
Le CPE est verrouillé, et cela fait rire certains députés sarkozystes : "en réalité, il est bel et bien suspendu, mais on ne le dit pas pour ne pas vexer Villepin!", ironise l'un d'eux.
De fait, le CPE est inapplicable, le ministère de la Cohésion sociale ayant confirmé qu'il n'y aurait pas de publication d'un arrêté précisant le contrat-type, contrairement à ce qui avait été fait pour le contrat nouvelle embauche, mis en oeuvre en août. Il sera par conséquent impossible de signer un CPE avant la nouvelle formule sur laquelle vont plancher les parlementaires UMP, aiguillonnés par Nicolas Sarkozy.
Pas de nouveau texte avant mai ?
Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée, a été chargé avec son homologue au Sénat, Josselin de Rohan, de rédiger une proposition législative pour réformer le CPE, comme l'a souhaité Jacques Chirac. Selon Bernard Accoyer, la texte ne devrait pas être déposé avant "plusieurs semaines". "Vraisemblablement" pas avant début mai, a-t-il même précisé dimanche sur Radio J.
Selon une source proche de l'UMP, cette proposition de loi devrait être "plus globale" que le simple CPE et porter sur deux sujets essentiels: comment faciliter l'emploi des jeunes, comment lutter contre la précarité.
"De toute façon, il n'y a pas d'urgence sur le CPE, puisqu'il y a un consensus pour que celui-ci ne soit pas appliqué", comme Jacques Chirac lui-même l'a demandé tout en promulguant la loi sur l'égalité des chances, dont le CPE n'est qu'un (le 8è) des 52 articles.
L'urgence : renouer le dialogue
En attendant, les députés UMP vont donc s'atteler à une première tâche: "renouer le dialogue" avec les responsables syndicaux, comme l'a indiqué dimanche Bernard Accoyer. "Nous n'avons pas assez parlé avec les partenaires sociaux", a-t-il reconnu. "C'est pour cela que je veux les rencontrer" et que ça aille "le plus vite possible", a-t-il ajoutant, en promettant de donner "tout le temps qu'il faudra au dialogue social".
"La rigidité est devenue une cause du chômage et toute la logique du gouvernement, du CPE, est d'introduire ce qui a été introduit dans tous les pays européens: de la flexibilité. Il y a une crispation, parlons-en", a-t-il reconnu.
Selon une source proche de l'UMP, Bernard Accoyer s'apprête à constituer un "petit groupe de députés" avec lesquels il recevra les responsables syndicaux et qui travaillera "en étroite collaboration" avec Nicolas Sarkozy. Devraient en faire partie : Dominique Paillé, proche de M. Sarkozy, Jean-Paul Anciaux, proche du ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo, et Jean-Louis Warsmann, proche de Jacques Chirac.
Contacts officieux avec les syndicats
Sarkozy et Accoyer ont chacun de leur côté pris de premiers contacts - qualifiés d'officieux en attendant la journée nationale d'actions de mardi. Nicolas Sarkozy s'est notamment entretenu par téléphone samedi soir avec Jean-Claude Mailly, le patron de FO, et Bernard Thibaut (CGT) dimanche matin. Samedi, il avait également eu des contacts avec les autres responsables : Bruno Julliard (Unef), François Chérèque (CFDT), Jacques Voisin (CFTC), Jean-Louis Walter (CFE-CGC). Bernard Accoyer s'est aussi entretenu avec eux. Mardi, après la réunion hebdomadaire du groupe des députés UMP, il écrira à ces responsables syndicalistes une lettre officielle d'invitation.
Nicolas Sarkozy réunira lundi soir une commission exécutive extraordinaire de l'UMP. Lundi également, mais cette fois sous sa casquette de ministre de l'Intérieur, il recevra à nouveau les responsables syndicalistes étudiants, à la veille des manifestations prévues mardi dans toute la France.
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