Clearstream : MAM dément avoir su

le 26 avril 2006 à 15h42 , mis à jour le 26 avril 2006 à 16h14

La ministre de la Défense "dément formellement", via l'AFP, avoir été au courant et avoir couvert l'affaire Clearstream. D'après L'Express, MAM savait depuis 2004 que les listings de cette banque, mettant en cause de nombreuses personnalités, étaient faux.

[Expiré] [Expiré] Michèle Alliot-Marie © AFP

Michèle Alliot-Marie a-t-elle couvert l'affaire Clearstream, comme l'affirme l'Express dans son édition électronique ? "Je démens formellement avoir été au courant de l'affaire et l'avoir couverte. Ce n'est ni dans ma conception ni dans ma pratique politique", a immédiatement répondu la ministre de la Défense. L'hebdomadaire affirme que MAM "savait" que l'affaire Clearstream était une manipulation. "Ou elle a gardé le silence et laissé l'affaire s'emballer. Ou elle a transmis le dossier à l'Elysée, qui, à son tour, s'est assis dessus", poursuit le journal.

L'affaire Clearstream, du nom d'une banque luxembourgeoise de compension, porte sur des accusations anonymes ayant visé en 2004 certaines personnalités comme le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, accusées d'avoir des comptes occultes à l'étranger. Les juges d'instruction Jean Marie d'Huy et Henri Pons sont chargés d'une information judiciaire pour "dénonciation calomnieuse". Ces dernières semaines, ils ont multiplié les perquisitions pour tenter de d'identifier le "corbeau". Le bureau de MAM a notamment été perquisitionné. Elle avait alors déclaré que cette perquisition était un "mystère" et qu'elle n'avait "rien à cacher".

"Il ya confusion entre deux dossiers"

Cette conviction que le ministère de la Défense savait, explique l'Express, ressort des notes saisies chez le général Philippe Rondot et de son audition par les policiers. L'ancien conseiller de MAM pour les questions de rensignement aurait à cette occasion confié avoir travaillé très tôt sur l'affaire Clearstream, à la demande du directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie, et avoir eu la conviction qu'il s'agissait de faux. "Il y a confusion entre deux dossiers, répond la ministre aujourd'hui. "Ils mettent, certes, en oeuvre des listings sensés émaner de Clearstream mais ils correspondent à des dates différentes et concernent des personnes différentes".

Le premier dossier apparaît en octobre 2003, explique-t-elle. Il s'agit d'un listing remis au général Philippe Rondot, conseiller du ministre pour les affaires de renseignement. Il concerne des personnels du ministère et de l'industrie de la Défense. Ces personnes seraient accusées d'avoir touché des pots-de-vin dans l'affaire de la vente de frégates à Taiwan, détaille-t-elle. "Il s'agit d'une affaire purement interne au ministère de la Défense. Une enquête est ordonnée et un an plus tard, en octobre 2004, le général Rondot conclut qu'il n'y a aucun élément sérieux dans ce domaine", ajoute Mme Alliot-Marie. "Cela ne s'est pas su à l'extérieur. Il n'y a pas eu de suite, ni administrative, ni judiciaire, ni journalistique", précise-t-elle.

Mais entre temps, en mai 2004, le juge Van Ruymbeke reçoit une lettre anonyme et un listing mettant en cause des personnalités, y compris politiques, poursuit Mme Alliot-Marie. "Ca c'est l'affaire actuelle. Et je n'en ai rien su avant que la presse commence à en parler. Le ministère n'était pas concerné. Je n'ai rien à voir avec cette deuxième affaire", insiste-t-elle.

le 26 avril 2006 à 15:42
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5 Commentaires

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  • Citoyen, le 26/04/2006 à 19h50

    Avoir un compte a l'etranger n'est pas un crime. C'est meme preferable quand on vit dans un pays socialiste.

  • Isa, le 26/04/2006 à 18h02

    Et si tout cela n'était pas un complot anti-sarkosy mais un complot anti-MAM qui a déclaré il n'y a pas longtemps qu'elle n'excluait pas sa candidature pour 2007???? hein!!!

  • Vastre, le 26/04/2006 à 16h50

    Il est très embêtant, pour un ministre de la Défense Nationale, de n'être pas au courant des affaires ! Les citoyens n'imaginent pas que le ministre soit tenu à l'écart des informations, y compris celles qui sont un peu en marge de la légalité. On est défendu par qui ? S'il y a eu des confusions entre les dossiers, Madame Alliot-Marie doit immédiatement en tirer les conséquences : il n'est pas supportable que les citoyens puissent croire que l'on va confondre le bouton vert et le bouton rouge, pour lancer la bombinette sur Blair ou sur Berlusconi ! Qui va succéder à MAM ? Réponse urgente.

  • Geoges, le 26/04/2006 à 16h43

    Il n'en reste pas moins que le fait d'avoir un compte au Luxembourg pour un personnage public et surtout politique c'est pas civic et c'est plutôt douteux

  • Jean, le 26/04/2006 à 16h25

    Bah, comme ça on parle plus du Clemenceau...

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