Attentat et prise d'otages près d'Ajaccio

le 22 avril 2006 à 21h02 , mis à jour le 23 avril 2006 à 11h40

Un commando lourdement armé, agissant au nom du FLNC, a attaqué samedi soir une villa dans le golfe d'Ajaccio. Quatre personnes ont été retenues en otages pendant que les assaillants plaçaient les charges explosives. La construction a été entièrement détruite.

TF1/LCI Attentat Corse

Un commando lourdement armé et se revendiquant du FLNC a fait sauter une villa inoccupée dans le golfe d'Ajaccio samedi vers 19H après avoir pris en otages quatre personnes, qui ont été libérées depuis, a indiqué le procureur de la République d'Ajaccio, José Thorel. "C'est une attentat important avec une prise d'otages : deux hommes et deux femmes, qui n'ont pas été maltraités", a déclaré José Thorel, ajoutant que le parquet antiterroriste de Paris s'était saisi de l'affaire.

Selon le magistrat, cette "opération a commencé vers 18H" lorsqu'un "commando évalué à une dizaine d'hommes, tous cagoulés et vêtus de combinaisons noires, certains portant des gilets pare-balles, sont arrivés à plusieurs voitures sur le terrain d'une villa de la commune de Coti-Chiavari (Corse-du-Sud)". Quatre riverains qui se trouvaient là à ce moment ont été ficelés et enfermés sans brutalité dans un local à une certaine distance de la maison par le commando qui s'est présenté à eux comme étant du mouvement indépendantiste clandestin corse FLNC, selon des sources judicaire et policière. "Ils leur ont dit en substance qu'ils agissaient ainsi parce que les Corses ne peuvent plus conserver leur terre", a précisé la source policière.

Deux otages hospitalisées, très choquées mais indemnes

Le commando a ensuite placé des charges explosives dans la villa inoccupée, une résidence secondaire appartenant à un Français habitant sur le continent, selon les mêmes sources. L'explosion s'est produite peu après 19H, provoquant un incendie que les pompiers combattaient toujours en soirée, empêchant l'intervention des démineurs. "Les pompiers n'ont pas pu intervenir rapidement par crainte d'une autre charge", a précisé sur LCI José Thorel, selon qui "la villa a été détruite, tant par le souffle de l'explosion que par l'incendie qui s'est déclaré". Les personnes séquestrées ont été libérées par un voisin alerté par l'explosion. Les deux femmes, très choquées, ont été conduites à l'hôpital, selon le procureur de la République.

Ce lotissement, dont fait partie cette villa, a déjà connu deux autres attentats signé du sigle "FLNC" : le 19 mars, la veille d'une visite du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, une très luxueuse résidence secondaire appartenant à un avocat parisien avait brûlé après l'explosion d'une ou plusieurs bombes, et dans la nuit du 16 au 17 février, une résidence secondaire qui la jouxte avait déjà été partiellement détruite à l'explosif. Depuis le début de l'année, l'île est le théâtre d'une forte recrudescence des attentats visant les résidences secondaires de familles résidant sur le continent ou à l'étranger. Le dernier date du 20 avril et avait pris pour cible la résidence secondaire de ressortissants allemands à Sisco, dans le Cap Corse.

La villa détruite par la charge explosive. Image LCI.

le 22 avril 2006 à 21:02
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

2 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Zim zum, le 23/04/2006 à 14h59

    L'attitude de ces indépendentistes quant à la "protection" de leur île est, d'un certain point de vue, légitime. Mais n'oublions pas que la Corse vit essentiellement du tourisme, ainsi que des aides que son statut de "territoire français" lui apporte.

  • Bracconi, le 22/04/2006 à 23h35

    Il faut trouver une solution négociée pour la Corse, on court au drame d'un jour à l'autre

Lire tous les commentaires

      logAudience