© AFPMichèle Alliot-Marie a-t-elle couvert l'affaire Clearstream, comme l'affirme l'Express dans son édition électronique ? "Je démens formellement avoir été au courant de l'affaire et l'avoir couverte. Ce n'est ni dans ma conception ni dans ma pratique politique", a immédiatement répondu la ministre de la Défense. L'hebdomadaire affirme que MAM "savait" que l'affaire Clearstream était une manipulation. "Ou elle a gardé le silence et laissé l'affaire s'emballer. Ou elle a transmis le dossier à l'Elysée, qui, à son tour, s'est assis dessus", poursuit le journal.
L'affaire Clearstream, du nom d'une banque luxembourgeoise de compension, porte sur des accusations anonymes ayant visé en 2004 certaines personnalités comme le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, accusées d'avoir des comptes occultes à l'étranger. Les juges d'instruction Jean Marie d'Huy et Henri Pons sont chargés d'une information judiciaire pour "dénonciation calomnieuse". Ces dernières semaines, ils ont multiplié les perquisitions pour tenter de d'identifier le "corbeau". Le bureau de MAM a notamment été perquisitionné. Elle avait alors déclaré que cette perquisition était un "mystère" et qu'elle n'avait "rien à cacher".
"Il ya confusion entre deux dossiers"
Cette conviction que le ministère de la Défense savait, explique l'Express, ressort des notes saisies chez le général Philippe Rondot et de son audition par les policiers. L'ancien conseiller de MAM pour les questions de rensignement aurait à cette occasion confié avoir travaillé très tôt sur l'affaire Clearstream, à la demande du directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie, et avoir eu la conviction qu'il s'agissait de faux. "Il y a confusion entre deux dossiers, répond la ministre aujourd'hui. "Ils mettent, certes, en oeuvre des listings sensés émaner de Clearstream mais ils correspondent à des dates différentes et concernent des personnes différentes".
Le premier dossier apparaît en octobre 2003, explique-t-elle. Il s'agit d'un listing remis au général Philippe Rondot, conseiller du ministre pour les affaires de renseignement. Il concerne des personnels du ministère et de l'industrie de la Défense. Ces personnes seraient accusées d'avoir touché des pots-de-vin dans l'affaire de la vente de frégates à Taiwan, détaille-t-elle. "Il s'agit d'une affaire purement interne au ministère de la Défense. Une enquête est ordonnée et un an plus tard, en octobre 2004, le général Rondot conclut qu'il n'y a aucun élément sérieux dans ce domaine", ajoute Mme Alliot-Marie. "Cela ne s'est pas su à l'extérieur. Il n'y a pas eu de suite, ni administrative, ni judiciaire, ni journalistique", précise-t-elle.
Mais entre temps, en mai 2004, le juge Van Ruymbeke reçoit une lettre anonyme et un listing mettant en cause des personnalités, y compris politiques, poursuit Mme Alliot-Marie. "Ca c'est l'affaire actuelle. Et je n'en ai rien su avant que la presse commence à en parler. Le ministère n'était pas concerné. Je n'ai rien à voir avec cette deuxième affaire", insiste-t-elle.
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