
"Le président m'a appelé pour me dire que, depuis deux jours, il s'est engagé complètement dans cette affaire (...) et qu'il souhaitait impérativement qu'une solution soit trouvée dans le meilleur délai", a déclaré Jean Lassalle, juste après l'appel de Jacques Chirac. "Il m'a dit +je mets tout mon poids et les relations que j'ai au Japon pour trouver une issue, qui se rapproche", a poursuivi le député. L'Elysée a confirmé l'appel téléphonique du président à Jean Lassalle.
Le député béarnais observe depuis 38 jours une grève de la faim au Palais-Bourbon par crainte d'une "délocalisation à terme" de l'usine Toyal (filiale de Toyo), qui emploie 150 personnes dans son canton d'Accous (Pyrénées-Atlantiques), vers le bassin industriel de Lacq situé 65 km plus loin, sur un terrain du groupe pétrolier Total. Le président Chirac "m'a dit +demain se tiennent des réunions je vais les suivre personnellement pour voir si on peut sortir de l'affaire dès demain+", a précisé Jean Lassalle.
De l'ombre aux relations franco-japonaises
Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, devait recevoir vendredi matin des représentants du groupe Toyal. La rencontre réunira notamment, autour de Nicolas Sarkozy, le numéro 2 de Toyal Masahiro Aoki, le président de Toyal Europe Hervé Lelièvre et l'ambassadeur du Japon à Paris, Hiroshi Hirabayashi. Au cours de l'entretien téléphonique qui a duré "quatre à cinq minutes", le chef de l'Etat a informé Jean Lassalle qu'il avait "insisté auprès de ses amis japonais, au plus haut niveau, pour leur faire savoir que cette affaire risquait d'apporter une ombre à l'excellente relation franco-japonaise qui ne mérite pas ça".
"Ses interlocuteurs ont assuré qu'ils allaient faire le nécessaire pour trouver une solution", a dit Jean Lassalle, qui a informé Jacques Chirac qu'il "n'arrêterait pas sa grève tant que ce sera pas réglé". "J'ai demandé à aller le remercier personnellement à l'Elysée" lorsque l'affaire sera finie, et "il m'a répondu +d'accord, et ce sera peut-être plus vite que vous ne le croyez+", a ajouté Jean Lassalle. L'appel présidentiel a clôturé une journée riche en événements pour le député, qui a eu dans l'après-midi la "visite surprise" du Premier ministre Dominique de Villepin, venu prendre de ses nouvelles dans son petit bureau au Palais-Bourbon.
Un espoir?
Jean Lassalle,a accueilli avec "espoir" la déclaration jeudi du Pdg du groupe Toyo Aluminium, Masao Imasu, affirmant être prêt à agrandir ses installations à Accous, si cela s'avérait possible sur le plan environnemental et financier."Je lis avec bonheur sa déclaration. J'enregistre son engagement avec espoir", a déclaré Jean Lassalle au Palais-Bourbon. Dominique de Villepin a annoncé au député UDF qu'un "accord semblait possible" lors d'une visite impromptue dans le bureau du parlementaire.
Le député, qui a entamé mardi sa sixième semaine de jeûne, se trouvait jeudi dans un état de grande faiblesse. Il a déjà perdu 21 kg et doit consulter deux fois par jour le médecin de l'Assemblée nationale. Il se tient debout avec peine, marchant d'un pas mal assuré. Le ministre d'Etat, Nicolas Sarkozy, a écrit à M. Imasu, promettant "toute l'aide nécessaire sur le plan du financement et sur celui de la gestion des risques" sur le site d'Accous. Selon le PDG de Toyo, les discussions se poursuivaient avec les services du ministre.
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