François Hollande s'entretenant avec les organisations étudiantes sur le CPELe Parti socialiste cherche à mettre le gouvernement et la majorité au pied du mur, refusant de demander la démission de Dominique de Villepin ou d'avancer ses propres propositions sur l'emploi des jeunes pour ne pas lui ouvrir de porte de sortie autre que l'abrogation du CPE. "Oui ou non, vont-ils abroger ce texte qui est condamné ? C'est la seule question qui se pose", a insisté jeudi le porte-parole du PS Julien Dray, alors que les parlementaires doivent achever vendredi leurs entretiens avec les syndicats de salariés et de jeunes anti-CPE. Seul le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon (gauche du parti) s'est démarqué de cette ligne: "Dominique de Villepin doit s'en aller puisqu'il a provoqué une crise qu'il est incapable de régler par ses propres moyens".
Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, et le numéro un du parti François Hollande, ont entonné le même air que Julien Dray. "L'UMP est au pied du mur" et "demain, elle devra dire ce qu'elle va faire", a déclaré Jean-Marc Ayrault. Le PS accentue ainsi sa pression pour l'abrogation alors que le Premier ministre, tout en étant partiellement dessaisi du dossier, a réaffirmé lors de sa conférence de presse vouloir défendre "l'outil" CPE et accroître "la flexibilité" des entreprises. François Hollande a jugé que Dominique de Villepin, "au lieu d'apaiser, inquiète et complique". "D'ici le 17 avril", date des vacances parlementaires, "il faut en avoir terminé avec le CPE", a-t-il répété.
La responsabilité de l'instauration du CPE "est collective"

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Les socialistes s'appuient sur l'exigence unanime des syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens, qui font de l'abrogation du CPE un préalable à l'ouverture de négociations sur l'emploi des jeunes. Les dirigeants du PS ont d'ailleurs reçu jeudi sept organisations syndicales et "une totale convergence de vues" s'est dégagée, selon l'entourage de François Hollande. Pas question pour le PS de demander la démission de Dominique de Villepin. D'abord, font-ils valoir, la responsabilité de l'instauration du CPE "est collective", appartenant à toute la majorité, et Nicolas Sarkozy est "l'initiateur de ce contrat". Ensuite, "l'unité syndicale s'est faite sur le CPE, pas sur la démission de Villepin". Enfin, ce serait l'aveu que le mouvement anti-CPE est politique. "C'est un piège dans lequel nous ne tomberons pas", a affirmé Julien Dray.
Pas question non plus d'"ouvrir une porte de sortie" au gouvernement en avançant des propositions détaillées sur l'emploi des jeunes. "Nous ne voulons pas que le gouvernement se serve d'un débat avec le PS pour diviser le mouvement entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre" les propositions des uns et des autres, a affirmé Julien Dray. Alors qu'il avait d'abord prévu de préciser ses propres propositions, le PS estime aujourd'hui qu'il est urgent d'attendre. "Nous avons convenu qu'il ne fallait pas aller trop vite pour ne pas donner la possibilité au gouvernement d'esquiver la question qui est posée: l'abrogation du CPE", a rapporté Julien Dray.
Photo d'ouverture : François Hollande s'entretenant avec les organisations étudiantes sur le CPE - DR
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