Pas de CPE avant le nouveau CPE

Par Par C.A. avec AFP, le 02 avril 2006 à 19h14 , mis à jour le 02 avril 2006 à 22h02

Le ministère de la Cohésion sociale a annoncé dimanche qu'aucun formulaire de contrat-type pour CPE ne serait imprimé. Il n'y aura donc pas de contrat du genre avant que les parlementaires UMP n'en concoctent une nouvelle mouture. Cela pourrait prendre plusieurs semaines, mises à profit pour renouer le dialogue avec les syndicats.

tf1.fr, lci.fr

Le CPE est verrouillé, et cela fait rire certains députés sarkozystes : "en réalité, il est bel et bien suspendu, mais on ne le dit pas pour ne pas vexer Villepin!", ironise l'un d'eux.

De fait, le CPE est inapplicable, le ministère de la Cohésion sociale ayant confirmé qu'il n'y aurait pas de publication d'un  arrêté précisant le contrat-type, contrairement à ce qui avait été fait pour le  contrat nouvelle embauche, mis en oeuvre en août. Il sera par conséquent impossible de signer un CPE avant la nouvelle formule sur laquelle vont plancher les parlementaires UMP, aiguillonnés par Nicolas Sarkozy.

Pas de nouveau texte avant mai ?

Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée, a été chargé avec son homologue au Sénat, Josselin de Rohan, de rédiger une proposition législative pour réformer le CPE, comme l'a souhaité Jacques Chirac. Selon Bernard Accoyer, la texte ne devrait pas être déposé avant "plusieurs semaines". "Vraisemblablement" pas avant début mai, a-t-il même précisé dimanche sur Radio J.

Selon une source proche de l'UMP, cette proposition de loi devrait être "plus globale" que le simple CPE et porter sur deux sujets essentiels: comment faciliter l'emploi des jeunes, comment lutter contre la précarité.

"De toute façon, il n'y a pas d'urgence sur le CPE, puisqu'il y a un consensus pour que celui-ci ne soit pas appliqué", comme Jacques Chirac lui-même l'a demandé tout en promulguant la loi sur l'égalité des chances, dont le CPE n'est qu'un (le 8è) des 52 articles.

L'urgence : renouer le dialogue

En attendant, les députés UMP vont donc s'atteler à une première tâche: "renouer le dialogue" avec les responsables syndicaux, comme l'a indiqué dimanche Bernard Accoyer. "Nous n'avons pas assez parlé avec les partenaires sociaux", a-t-il reconnu. "C'est pour cela que je veux les rencontrer" et que ça aille "le plus vite possible", a-t-il ajoutant, en promettant de donner "tout le temps qu'il faudra au dialogue social".

"La rigidité est devenue une cause du chômage et toute la logique du gouvernement, du CPE, est d'introduire ce qui a été introduit dans tous les pays européens: de la flexibilité. Il y a une crispation, parlons-en", a-t-il reconnu.

Selon une source proche de l'UMP, Bernard Accoyer s'apprête à constituer un "petit groupe de députés" avec lesquels il recevra les responsables syndicaux et qui travaillera "en étroite collaboration" avec Nicolas Sarkozy. Devraient en faire partie : Dominique Paillé, proche de M. Sarkozy, Jean-Paul Anciaux, proche du ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo, et Jean-Louis Warsmann, proche de Jacques Chirac.

Contacts officieux avec les syndicats

Sarkozy et Accoyer ont chacun de leur côté pris de premiers contacts - qualifiés d'officieux en attendant la journée nationale d'actions de mardi. Nicolas Sarkozy s'est notamment entretenu par téléphone samedi soir avec Jean-Claude Mailly, le patron de FO, et Bernard Thibaut (CGT) dimanche matin. Samedi, il avait également eu des contacts avec les autres responsables : Bruno Julliard (Unef), François Chérèque (CFDT), Jacques Voisin (CFTC), Jean-Louis Walter (CFE-CGC). Bernard Accoyer s'est aussi entretenu avec eux. Mardi, après la réunion hebdomadaire du groupe des députés UMP, il écrira à ces responsables syndicalistes une lettre officielle d'invitation.

Nicolas Sarkozy réunira lundi soir une commission exécutive extraordinaire de l'UMP. Lundi également, mais cette fois sous sa casquette de ministre de l'Intérieur, il recevra à nouveau les responsables syndicalistes étudiants, à la veille des manifestations prévues mardi dans toute la France.

