Clearstream : réactions au sommet de l'Etat

le 28 avril 2006 à 11h41 , mis à jour le 28 avril 2006 à 22h50

Jacques Chirac a démenti "catégoriquement" vendredi dans un communiqué "avoir demandé la moindre enquête visant des personnalités politiques" en liaison avec l'affaire Clearstream, contestant ainsi les informations du Monde daté de samedi. Dans la matinée, Dominique de Villepin avait lui aussi démenti les informations publiées dans le quotidien.

TF1/LCI Villepin Affaire Clearstream

Nouveau rebondissement dans l'Affaire Clearstream. Le président Jacques Chirac a démenti "catégoriquement" vendredi en début d'après-midi, dans un communiqué, "avoir demandé la moindre enquête visant des personnalités politiques" en liaison avec l'affaire Clearstream.

Les juges Pons et Huy cherchent à identifier un mystérieux corbeau qui a faussement accusé des personnalités, dont Nicolas Sarkozy, d'avoir des comptes occultes à l'étranger, via la société financière Clearstream, accusée d'être un centre de dissimulation de transactions financières. Or Le Monde daté de samedi relate que les juges d'instruction ont saisi au domicile de Philippe Rondot une fiche rédigée à l'issue de la réunion du 9 janvier 2004, par le général, alors conseiller pour les affaires de renseignement au ministère de la Défense, dans lequel il écrit : "enjeu politique : N. Sarkozy. Fixation sur N. Sarkozy (ref. conflit J. Chirac/N. Sarkozy)". Le général Rondot aurait déclaré aux juges que "lors de cette réunion, Dominique de Villepin n'a pas découvert l'affaire" et que "le nom de M. Sarkozy a été évoqué" comme un possible bénéficiaire d'un compte à l'étranger en lien avec la société de finance Clearstream.

Le nom de Nicolas Sarkozy sur un listing de Clearstream

Selon Le Monde, le général Rondot a affirmé aux juges avoir reçu l'ordre de Dominique de Villepin, sur instruction de Jacques Chirac, de mener une enquête confidentielle sur Nicolas Sarkozy dont le nom figurait sur le listing de Clearstream. Toujours selon le général Rondot, la réunion du 9 janvier 2004 s'est déroulée au quai d'Orsay, Dominique de Villepin étant alors ministre des Affaires étrangères. C'est à cette occasion qu'un proche de Dominique de Villepin, Jean-Louis "Gergorin a sorti de sa poche intérieure de veste un papier" correspondant à une liste de titulaires de comptes bancaires chez Clearstream. Actuel vice-président exécutif du groupe européen EADS, Jean-Louis Gergorin a été soupçonné d'être le délateur du dossier Clearstream, ce qu'il a toujours nié.

"M. de Villepin m'a alors fait part des instructions qu'il avait reçues au sujet de cette affaire des listings Clearstream de la part de Jacques Chirac", a déclaré Philippe Rondot aux juges Henri Pons et Jean-Marie d'Huy. Le ministre des Affaires étrangères "lui fit clairement entendre qu'il s'agissait de vérifier la validité de cette liste pour savoir si les personnalités citées possédaient effectivement un compte chez Clearstream".

Les dénégations de Villepin

Mais, interrogé par Le Monde, Dominique de Villepin a déclaré vendredi que "le 9 janvier 2004, je n'ai jamais parlé de Nicolas Sarkozy comme possible bénéficiaire d'un compte bancaire à l'étranger. Je suis formel sur ce point". Une information réitérée dans un communiqué transmis à l'AFP : lors de l'entretien de janvier 2004, "auquel participait Jean-Louis Gergorin", "j'ai naturellement demandé au général Rondot de procéder avec prudence et confidentiellement, en veillant à éviter toute instrumentalisation ou manipulation politique car des noms de personnalités avaient été cités par la presse. Il ne s'agissait en aucun cas de s'intéresser à des personnes mais bien à des réseaux et à des intermédiaires."

Par ailleurs, dans Le Figaro de vendredi, Dominique de Villepin a indiqué avoir, au Quai d'Orsay, lui-même diligenté dès janvier 2004 une enquête à la suite de "rumeurs liées aux frégates de Taiwan". Mais, selon le chef du gouvernement, ce n'est qu'au printemps 2004 que l'affaire a pris "une tournure nouvelle" avec "la mention de personnalités politiques, d'industriels et de responsables du renseignement dans une liste de titulaires de comptes".

Pour sa part, l'informaticien Imad Lahoud, présenté comme un possible protagoniste de l'affaire, a affirmé vendredi par la voix de son avocat qu'il n'était "pas l'auteur des manipulations" ni "le corbeau". Lors d'une conférence de presse à Paris en présence de l'informaticien, Me Olivier Pardo a déclaré que son client "dans le cadre de ses missions pour la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) n'a ni manipulé, ni trafiqué, ni travesti aucun fichier". Imad Lahoud lui-même s'est contenté d'une courte déclaration, refusant de répondre à la moindre question. "Depuis plus d'un an, mon nom a été cité comme l'auteur ou ayant participé à une manipulation dans l'affaire dite Clearstream. J'entends aujourd'hui faire les rectifications nécessaires et ce, sans compromettre le secret de la défense et dans le souci de laisser la procédure judiciaire se dérouler normalement", a-t-il dit, ajoutant qu'il "réservait toute autre déclaration à la justice française".

(D'après AFP)

Image LCI. Dominique de Villepin vendredi matin.

le 28 avril 2006 à 11:41
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