© INTERNEToujours au plus bas dans les enquêtes d'opinion, Jacques Chirac et Dominique de Villepin voient leurs cotes sérieusement affectées par la crise du CPE et frisent les niveaux d'impopularité atteints par l'exécutif lors du référendum sur la Constitution européenne en 2005. Avec 29% de Français satisfaits, selon le baromètre mensuel Ifop publié par le Journal du Dimanche, le président de la République n'est plus qu'à un point de son score réalisé dans la même enquête à la mi-juin 2005, quelques jours après la consultation référendaire. Jacques Chirac égale même le taux de mécontentement de 70% atteint il y a près d'un an.
Sa chute de popularité par rapport au mois précédent est quasiment de même ampleur : dix points dans l'enquête réalisée quelques jours après la sortie de crise du contrat première embauche, douze points entre mai et juin 2005. Le chef de l'Etat est désormais tout près son score le plus faible (27%) jamais enregistré par cet institut et atteint par deux fois en novembre 1995 et novembre 1996, lors de son premier mandat.
Les résultats ne sont guère plus brillants pour le Premier ministre qui égale désormais le record d'impopularité de son prédécesseur Jean-Pierre Raffarin, enregistré également par Ifop une semaine avant le référendum européen. 24% des personnes interrogées se déclarent "très satisfaites ou plutôt satisfaites" de Dominique de Villepin (soit une chute de 13 points) et 74% "très mécontentes ou plutôt mécontentes" (+13), deux chiffres exactement identiques à ceux obtenus alors par l'ancien chef de gouvernement.
Critiques contradictoires
Ces mauvais résultats surviennent après une série de sondages particulièrement négatifs pour le couple exécutif. Réalisé juste avant l'annonce par le gouvernement de l'abandon du CPE, les 6 et 7 avril, le baromètre Ifop/Paris Match attribuait 29% d'opinions favorables au Premier ministre, qui perdait 12 points en un mois. Le président de la République voyait lui aussi baisser fortement son taux d'approbation à 29% contre 35% en mars. La chute était tout aussi nette dans une enquête LH2 effectuée les 7 et 8 avril : seulement 25% d'opinions positives pour Dominique de Villepin contre 37% en mars, les opinions négatives augmentant de 12 points à 65%. Jacques Chirac perdait 8 points d'opinions positives à 25% et les opinions défavorables s'établissaient à 64% (+7).
Le dévissage est également spectaculaire dans l'enquête Ipsos réalisée début avril. L'action du Premier ministre est jugée favorablement par 30% des Français, soit un effondrement de 15 points. Les opinions défavorables passent de 52 à 65%. Le président de la République subit une baisse de 11 points, passant à 29%, contre 67% (+ 10) d'avis défavorables.
Selon le politologue Jean-Luc Parodi, Jacques Chirac est l'objet de "critiques contradictoires" des Français qui lui reprochent à la fois "d'avoir freiné la solution et d'avoir cédé aux opposants" au CPE. De la même façon, Dominique de Villepin se voit reprocher "d'avoir cédé pour les uns" et de s'être montré "intransigeant" ou "entêté" pour les autres, analyse Jean-Luc Parodi dans le JDD.
Photo d'ouverture : archives
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