Alors que les actions anti-CPE se sont poursuivies samedi, l'entourage du président annonce une décision pour lundi. "Les présidents de groupe UMP de l'Assemblée nationale et du Sénat", Bernard Accoyer et Josselin de Rohan, "travaillent cette fin de semaine à l'élaboration de leur proposition de loi, en étroite liaison avec le gouvernement, les ministres concernés et les responsables de la majorité. Ils viendront présenter leur proposition au président de la République en présence du Premier ministre lundi matin. La décision sera prise à l'issue de cette réunion".
"Faire le point" sur le CPE
Vendredi dans la soirée, Dominique de Villepin avait été reçu durant une heure par Jacques Chirac à l'Elysée pour "faire le point" sur la crise du CPE. Peu avant, le président de la République s'était entretenu avec les présidents des groupes UMP à l'Assemblée et au Sénat, Bernard Accoyer et Josselin de Rohan, chargés de conduire les entretiens avec les partenaires sociaux, pour lui "rendre compte de l'état d'avancement de leurs travaux", a encore indiqué l'entourage de Jacques Chirac.
Dans une déclaration à l'Assemblée nationale, les deux parlementaires avaient annoncé en fin de journée qu'une "synthèse serait dégagée pour élaborer dans la concertation" une proposition de loi afin de sortir de la crise du CPE, "sur la base" de leurs entretiens avec les syndicats.
François Hollande pour l'abrogation
Le premier secrétaire du parti socialiste (PS), François Hollande a réaffirmé ses position contre le CPE. Il s'est dit "inquiet" d'une montée des tensions dans le pays si le CPE n'est pas abrogé rapidement, lors d'états généraux du parti organisés samedi à Rennes. "Je suis inquiet car toutes les tensions sont possibles si on ne répond pas de façon immédiate. On peut avoir une montée des radicalités, des tensions, des colères", a-t-il déclaré à des journalistes, soulignant que la seule réponse possible du gouvernement au mouvement social était "une abrogation avant le 17 avril du Contrat première embauche". "Aujourd'hui le CPE est sans doute mort, mais il faut l'enterrer vite", a-t-il ironisé. Il a pourtant estimé que le retrait du CPE n'était pas encore acquis. "Hier, on le croyait possible, on nous l'annonçait.
Aujourd'hui, on est encore dans l'incertitude", a-t-il relevé, estimant que les institutions sombraient "dans une période de confusion totale". "Je ne sais plus qui gouverne. Le président ne préside plus. Le gouvernement ne gouverne plus. Le parlement peine à légiférer et au sein de l'UMP c'est un pugilat. On tombe dans le ridicule", a-t-il déclaré, se disant également "inquiet pour l'image de la politique que la droite diffuse". Face à la situation de la droite "qui n'est plus responsable", il a estimé que "c'est à la gauche de tenir un discours de responsabilité", voyant dans le mouvement anti-CPE une chance de réunir la gauche en vue de l'élection présidentielle de 2007. "Après ce mouvement, le rassemblement de la gauche est irréversible, inéluctable. Nous allons le construire", a-t-il promis.
VGE réclame l'abrogation du texte pour "sortir de ce bourbier" |
Dans une tribune à paraître dimanche dans le Journal du Dimanche, l'ancien président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, estime que "la désorganisation des institutions a atteint un niveau inconnu depuis le début de la Ve République", avec la crise du CPE. "Le président de la République, auquel la Constitution fixe comme première mission de "veiller au respect de la Constitution", a signé et promulgué une loi votée par la Parlement. D'une manière surprenante, il annonce le même jour que cette loi ne sera pas appliquée. En vertu de quels pouvoirs?", s'interroge Valéry Giscard d'Estaing. "Il est grand temps de sortir de ce bourbier", juge-t-il, car "le fonctionnement normal des institutions doit être rétabli". "Pour cela le gouvernement devrait inscrire à l'ordre du jour du prochain Conseil des ministres un projet de loi comportant comme seul article l'abrogation de l'article 8 de la loi (sur l'égalité des chances, ndlr) instaurant le Contrat première embauche", annonçant "simultanément l'entrée en vigueur du reste de la loi", poursuit-il. C'est "au gouvernement de reprendre l'initiative par un geste clair et sans équivoque", estime l'ancien président. "On objectera qu'il s'agit d'un recul consistant à céder aux pressions de la rue. Le recul a eu lieu lorsqu'on a décidé de ne pas appliquer la loi! Ce serait plutôt une remise en ordre", affirme Valéry Giscard d'Estaing.
(D'après AFP)
Jacques Chirac et Dominique de Villepin. Image LCI.








