Yannick Vallée, premier vice-président de la Conférence des présidents d'université, au cours d'un point presse sur le CPE Les présidents des universités ont lancé jeudi un double appel au gouvernement et aux étudiants pour mettre fin à la crise du CPE. "Y'en a marre. On ne peut pas continuer dans ces conditions-là", s'est exclamé Yannick Vallée, premier vice-président de la Conférence des présidents d'université, au cours d'un point presse. Avant d'en appeler "au pouvoir politique, au gouvernement et au parlement ainsi qu'aux étudiants pour permettre de sortir urgemment de la crise". Car "actuellement pour les examens tout est possible, bientôt rien ne le sera plus". En effet, les rattrapages deviennent problématiques et les vacances de printemps se profilent (dès le 8 avril pour l'Ile-de-France et Bordeaux).
"Il faut arrêter de ménager les susceptibilités, de rester dans le flou. Il faut enfin prononcer le mot que les étudiants et leurs syndicats réclament. Ce mot c'est au gouvernement de le prononcer pas à moi", a-t-il déclaré. Parallèlement, il a appelé "les syndicats étudiants, et l'Unef en priorité, à prendre eux aussi leurs responsabilités, à reprendre les cours dès lundi et à trouver éventuellement d'autres moyens d'action contre le CPE". Et de prévenir : "Nous ne délivrerons aucun diplôme au rabais, ils auront cette année la même valeur que d'habitude".
"La solution la plus catastrophique : les examens repoussés en septembre"
Même inquiétude chez le président de l'université de Rennes 2. "J'ai été hier (mercredi) intervenir à l'Assemblée générale de Rennes 2, devant 200 personnes, le noyau dur du mouvement, et je leur ai dit qu'il fallait prévoir le redémarrage des cours", a déclaré Marc Gontard. La réorganisation des cours va être particulièrement délicate à Rennes 2, première université en France à avoir voté le blocage des cours le 7 février.
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"Les choses n'ont que trop duré et la réponse trop tardé"
Côté proviseurs, le Syndicat des personnels de direction des lycées et collèges (SNPDEN) a appelé, jeudi dans un communiqué, à l'abrogation rapide du CPE. Alertant sur "la gravité de la situation", il a affirmé : "Les établissements ne pourront retrouver le calme que si une issue politique est trouvée à la crise. A ce stade, ni les vacances de printemps, ni l'approche des examens, ni les habiletés sémantiques ou juridiques ne l'apaiseront. Les choses n'ont que trop duré et la réponse trop tardé, elle ne peut plus être aujourd'hui que l'abrogation rapide de l'article 8 de la loi Egalité des chances".
Affilié à l'Unsa, le SNPDEN s'était déjà prononcé contre le CPE mais c'est la première fois qu'il lance un tel appel, s'inquiétant de programmes scolaires qui pourraient rester inachevés. Mais du côté des syndicats étudiants, jeudi, après avoir été reçus par les parlementaires UMP, l'Unef appelait à "la poursuite de la mobilisation" voire à "une intensification des actions", et l'UNL (lycéens) demandait de "maintenir la pression", toutes deux n'ayant vu chez leurs interlocuteurs "aucun signe" positif.
Photo d'ouverture : Yannick Vallée, premier vice-président de la Conférence des présidents d'université, au cours d'un point presse sur le CPE - DR
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