
Alors que la crise sur le contrat première embauche s'étend, la presse de mercredi s'interroge sur la stratégie de Dominique Villepin qui a encore réaffirmé mardi soir son refus de toute remise en cause de la loi. Pour Libération, le "Forcené de Matignon" est convaincu "que plus c'est gros, plus ça passe. Mais plus ça casse aussi, comme commencent à le craindre Jacques Chirac et un nombre grandissant de députés UMP". "S'il se rêve une fin de quinquennat heureuse et utile, Chirac risque de devoir se résoudre à vite poser la question de confiance à Villepin: en rabattre, ou se démettre", estime le quotidien.
La République du Centre : "mais où est Chirac ? Et que fait-il ?"
La presse de province, elle aussi s'interroge sur l'attitude du président et se fait pressante: "mais où est Chirac ? Et que fait-il ?" demande Jacques Camus de La République du Centre tandis que Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne estime que "le chef de l'Etat ne pourra pas se contenter longtemps d'intervenir seulement par quelques déclarations dans la crise actuelle."Nicolas Barré dans le Figaro, qui soutient le CPE, regrette que les arguments en faveur du CPE soient "manifestement difficiles à entendre". "Il est partout admis, sauf apparemment en France, qu'une entreprise n'embauchera pas s'il est trop difficile et trop coûteux de licencier", regrette le quotidien libéral.
Le Parisien : "Sarkozy est prêt à lâcher Villepin"
Dans L'Humanité Michel Guilloux estime que "spéculer sur un pourrissement ou le choc de l'annonce d'une mort serait le pire calcul que les partisans du CPE puissent faire". Le quotidien communiste note toutefois que "certains commencent à regretter la méthode gouvernementale qui aboutit à ce que le CPE soit perçu comme le "contrat précaire de trop ". A l'inverse, dans La Croix, Guillaume Goubert pense que "la mobilisation des jeunes est aujourd'hui une aubaine pour tous ceux qui, peu ou prou, sont à l'abri de la dureté du marché du travail et entendent le rester". "Ceux qui souffriront de cette immobilité seront les plus fragiles : les chômeurs, les personnes non qualifiées, les salariés âgés et les jeunes."Enfin, Aujourd'hui en France/Le Parisien assure que "Sarkozy est prêt à lâcher Villepin" et n'exclut même plus de "quitter le gouvernement". Car comme s'interroge Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace "combien de temps Nicolas Sarkozy va-t-il tolérer une gestion calamiteuse du conflit qui va finir par lui retomber doublement sur les bras ? L'impopularité du gouvernement sur le CPE écorchera forcément le futur candidat de la droite à la présidentielle".
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