CPE : réunion au sommet à l'Elysée

le 09 avril 2006 à 19h02 , mis à jour le 10 avril 2006 à 10h20

Le Président a promis lundi matin un "dispositif innovant" en faveur des jeunes en difficulté, à l'issue d'une réunion au sommet à l'Elysée. Dominique de Villepin doit s'exprimer à 10h30 à Matignon pour détailler l'arbitrage de Jacques Chirac. Les syndicats se réuniront à 16h30 pour définir leur position.

Villepin

Après plus de deux mois de crise autour du contrat première embauche, ce lundi pourrait s'avérer décisif, avec la présentation de la proposition de loi élaborée par la majorité et l'exécutif, face à des syndicats qui sentent le contrat première embauche au bord de la disparition. Après une réunion au sommet de 9 à 10 heures entre le Président de la République, le Premier ministre et de nombreux responsables de la majorité, Jacques Chirac a annoncé sa décision "de remplacer l'article 8  (CPE) de la loi sur l'égalité des chances par un dispositif en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté". A 10h30, le Premier ministre devait prononcer une allocution depuis Matignon pour préciser les détail de cette mesure.

Dès dimanche, François Fillon déclarait sur Europe 1 que le CPE serait " remplacé " par un nouvel outil, faisant allusion aux contrats '"jeunes en entreprise", Civis et contrats de professionnalisation. Cette proposition de loi pourrait être discutée dès mardi à l'Assemblée et votée en fin de semaine.

"Un retrait clair"

En effet, le temps presse pour la majorité confrontée à l'ultimatum des organisations syndicales qui lui ont donné jusqu'au 17 avril (date des vacances parlementaires) pour voter une loi abrogeant le CPE. Abrogation, suspension ou substitution : les syndicats refusent de rentrer dans les arcanes sémantiques, pressant eux aussi le gouvernement de délivrer un message clair et menaçant dans le cas contraire de poursuivre la mobilisation.

"Ce que l'on veut, c'est que le CPE disparaisse et qu'il ne s'applique jamais (...) abrogation ou retrait, la solution est la même", estime François Chérèque (CFDT). "S'il y a pas d'annonce claire d'un retrait, quel que soit le terme employé (...), ça veut dire que le gouvernement joue la montre", explique pour sa part Bruno Julliard (Unef).

Nouvelles actions

Les 12 organisations à la tête du mouvement anti-CPE doivent se retrouver à 16h30 pour décider des éventuelles suites du mouvement. Les opposants au CPE se montrent toutefois plutôt confiants. Sans vouloir vendre la peau de l'ours, ils sentent le CPE au bord du chaos, d'où une certaine confiance, comme chez Maryse Dumas (CGT), pour laquelle "quoi qu'il arrive le gouvernement a perdu: que ce soit la semaine prochaine, dans un mois ou dans deux mois il devra retirer le CPE.".

D'ores et déjà, lycéens et étudiants ont choisi de ne pas laisser retomber la pression malgré le début des vacances scolaires: Unef (étudiants), Fidl et UNL (lycéens) se sont ralliées à l'appel lancé par la oordination étudiante pour organiser une journée d'action mardi. La coordination nationale lycéenne et étudiante,  réunie à Lyon, a décidé quant à elle d'organiser de nouvelles journées d'actions,  mardi 11, jeudi 13 et mardi 18 avril. A moins d'un retrait total de la loi sur l'égalité des chances.

Photo (AFP) : Chirac, Villepin et Sarkozy à Reims le 30 août 2005

CPE : une majorité de Français juge la droite responsable du blocage

Une majorité de Français (57%) estiment que le gouvernement et l'UMP sont les "principaux responsables" du blocage sur le CPE, contre 31% qui désignent les syndicats de salariés et les organisations d'étudiants, selon un sondage Ipsos réalisé pour LCI, le Figaro et RTL. 7% des personnes interrogées pensent que les deux sont responsables. 5% ne se prononcent pas. 57% des Français se déclarent "solidaires" du mouvement de contestation du CPE (22% "tout à fait solidaire" et 35% "plutôt solidaire"), contre 32% qui se disent "pas solidaires" (14% "plutôt pas" et 18% "pas du tout") 9% sont "indifférents" et 2% sans opinion. (Sondage réalisé par téléphone les 7 et 8 avril sur un échantillon de 947 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas).

le 09 avril 2006 à 19:02
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

78 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Une lycéene énervée, le 10/04/2006 à 17h23

    De toute façon, les lycéens ne seront jamais contents : ils sont à l'image de la France qui ne se rend pas compte de la chance qu'elle a comparée à certains pays. Le CPE n'est qu'un prétexte pour se révolter! Dans plusieurs états, un équivalent au CPE est mis en place et pourtant le taux de chômage de la classe d'âge concernée est inférieur à celui de la France, bizarre non?????

  • Launois, le 10/04/2006 à 15h09

    Je me félicites de ce que Jacques Chirac, Dominique de Villepin et les élus de la majorité aient trouver une solution sage permettant de sortir de la crise.Cependant, il faudra bien un jour faire naître le concept de flexibilité professionnelle dans les mentalités.

