
Le CPE va être remplacé mais ici et là, certains lycéens et étudiants, épaulés par des syndicats de salariés, ont tenté mardi de continuer leur "combat" : baroud d'honneur pour les uns, tentative d'élargir le mouvement de contestation au CNE et l'intégralité de la loi sur l'Egalité des chances pour les autres...Des revendications résumées pêle-mêle dans des slogans comme celui en tête de la manifestation parisienne : "Ni chair à canon, ni chair à patrons, les jeunes emmerdent le gouvernement. Virons ces racailles, trop méchants".
"Un mouvement comme celui-là ne s'arrête pas tout simplement parce qu'on a gagné, mais il y avait d'autres revendications derrière le CPE", a expliqué Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l'Education. "La grande majorité des lycéens et étudiants veulent reprendre les cours et c'est normal, ça ne veut pas dire que le soufflé retombe", a-t-il affirmé, jugeant que "l'expérience de l'action a été positive" et qu'"il y a un fond revendicatif réel".
"Contre le CNE, en grève, en grève"
En attendant le nouveau dispositif qui va remplacer le CPE, ils voulaient maintenir la pression mais la foule n'était pas au rendez-vous. Ainsi à Paris, le cortège reliant la place de la République au carrefour Richelieu-Drouot n'a compté dans ses rangs que quelques centaines de personnes.
Elles étaient venues essentiellement de Paris VI-Jussieu, Paris X-Nanterre, Paris XII-Créteil et Paris XIII-Villetaneuse, et de quelques lycées de la région parisienne. Des militants de Droit devant, de SUD-PTT, de la CNT et de Solidaires s'étaient joints aux jeunes, ainsi qu'une délégation du Snes-FSU et de la CGT.
"Retrait du CNE et de la loi égalité des chances", "Contre le CNE, en grève, en grève!", "Ils veulent exploiter les jeunes dès 14 ans, ils sucrent les allocs de leurs parents, ils font la loi des patrons, à bas, à bas le gouvernement", scandaient les manifestants.
"Les choses rentrent dans la norme"
En province aussi, on a tenté de rester mobilisé bon gré, mal gré. Ainsi à Grenoble, une manifestation a rassemblé dans la matinée entre 1000 et 2000 personnes, selon les sources, aux cris de "CNE, CPE, même combat". Une petite centaine d'entre eux ont occupé brièvement les locaux du Dauphiné Libéré et la station de radio France Bleu Isère. A Strasbourg et Marseille, ils étaient environ 600 à défiler. Près de 800 à Lyon ; entre 1.000 et 1.500 à Clermont-Ferrand. A Perpignan, une jeune fille s'est cassée une jambe en sautant une barrière pour évacuer, sous la pression de la police, les voies ferrées près de la gare, lors d'une manifestation.
A Toulouse, deux groupes d'une centaine d'étudiants ont bloqué la sortie des bus des deux dépôts toulousains pendant près de 4 heures. L'opération a été menée en particulier par des étudiants des Universités du Mirail et Paul Sabatier qui ont voté la poursuite de la grève lundi après-midi. Une manifestation était également prévue dans la Ville rose mardi après-midi.
A Nantes, 150 manifestants, principalement des étudiants en Staps (sport), ont réussi le matin à pénétrer sur le tarmac de l'aéroport Nantes Atlantique avant d'en être délogés trente minutes plus tard. Lundi, les étudiants de Lettres, Sciences humaines et Langues ont voté la poursuite du blocage de l'université.
Vingt-sept universités sur les 62 qui ne sont pas en vacances étaient perturbées mardi mais des cours y avaient lieu et quatre autres étaient fermées ou bloquées, selon le ministère de l'Education nationale. Les quatre universités bloquées ou fermées sont : Grenoble II et III, Montpellier III et Toulouse II. "Les choses rentrent dans la norme à peu près partout", a déclaré le ministre de l'Education Gilles de Robien.
(La manifestation à Paris mardi après-midi/TF1/LCI)
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