
L'attaque a été commise mardi vers 22 heures 30: un commando d'une dizaine de personnes est arrivé fortement armé dans la brasserie "les Marronniers", dans le quartier tranquille des Chutes-Lavie à l'est de la ville et a ouvert le feu sur ses occupants. Une vingtaine de projectiles ont été retrouvés sur place. Deux hommes sont morts sur les lieux, le troisième est décédé dans la nuit après son transfert dans un hôpital marseillais, où il avait été placé en réanimation. Un autre homme, blessé au pied par le ricochet d'une balle a été transporté à l'hôpital de la Conception à Marseille, après avoir été entendu par le police, ont indiqué les marins-pompiers de la ville.
Trafic international de drogue
L'un d'eux était Farid Berrhama, fiché au grand banditisme et libéré en août 2005 de la prison de Luynes (Bouches-du-Rhône) où il était en détention provisoire pour trafic international de drogue. Né en 1966, Berrhama avait été mis en examen pour association de malfaiteurs et trafic de drogue, accusé de faire partie du réseau Topaze, impliqué dans un trafic de cocaïne et de cannabis, aux côtés du parrain marseillais Francis Vanverberghe, dit "Le Belge", assassiné en 2000 à Paris. Il était également soupçonné d'avoir organisé l'élimination d'une demi-douzaine de concurrents dans le milieu des machines à sous.
Les deux autres victimes, Baha Allouane et Eddy Djendelli, avaient également un casier judiciaire sans être cependant considérés comme des caïds du milieu. Ils semblent avoir été les lieutenants de Berrhama, a-t-on précisé de source proche de l'enquête.
"Un repaire du banditisme marseillais"
Selon des habitants du quartier interrogés par l'AFP, la brasserie "Les Marroniers" a une réputation sulfureuse. "C'est un café connu comme un repaire du banditisme marseillais depuis des années. En 1965, il y avait une descente de police une semaine sur trois. Des truands venaient y jouer des parties de poker ou s'y rencontrer. En 1991, le bar était sous surveillance constante de la police", raconte un commerçant qui estime cependant que l'actuel propriétaire a fait changer les choses.
Une opinion guère partagée par d'autres habitants: "Ce qui est arrivé n'est pas très surprenant. Il y avait un ballet constant de gens de 30 à 40 ans qui étaient toujours en Golf, en Mercedes ou en BMW mais ne travaillaient pas, on se doutait qu'ils étaient impliqués dans des choses pas très légales", remarque un des habitants sous couvert d'anonymat. Un autre évoque une descente de police très récente. Les employés des Marronniers n'ont pas voulu s'exprimer.
Le propriétaire de la brasserie, qui a souhaité garder l'anonymat, estime quant à lui que la fusillade aurait pu être plus meurtrière. Les victimes regardaient le match de foot Milan AC/Lyon quand elle a éclaté. "On a eu de la chance que le match soit diffusé sur une chaîne accessible à tous (TF1). Du coup, beaucoup de gens sont restés chez eux pour le regarder", a-t-il déclaré.
Cinq hommes placés en garde à vue
Berrhama a été retrouvé porteur d'un pistolet automatique Glock, arme répandue dans le milieu. Il n'a pas eu le temps de s'en servir et s'est réfugié derrière le comptoir où il a été achevé, selon une source policière. Selon une source judiciaire, cinq hommes ont été interpellés dans l'hôpital où a été transporté un des blessés, décédé dans la nuit. Il semblerait qu'il s'agisse de proches de la victime mais les policiers n'excluent aucune piste car l'un d'eux était habillé d'un treillis rappelant la tenue des auteurs de la fusillade. Les cinq hommes ont été placés en garde à vue.
Le 3 octobre 1978, une expédition punitive semblable à Marseille, contre le bar du Téléphone, avait fait dix morts. En 1973, quatre personnes avaient été tuées dans des circonstances similaires dans le bar Tanagra sur le Vieux-Port.
Brasserie Les Marronniers à Marseille, image LCI.
(D'après AFP)
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