
La Cour européenne des droits de l'homme a estimé mardi que la détention de Lucien Léger durant 41 ans n'a pas constitué un "traitement inhumain ou dégradant". Les juges des droits de l'homme ont débouté, par cinq voix contre deux, Lucien Léger qui invoquait l'article 3 de la Convention qui interdit les "traitements inhumains ou dégradants", ainsi que l'article 5 de la Convention qui garantit le "droit à la liberté et à la sûreté". L'arrêt est susceptible d'appel devant la Grande chambre de la Cour européenne des droits de l'homme.
Lucien Léger avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1966 pour le meurtre en 1964 de Luc Taron, 11 ans. Il était le plus ancien prisonnier de France jusqu'à sa libération le 3 octobre dernier à l'âge de 68 ans. La décision de la juridiction régionale de libération conditionnelle de Douai (Nord) avait été rendue le 31 août. Lucien Léger habite désormais à Landas (Nord) chez un ami, un boulanger à la retraite.
La Cour des droits de l'homme relève que Lucien Léger "a eu la possibilité de demander sa libération conditionnelle à intervalles réguliers et a bénéficié de garanties procédurales": "Dès lors, la Cour estime que le maintien en détention du requérant, en tant que tel, et aussi long fut-il, n'a pas constitué un traitement inhumain ou dégradant". Pour les juges de Strasbourg, la condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité n'était pas non plus "arbitraire" au regard de l'article 5 de la Convention européenne des droits de l'homme "eu égard à l'extrême gravité de l'infraction commise".
D'après AFP
(Image : Lucien Léger)
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