  • Itou, le 10/04/2006 à 13h32

    La gauche nous a bien expliqué de ne pas voter oui pour l'Europe, car il y avait un plan B. Pour le CPE, c'est pire. Il veulent le retirer mais ne propose rien à la place. Lamentable. La France aujourd'hui se paupérise, car ceux qui veulent gagner de l'argent, s'en vont dans d'autres pays. Il ne restera plus en France que des assités, des indigents. Mais cela a déjà commencé. Prenez Marseille par exemple, capitale des grèves et du nombre de fonctionnaire par habitant. La ville ressemble à une immense cité des banlieue du 93. Le centre ville est sale, voire très sale (Cannebiere, Lieutaud, etc..), les boutiques y sont moches, toutes en train de fermer les unes après les autres. Il y a un j'men foutisme généralisé. Comme Marseille est devenue une ville pauvre, les seules belles boutiques sont à Aix. Les habitants quitte Marseille pour laisser cette ville à ceux qui trainent dans les rues et qui ne gagnent que ce que leur donnent les allocations versées par l'Etat. Aujourd'hui c'est Marseille, demain d'autres villes lui ressembleront. Comme disait J.F.Kennedy, "ne te demande pas ce que l'Etat peut faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour ton pays", et donc pour toi même. Jeunesse !! réveille toi, secoue toi, travaille et soit imaginatif. Créé par toi même.

  • Yann, le 10/04/2006 à 12h28

    Bien, la rue a "gagné" comme on peu le lire ou l'entendre....."grace" aux syndicats et étudiants ultra minoritaires rappelons le. Mais pas de panique, celui qui est en train de gagner c'est Le Pen...... Rendez vous au prochain électro choc électoral de 2007 !!!!!

  • Babette, le 10/04/2006 à 12h21

    J'espére que le gouvernement ne va pas capoter - qu'il change certains thermes je veux bien mais ce CPE ou quelque chose de similaire est bon et il faut qu'il y ai quelque chose de fait pour les jeunes - si rien n'est proposé alors que l'opposition nous propose quelque chose - remarquez quand elle était au pouvoir elle n'a rien fait - facile de critiquer de toute façon en france on est jamais content alors on fait gréve pour un oui ou pour un non n'importe quoi

  • Quand allons-nous changer ?, le 10/04/2006 à 11h59

    Juste pour répondre à Henry-pierre de Douai. Ceux qui sont pro CPE sont en train de bosser, voilà où ils sont !!! Nous ne pouvons manifester comme tous ces fainéants à longueur de journée, de semaine, en se faisant manipuler par des syndicats, qui ne veulent qu'assoir leurs pouvoirs politiques et se foutent pas mal de l'avenir de tous ces jeunes !! Un jeune qui fait son boulot ne sera jamais renvoyé même en CPE alors arrêtons de pleurer avant d'avoir mal et bossons !!

  • Itou, le 10/04/2006 à 11h52

    Bravo la rue. Si maintenant il suffit de casser des voitures pour se faire entendre, on a pas fini d'avoir ce genre de manif pour un oui ou pour un non. Merci à tous les syndicats qui, pour garder leurs privilèges comme au temps de la noblesse, ne veulent surtout rien changer. Car tous ces gens de la RATP, Education nationale, SNCF et autres fonctionnaires qui manifestaien et qui ne sont pas concernés par le CPE, n'expriment qu'une seules et unique chose : PAS DE CHANGEMENT, quitte à ce que les jeunes en patissent. Et qu'ont-ils de mieux aujourd'hui ces jeunes avec le retrait du CPE ? des CDD, des stages, puis des CDD. Comme avant. Ceux qui ont manifestés, et qui ne sont pas en difficultés, ne seront pas concernés par les nouvelles propositions qui s'adressent prioritairement aux jeunes en difficultés, c'est à dire aux gars des banlieues, les mêmes qui cassaient la gueule aux étudiants. C'est ce que l'on appelle la solidarité entre jeunes. Joli gachis, et encore merci aux syndicats.. et bon courage à tous ces jeunes.

  • Magda, le 10/04/2006 à 11h31

    Il faut etre réaliste: ces fameux jeunes etudiants voulaient retirer le CPE car cela impliquait de devoir faire ses preuves pendant 2 ans... Mais c'est tellement plus confortable de faire un mois d'eesai et de se reposer sur ses lauriers!! Et si on se fait prendre, pas grave, pendant 2 ans il y a les assedic qui compatissent et nous permettent de dormir tous les jours jusqu'a midi... C'est vrai que vu comme ca, le CPE c'etait pas une bonne idée. Et du coup en comprend mieux l'acharnement de la CGT et de l'UNEF... Je précise juste: je suis etudiante en eco et gestion ;-) Future expatriée au Canada.

  • Larue, le 10/04/2006 à 11h29

    La rue est le seul moyen de faire connaître au gouvernement qu'il ne fait ce que l'on attend de lui. C'est le seul moyen, actuellement, car ce gouvernement et l'UMP ne sont pas majoritaires dans notre pays, toutes les régions sont à gauche cela veut bien dire ce que cela veut dire. Pour que Chirac soit vainqueur de sa lutte avec sarko, il lui faut appliquer ce que lui avait suggérer de faire, il y quelques années de Villepin, dissoudre cette assemblée non représentative.Sarko serait battu, a moins qu'une promesse de non poursuite judiciaire pour Chirac soit donnée, mais attention au traitre.

  • Jean, le 10/04/2006 à 11h26

    Le gouvernement a cédé, certes, mais sa décision est sage et responsable, elle est en faveur de la population exédée et sûrement pour éviter le pire! Les irresponsables sont : les partis de gauche, les syndicats de salariés et étudiants qui ne respectent pas le suffrages universelle et la constitution et se font un devoir de faire triompher la rue : ce n'est pas la démocratie !!!Le gouvernement a choisi de venir en aide à la jeunesse défavorisée c'est une bonne chose... et laissons ces étudiants gauchistes à leurs futurs déboires ...

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience