Comment la police pourchasse les casseurs

le 04 avril 2006 à 07h00 , mis à jour le 04 avril 2006 à 22h20

Pistolets à peinture et caméras font désormais partie de l'arsenal des forces de l'ordre pour permettre l'identification des personnes violentes ou délinquantes lors de manifestations.

TF1/LCI : manifestation contre le CPE à Paris : CRS prêt à tirer... pour pouvoir les identifier et les arrêter plus facilement, les incidents se poursuivent... © DR

Les anti-CPE étaient à nouveau dans la rue mardi. Avec dans leur sillon, des casseurs ou "JV" (jeunes violents), comme les appellent les RG. Des milliers de policiers et CRS étaient sur le qui-vive pour éviter tout débordement de violences lors de cette nouvelle journée de manifestation. Outre les contrôles préventifs sur les fauteurs de troubles potentiels pour les empêcher de rejoindre la manif et l'insertion de policiers en civil dans les cortèges, des pistolets à peinture et des caméras font désormais partie de l'arsenal des forces de l'ordre.

Le paint-ball, parfois improprement appelé "pepper ball", projette des cartouches emplies de peinture indélébile sur des personnes qui ne peuvent être arrêtées immédiatement. Celles-ci, même après leur fuite, peuvent de la sorte être identifiées et leur présence sur les lieux des incidents prouvée. Au moins deux jeunes gens ont ainsi été "victimes" de ce nouvel instrument, en marge de la manifestation anti-CPE de jeudi 23 mars. Il s'agissait d'un lycéen qui s'était livré à des dégradations aux abords de la Sorbonne et d'un autre jeune qui venait de lancer une bonbonne de gaz au milieu d'un barrage en flammes. Tous deux ont été maculés de peinture verte qui a permis de les retrouver et de les confondre devant la justice.

La vidéo joue également un rôle important dans ce domaine. Les services de police et de gendarmeries sont munis de caméras, embarquées dans leurs véhicules, mais aussi tenues en main qui permettent de filmer une scène de violences et d'en fixer les traits des protagonistes. Une autre "arme" avait un temps fait l'objet d'un projet qui n'avait finalement pas été retenu par crainte de choquer l'opinion : un filet qui, projeté par un lanceur au-dessus d'un groupe de personnes, les emprisonne dans ses mailles et permet de les interpeller sans violence physique.

Photo : CRS prêt à tirer avec son paint-ball (mardi dernier)

le 04 avril 2006 à 07:00
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