
A la veille de la journée de mobilisation anti-CPE de ce mardi, Dominique de Villepin a lancé une nouvelle invitation aux syndicats (lire : "Le pari de Villepin, tenir"). Lundi soir, il a demandé par lettre aux cinq confédérations syndicales et aux organisations étudiantes de le retrouver mercredi à Matignon pour poursuivre les discussions. Le but de cette rencontre : "Pour avancer et sortir de la crise actuelle, a écrit le premier ministre, je souhaite discuter avec vous des aménagements à apporter au contrat première embauche, en particulier sur les deux points qui focalisent aujourd'hui les inquiétudes : la durée de la période de consolidation de l'emploi et les modalités de la rupture". Parmi les syndicats, seule la CFDT a répondu pour l'heure - par un refus. L'offre a aussi été commentée par François Hollande, qui a dit craindre "une nouvelle réunion pour rien."
L'offre, en tout cas, n'empêchera sûrement pas la grève. Signe d'une radicalisation du mouvement, la Coordination nationale étudiante a demandé dimanche la démission du gouvernement, appelé à un blocage des grands axes routiers et ferrés jeudi, puis, si rien n'a bougé d'ici là, à "une grève générale le 4 avril avec les salariés". "Nous n'avons pas encore atteint le pic de la contestation. Ce mardi peut être un tournant", a déclaré Bernard Thibault (CGT), dans le Journal du Dimanche, soulignant que "déjà, les appels à la grève dépassent le niveau du conflit sur les retraites de 2003".
135 manifestations prévues
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Toujours unie après deux mois de conflit, l'intersyndicale (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, FSU, Solidaires, Unsa, Unef, Cé, UNL, FIDL), qui a fait du retrait du CPE un "préalable" à la négociation, a prévu de se réunir mercredi. Force Ouvrière a prévenu qu'elle "proposerait la poursuite de la grève" si le Premier ministre, "au soir du 28 mars, ne retirait pas le CPE".
"Pas d'ouverture particulière"
Pour l'heure, le Premier ministre reste ferme : pas de retrait, mais une volonté affirmée de trouver "rapidement" une solution "par le dialogue" et de répondre "aux deux préoccupations majeures des jeunes", la période d'essai de deux ans et la non-motivation du licenciement. Il n'a d'ailleurs rien dit d'autre dans son invitation lancée lundi soir aux syndicats. Mais Bernard Thibault a dit dimanche qu'il ne voyait "pas d'ouverture particulière" dans ces propos. Reconnaître que ces deux points sont critiquables, "c'est admettre qu'on n'a plus besoin du CPE dans la législation française", a-t-il estimé.
66 % des Français favorables au retrait du CPE
Les syndicats reprochent au gouvernement d'avoir créé le CPE sans aucune concertation, bafouant la loi du 4 mai 2004 sur le dialogue social. Le chômage touche 23% des jeunes actifs et "il y avait urgence", a justifié le ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher. La crise du CPE met "en danger l'économie" et "la solidité du tissu social", a mis en garde la présidente du Medef, Laurence Parisot. Côté politiques, François Hollande a affirmé que Dominique de Villepin ne pouvait "pas échapper à un retour devant le Parlement" de la loi instaurant le CPE. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a appelé au "compromis", voire à une suspension du dispositif pour permettre aux discussions d'aboutir (lire : Sarkozy décline "sa rupture") et, son proche conseiller, Patrick Devedjian, a souhaité "un espace de négociations d'un mois" pour permettre de résoudre la crise du CPE. 66% des Français sont favorables au retrait du CPE, selon un sondage CSA publié vendredi.
| Parcours de la manifestation |
Rassemblement place d'Italie, puis défilé à partir de 14 heures 30 sur l'itinéraire suivant : Boulevard de l'Hôpital, Place Valhubert, Pont d'Austerlitz, Place Mazas, Quai de la Rapée, Boulevard de la Bastille, Place de la Bastille, Boulevard Beaumarchais, Boulevard des Filles du Calvaire, Boulevard du Temple. La dispersion est envisagée place de la République vers 20 heures. La Préfecture de Police conseille aux automobilistes de contourner très largement la zone concernée.
Image. Bruno Julliard, président de l'UNEF.
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