Clearstream: Villepin a lui-même diligenté une enquête

le 28 avril 2006 à 07h26 , mis à jour le 28 avril 2006 à 09h01

L'affaire Clearstream connaît un nouveau développement avec les déclarations dans Le Figaro de ce vendredi de Dominique de Villepin. Le Premier ministre indique avoir lui-même diligenté dès janvier 2004, une enquête à la suite de "rumeurs liées aux frégates de Taiwan", alors qu'il était encore au Ministère des Affaires étrangères.

TF1/LCI Dominique de Villepin CPE

"C'est une affaire que je prends très au sérieux car elle touche à l'Etat et à la sécurité nationale. Elle met en cause injustement des personnalités du monde administratif, politique et économique. Il est légitime qu'elles se soient senties blessées par de telles accusations" a déclaré Dominique de Villepin au Figaro.

"Deux temps dans cette affaire"

Interrogé par la rédaction du quotidien sur l'existence d'un listing où apparaît le nom de Nicolas Sarkozy et d'autres hommes politiques, Dominique de Villepin explique:"Il y a deux aspects et deux temps dans cette affaire. D'abord le problème de la moralisation des grands contrats et de la lutte contre les réseaux mafieux internationaux. Ministre des Affaires étrangères, j'étais en charge du respect de l'accord OCDE signé à l'initiative du président de la République, en janvier 2000".

"Informé de rumeurs liées aux frégates de Taïwan, avec des conséquences diplomatiques importantes à la clé, j'ai demandé au général Rondot (conseiller pour les affaires de renseignement au ministère de la Défense, NDLR), l'un des meilleurs experts des renseignements et de la lutte anti-terroriste, de faire procéder aux vérifications nécessaires en janvier 2004", ajoute-t-il. "Aucune information précise n'a pu être recueillie à l'appui de ces rumeurs. Aucun document d'étape ne m'a été remis et les conclusions m'ont été présentées verbalement à l'automne 2004", affirme Dominique de Villepin. Il n'était toutefois alors plus au Quai d'Orsay mais ministre de l'Intérieur, fonction occupée de mars 2004 à mai 2005.  "Vérifications à la DST"

Les investigations du général Rondot ont conduit aux perquisitions récentes des juges du pôle financier de Paris Jean-Marie d'Huy et Henri Pons au ministère de la Défense, y compris dans le bureau de Michèle Alliot-Marie. La ministre de la Défense a démenti formellement mercredi avoir été "au courant de l'affaire et l'avoir couverte", évoquant une "confusion" entre deux dossiers.

Selon Dominique de Villepin, ce n'est qu'au printemps 2004 que l'affaire a pris "une tournure nouvelle" avec la mention par un mystérieux corbeau "de personnalités politiques (dont M. Sarkozy, NDLR), d'industriels et de responsables du renseignement dans une liste de titulaires de comptes" occultes à l'étranger, via la société financière Clearstream. En tant que ministre de l'Intérieur, il a été "amené à demander des vérifications à la DST", qui "a conclu à l'absence d'éléments concrets et probants sur les auteurs de cette manipulation".

(D'après AFP)

Image LCI. Dominique de Villepin.

le 28 avril 2006 à 07:26
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