Par Par C.A. avec AFP le 02 avril 2006 à 19:14
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13 Commentaires

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  • Florentin, le 03/04/2006 à 12h19

    La France est un bateau ivre, qui se pilote à vue et à la petite semaine, tous ses instuments de navigation étant H.S. Mr Chirac et De Villepin ne peuvent que zigzager. Pendant ce temps, nos voisins européens et d'autres démocraties (dites développées) ont parfaitement négocié le virage de la mondialisation. Pas nous... Ici, il ne reste plus qu'à attendre de se faire gober tout cru par l'Inde et la Chine, ce qui est inéluctable à court ou moyen terme. Car on ne pourra pas tenir longtemps la dragée-haute avec des Airbus, du Camembert, et un peu de haute-couture. Ni avec un Etat faillitaire et une armée tirée à 4 épingles mais tombée en désuetude.

  • GA, le 03/04/2006 à 11h32

    Bravo Mr Chirac, Bravo d'avoir reussi a passer la patate chaude du CPE a Sarko ! en esperant qu'il se brule les plumes. L'autre ambitieux n'a rien vu venir. Encore Bravo.

  • Caussieu, le 03/04/2006 à 09h58

    Il n'est pas normal que N. Sarkozy veuille négocier avec les syndicats concernant le CPE. Ce n'est pas son rôle, car ce n'est pas son ministère qui gère les problèmes de l'emploi. Il faut que pour une fois, les syndicats se montrent cohérents, et refusent toute négociation avec Nicolas Sarkozy, car celui-ci n'est pas prêt de céder et ne veut pas non plus le retrait de la loi. Il faut que les syndicats montrent leur autorité en défendant l'avenir de nos jeunes et aillent jusqu'au bout de leur action afin que la loi soit retirer de façon définitive.

  • Dubois Arnaud, le 03/04/2006 à 09h13

    Ah les manoeuvres politiciennes!!! Ce serait quand même beaucoup plus facile si le mot "démocratie" était appliquée dans le vrai sens du terme. Au lieu de résoudre le vrai problème qui est: comment réduire le chômage sans créer plus de précarité, on s'attaque à celui de: qui va réussir à faire passer la pilule amère. Pauvres politiciens, on dirait qu'ils sont tous programmés pour aller droit dans le mur.

  • Joel-yves, le 03/04/2006 à 07h11

    Le dialogue à été coupé par Villepin qui à mis le CPE en avant sans consultation ou avis de quiconque il à voulu l'imposer ? Soutenu par l'état et son parti il est donc inutile de recommencer avec Sarkosy ce qui s'est déjà passé.On change de tête ,de lieux ,l'état veut nous entortiller .Retrait du CPE et le dialogue pourras se faire.

  • Yves Abien, le 02/04/2006 à 23h18

    Désormais c'est officiel: Un CPE peut en cacher un autre.

  • Lili, le 02/04/2006 à 23h01

    CNE, CPE ... la fléxibilité dans l'entreprise existe déjà par le biais des CDD et de l'intérim qui est très coûteux pour les patrons. Les manifestations indiquent une grave perte de confiance des employés vis à vis des patronts car certains d'entre eux n'ont pas besoin de ce genre de contrat pour pratiquer des licenciements abusifs. On nous montre en exemple d'autres pays comme l'Angleterre où le contrat de travail est oral, mais cela ne fait pas partie de nos us et coutumes, pour se loger les jeunes sont en co-location (très marrant je n'en doute pas) très anglo saxon dans l'esprit (vive "friends")mais pas franchouillards du tout. En France on vote une loi que l'on passe en force avec le 49-3 et après on veut bien discuter puisqu'on est tellement abrutis qu'il faut nous expliquer le texte voire le corriger puisqu'en plus on est pas content. Mais je n'ai pas entendu un seul parti opposé à ces contrats proposer de les abroger s'il était élu en 2007 ! Je suis de plus en plus perplexe quant aux méthodes de nos dirigeants. Et il faudrait en plus leur faire confiance ?

  • Nicolas, le 02/04/2006 à 20h33

    Pauvre gouvernement ,quelle indigence!a la hauteur de la sclerose des syndicats .francais (e),rebellez vous!non pas contre ce cpe qui n est pas le probleme de ce pays mais contre nos aristocrates d etat (enarques)qui depuis vingts ans nous laisse une dette faramineuse et nous ont cache la verite sur la realite economique que bruxelles nous a apporte et qu il serait suicidaire de vouloir s en ecarter.nos bien pensants de gauche (demagogues a cote de a plaque)et nos arrogants de droite nous plonges dans le mur .jpense que certains hommes politiques songent deja a la 6 eme rep.,il est temps que dans ce pays on change nos mentalites sur l argent et ce qu on en fait.si des farouches opposants se signalent ,qu ils se rassurent:nous sommes la plus reussies des societes sovietiques(marx)

  • Alain, le 02/04/2006 à 20h22

    Cela devient comique à la longue, c'est quoi au juste cette mascarade?

  • Pro, le 02/04/2006 à 20h16

    Vive le CPE voila ce que la jeunesse attendait

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