais je crois qu'en France les gens on a perdu le sens de la raison, ça devient tout les jours d'avantage du n'importe quoi, un vrai cirque. Pourquoi ne tente t'on pas ce projet? Qu'est ce que la France risque à part le fait que les jeunes puissent enfin trouver du travail à la sortie des écoles? J'ai honte d'être français, encore plus de l'étranger ou j'ai sans regrets immigré et ou on apparaît vraiment ridicules sous tout points de vue. A bon entendeur, Un jeune diplômé qui n'a jamais trouvé de boulot dans son pays natale.

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