25 ans de réclusion pour le meurtrier de Sohane

le 08 avril 2006 à 07h06 , mis à jour le 08 avril 2006 à 07h15

La cour d'assises du Val-de-Marne a condamné samedi à 25 ans de réclusion criminelle Jamal Derrar, 22 ans, pour la mort de Sohane Benziane, brûlée vive à 17 ans en 2002. Tony Rocca, 23 ans, son complice. écope quant à lui de huit ans d'emprisonnement.

AFP

La cour d'assises du Val-de-Marne a condamné  samedi à 25 ans de réclusion criminelle Jamal Derrar, 22 ans, pour la mort de Sohane Benziane, brûlée vive à 17 ans en 2002, et à huit ans d'emprisonnement Tony Rocca, 23 ans, pour complicité. A l'énoncé du verdict, rendu au terme d'un délibéré d'un peu plus de cinq heures, ni les deux accusés, ni la famille de la victime n'ont réagi. Jamal  Derrar a juste secoué la tête.

"Ils auraient mieux fait de le tuer sur place", a toutefois lâché son père. Son avocat, Me Denis Giraud, a déclaré que "si Jamal Derrar ne faisait pas  appel, ce serait vraiment dans un souci d'apaisement de sa part". Il n'a toutefois pas exclu cette possibilité. A la sortie du palais de justice, des jeunes de la cité Balzac, copains des deux accusés, ont réagi : "25 ans, il est trop jeune".

"Pas de banalisation"

Ces condamnations sont conformes aux réquisitions de l'avocat général, qui avait demandé respectivement 25 ans de réclusion criminelle et 8 à 10 ans d'emprisonnement à l'encontre des deux jeunes hommes, pour actes de torture ou de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner et complicité. Invité à prendre la parole avant que la cour ne se retire, Jamal Derrar, surnommé Nono, avait simplement dit : "je n'ai rien à ajouter". Tony Rocca, lui, avait réaffirmé qu'il "n'avait jamais tenu la porte" du local où Sohane a été aspergée d'essence.

Le soir du 4 octobre 2002, Nono avait aspergé d'essence la victime dans un  local à poubelles de la cité Balzac à Vitry-sur-Seine, avant d'approcher d'elle  la flamme d'un briquet. La jeune fille, "belle et souriante", s'était  transformée en torche vivante. Pour Me Francis Szpiner, avocat de la famille Benziane, "la cour a considéré  qu'il s'agissait de faits extrêmement graves. On ne pourra donc parler ni d'accident ni de banalisation de ce type d'acte. La famille a donc accueilli ce  verdict avec satisfaction".

"Une poignée d'imbéciles"

L'avocat général avait auparavant évoqué la "dimension sexiste" de ce crime,  qui a trouvé son origine dans la bagarre ayant opposé l'été précédent Jamal  Derrar à Issa, le petit ami de Sohane. Celui-ci l'avait emporté. "La haine qu'il éprouvait à l'égard d'Issa, il l'a reportée sur Sohane", avait-il déclaré, écartant les thèses du "crime passionnel" et de "l'accident", que l'accusé a soutenues jusqu'au bout. Parce que Sohane, que Nono avait "interdite de cité Balzac" selon de  nombreux témoins, refusait de se soumettre à son "autorité de mâle", "il allait  la mettre au pas", l'attirant dans "un véritable guet-apens". La mort de Sohane  est "devenue le symbole de la violence la plus extrême faite aux femmes", avait  lancé M. Content.

Concernant Tony Rocca, il avait rappelé le témoignage "essentiel" du gardien  qui ce soir-là avait vu "l'ami fidèle" de Nono s'appuyer contre la porte du  local pour la maintenir fermée. Votre décision, avait-il demandé aux jurés, "doit faire réfléchir la poignée  d'imbéciles" qui, en applaudissant Jamal Derrar lors dela reconstitution des  faits en mars 2003, "venaient de banaliser un crime barbare".

Photo : Jamal Derra (crédit afp)

le 08 avril 2006 à 07:06
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