
Face à tous les parlementaires UMP reçus mardi soir à Matignon, Dominique de Villepin a réaffirmé sa détermination à faire appliquer le CPE, malgré la pression de la rue : ni "retrait", ni "suspension" ni "dénaturation" du contrat première embauche, a-t-il affirmé. "Sur cette chose, il y a trois choses qui sont impossibles. La première, c'est le retrait, parce que cela voudrait dire que nous capitulons devant la logique des ultimatums et des préalables. Cela, notre électorat n'en veut évidemment pas, il ne nous le pardonnerait pas", a déclaré le Premier ministre lors d'un "pot amical".
"La deuxième, c'est la suspension, tout simplement parce que cela est contraire à notre Constitution. La troisième, c'est la dénaturation de notre projet parce que perdre l'équilibre du projet, ce serait se priver de toute chance de réussite", a-t-il dit, selon le texte de son discours distribué aux agences de presse.
"Pas de formalisme juridique"
Au sujet des modalités de rupture du CPE, le chef du gouvernement a affirmé qu'il ne souhaitait pas "tomber dans un formalisme juridique qui compliquerait le contrat et le rendrait inefficace". La possibilité pour l'employeur de mettre fin à un CPE sans justification sur une période de deux ans a cristallisé la mobilisation des opposants au CPE depuis plusieurs semaines. "La simplicité de notre dispositif fait sa force pour créer des emplois", a-t-il plaidé, tout en promettant "respect et transparence" aux jeunes.
Les modalités de rupture, a-t-il insisté, "c'est évidemment le point clé de notre dispositif et la nouveauté essentielle de ce contrat". "Trouvons le moyen de garantir aux jeunes le respect et la transparence qu'ils sont en droit d'attendre", a-t-il ajouté, sans autre précision. "Mais ne tombons pas dans un formalisme juridique qui compliquerait le contrat et le rendrait inefficace".
"Capitaine du Titanic"
Si le député Jean Leonetti a affirmé qu'il avait "rassuré les parlementaires sur un élément majeur +on maintiendra le texte+", certains de ces collègues ont été moins laudateurs. Premier à avoir tiré la sonnette d'alarme sur les dangers du CPE, Hervé de Charette a jugé que "c'était un déplacement pour rien". C'était un discours très fermé", a regretté Roselyne Bachelot en affirmant qu'il y avait "beaucoup d'inquiétude" chez les parlementaires.
"Villepin, c'est +droit dans mes bottes+, c'est 1995 + 1997", a ajouté un autre élu, en allusion à Alain Juppé, puis à la dissolution ratée de 1997. "On a retrouvé ce soir le guerrier", ont commenté des parlementaires en s'étonnant de son langage. Certains l'ont comparé "au chef de l'Ordre du Temple solaire", au "capitaine du Titanic" ou bien encore "au joueur de flûte qui conduit les rats hors de la ville pour les noyer".
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