
Après plus de deux mois de crise autour du contrat première embauche, ce lundi pourrait s'avérer décisif, avec la présentation de la proposition de loi élaborée par la majorité et l'exécutif, face à des syndicats qui sentent le contrat première embauche au bord de la disparition. Après une réunion au sommet de 9 à 10 heures entre le Président de la République, le Premier ministre et de nombreux responsables de la majorité, Jacques Chirac a annoncé sa décision "de remplacer l'article 8 (CPE) de la loi sur l'égalité des chances par un dispositif en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté". A 10h30, le Premier ministre devait prononcer une allocution depuis Matignon pour préciser les détail de cette mesure.
Dès dimanche, François Fillon déclarait sur Europe 1 que le CPE serait " remplacé " par un nouvel outil, faisant allusion aux contrats '"jeunes en entreprise", Civis et contrats de professionnalisation. Cette proposition de loi pourrait être discutée dès mardi à l'Assemblée et votée en fin de semaine.
"Un retrait clair"
En effet, le temps presse pour la majorité confrontée à l'ultimatum des organisations syndicales qui lui ont donné jusqu'au 17 avril (date des vacances parlementaires) pour voter une loi abrogeant le CPE. Abrogation, suspension ou substitution : les syndicats refusent de rentrer dans les arcanes sémantiques, pressant eux aussi le gouvernement de délivrer un message clair et menaçant dans le cas contraire de poursuivre la mobilisation.
"Ce que l'on veut, c'est que le CPE disparaisse et qu'il ne s'applique jamais (...) abrogation ou retrait, la solution est la même", estime François Chérèque (CFDT). "S'il y a pas d'annonce claire d'un retrait, quel que soit le terme employé (...), ça veut dire que le gouvernement joue la montre", explique pour sa part Bruno Julliard (Unef).
Nouvelles actions
Les 12 organisations à la tête du mouvement anti-CPE doivent se retrouver à 16h30 pour décider des éventuelles suites du mouvement. Les opposants au CPE se montrent toutefois plutôt confiants. Sans vouloir vendre la peau de l'ours, ils sentent le CPE au bord du chaos, d'où une certaine confiance, comme chez Maryse Dumas (CGT), pour laquelle "quoi qu'il arrive le gouvernement a perdu: que ce soit la semaine prochaine, dans un mois ou dans deux mois il devra retirer le CPE.".
D'ores et déjà, lycéens et étudiants ont choisi de ne pas laisser retomber la pression malgré le début des vacances scolaires: Unef (étudiants), Fidl et UNL (lycéens) se sont ralliées à l'appel lancé par la oordination étudiante pour organiser une journée d'action mardi. La coordination nationale lycéenne et étudiante, réunie à Lyon, a décidé quant à elle d'organiser de nouvelles journées d'actions, mardi 11, jeudi 13 et mardi 18 avril. A moins d'un retrait total de la loi sur l'égalité des chances.
Photo (AFP) : Chirac, Villepin et Sarkozy à Reims le 30 août 2005
| CPE : une majorité de Français juge la droite responsable du blocage |
Une majorité de Français (57%) estiment que le gouvernement et l'UMP sont les "principaux responsables" du blocage sur le CPE, contre 31% qui désignent les syndicats de salariés et les organisations d'étudiants, selon un sondage Ipsos réalisé pour LCI, le Figaro et RTL. 7% des personnes interrogées pensent que les deux sont responsables. 5% ne se prononcent pas. 57% des Français se déclarent "solidaires" du mouvement de contestation du CPE (22% "tout à fait solidaire" et 35% "plutôt solidaire"), contre 32% qui se disent "pas solidaires" (14% "plutôt pas" et 18% "pas du tout") 9% sont "indifférents" et 2% sans opinion. (Sondage réalisé par téléphone les 7 et 8 avril sur un échantillon de 947 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas). |
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