
La traque du mystérieux "corbeau" de l'affaire Clearstream dans les milieux politiques provoque désormais des remous jusqu'au sommet de l'Etat. "On entend aujourd'hui certaines spéculations et des amalgames inacceptables : tout cela est choquant", a déclaré jeudi matin Dominique de Villepin dans un communiqué, qui ne cite pas explicitement l'affaire Clearstream. Le Premier ministre "souhaite que toute la lumière soit faite sur l'affaire des dénonciations calomnieuses", affirme toutefois ce communiqué, précisant qu'il "s'agit de faire droit aux personnes qui ont été injustement citées et qui se sentent légitimement blessées".
Le chef du gouvernement rappelle que "toutes les conclusions portées à sa connaissance en tant que ministre de l'Intérieur ont été transmises à l'époque et à sa demande aux autorités judiciaires". Il "souhaite que la justice puisse faire sereinement son travail", affirmant ne pouvoir "accepter les rumeurs et les procès d'intention visant l'Etat, les institutions et les services de renseignement". Des personnalités du monde politique et économique ont été faussement accusées par un "mystérieux corbeau" d'avoir des comptes occultes à l'étranger via la société financière Clearstream, soupçonnée d'être un centre de dissimulation de transactions financières.
"Aucun procès d'intention à quiconque"
Mercredi, Michèle Alliot-Marie a démenti les informations de L'Express selon lesquelles elle aurait su depuis 2003 ou 2004 que l'affaire Clearstream était une manipulation et d'avoir couvert l'affaire. La ministre de la Défense a évoqué une confusion sur des enquêtes liées à l'envoi anonyme de deux listings de personnalités distincts censés émaner de la société financière luxembourgeoise.
Dans Le Monde daté du 28 avril Nicolas Sarkozy déclare, de son côté, faire confiance à la justice pour élucider la manipulation le visant. "Quand il a été avéré que c'était une manipulation, je me suis constitué partie civile parce que je fais confiance à la justice", explique-t-il. "Je ne ferai pas d'autre commentaire, ni aucun procès d'intention à quiconque", précise-t-il au sujet des accusations portées contre Michèle Alliot-Marie.
Sarkozy a parlé de l'affaire Clearstream avec Villepin |
Le ministre de l'Intérieur a affirmé avoir évoqué l'affaire Cleastream avec Dominique de Villepin lors d'un déjeuner jeudi. Le Premier ministre "m'a ce qu'il allait dire dans le Figaro demain" au sujet de Clearstream et "je lui en suis reconnaissant", a dit M. Sarkozy. Dans des propos rapportés par Le Figaro vendredi, M. de Villepin parle de ceux qui ont été "injustement cités" dans l'affaire Clearstream et donc "légitimement blessés". "Il a eu raison de le dire", a affirmé M. Sarkozy."J'ai été informé par Dominique Perben (ndlr: Garde des Sceaux à l'époque où l'affaire Cleastream a éclaté en 2004) que j'était suspecté" mais "j'aurais aimé être informé qu'on savait que je n'avais pas à être suspecté", a-t-il ajouté. "La justice a montré que c'était une manipulation. Maintenant, chacun sait que je n'ai jamais eu un compte à l'étranger et c'est ça qui comptait", a également affirmé M. Sarkozy. (AFP) |
Photo : Dominique de Villepin (archives DR)
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