© TF1" Le CPE est mort ". Edouard Balladur n'a pas mâché ses mots ce matin sur Europe 1. Selon l'ancien Premier ministre, il est "mort" parce que "un, on ne l'applique pas, deux, on décide de le modifier très profondément". Il a ajouté que n'existant plus "dans sa forme actuelle", il fallait "remplacer le CPE par quelque chose qui en conserve les avantages et qui en fasse disparaître les inconvénients". C'est à cette tâche très difficile que vont s'atteler maintenant les parlementaires UMP.
Car après le désaveu de Dominique de Villepin et de sa méthode, c'est le parti majoritaire et son président Nicolas Sarkozy qui sont chargés de dénouer la crise sociale. " Le Premier ministre bis " comme le surnomme Le Parisien de lundi matin devait réunir en début de soirée son parti pour donner la feuille de route des prochains jours. Dès ce week-end, Nicolas Sarkozy a téléphoné aux leaders syndicaux pour leur expliquer sa démarche. Il veut peser de tout son poids dans le numéro d'équilibrisme annoncé : lâcher un maximum de lest pour sortir au plus vite de l'impasse, quitte à vider le CPE de sa substance. Comme l'explique ce matin Patrick Devedjian, un proche du ministre de l'Intérieur, " la motivation écrite en cas de licenciement est un sujet de débat (NDLR : une modification toujours refusée par Dominique de Villepin). Il n'y a pas lieu de s'arc-bouter sur cette affaire ".
"Renouer le dialogue"
De leur côté, les groupes UMP du Sénat et de l'Assemblée nationale doivent préparer pour début mai une proposition de loi modifiant les deux points contestés du dispositif : la période d'essai de deux ans et les modalités de rupture du contrat. Ils souhaitent en préalable engager des "discussions approfondies" avec les partenaires sociaux et les organisations lycéennes et étudiantes. Le patron des députés UMP Bernard Accoyer, a invité les syndicats à le rencontrer dans le courant de la semaine prochaine afin "de renouer le dialogue". Une lettre "leur sera adressée à l'issue de la réunion hebdomadaire du groupe UMP mardi. L'idée serait de confiée cette négociation à un petit groupe de députés UMP représentant " l'aile sociale " de la majorité.
Très affaibli, le Premier ministre n'entend toutefois pas " baisser les bras " comme il l'a confié dimanche au JDD. Ainsi a-t-il convié ce matin un séminaire gouvernemental pour " fixer le cap des prochains mois ". Les ministres n'ont fait aucune déclaration à la sortie de la réunion. Lors de sa conférence de presse mensuelle, probablement jeudi, il pourrait aborder la question d'un " service public plus performant ", de liens renforcés entre l'université et l'emploi ou encore d'une réforme de l'orientation.
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