
La réponse est toujours la même : "je vais bien, je tiendrai". Pourtant ses traits sont tirés, ses yeux creusés, ses gestes lents. Le député UDF Jean Lassalle, qui est entré dans sa sixième semaine de grève de la faim au Palais-Bourbon, a déjà perdu 21 kilos. Son espoir : qu'une solution soit trouvée pour le maintien dans son canton d'Accous de l'usine japonaise Toyal, seule entreprise de la Vallée d'Aspe. Suite à une lettre de Nicolas Sarkozy au PDG de Toyo Aluminium (maison mère de Toyal) Masao Imasu lui faisant part de l'engagement du gouvernement français à "apporter toute l'aide nécessaire" au maintien de l'usine à Accous, "le numéro 2 du groupe, M. Aoki" est arrivé mardi en France, a annoncé mercredi Jean Lassalle qui voit dans "cette visite impromptue un élément positif".
Dans la salle des quatre colonnes, ses amis s'inquiètent. "J'ai peur pour sa vie", confie, émue, Christine Boutin (UMP), à l'initiative d'un comité de soutien à l'élu béarnais. "C'est un scandale, c'est affreux", s'indignait Nicolas Dupont-Aignan (UMP) qui qualifie de "juste" le "combat" du député. Jean Le Garrec (PS) est également venu aux nouvelles. "Je suis inquiet. Il n'arrêtera pas. Il est têtu, basque, berger et béarnais (...) Demain, j'irai voir Sarkozy, je vais lui en parler", ajoute l'ancien ministre socialiste.
M. Lassalle, 50 ans, père de quatre enfants, observe depuis le 7 mars une grève de la faim pour protester contre la "délocalisation à terme" de l'usine Toyal (pâte d'aluminium) qui emploie 150 personnes à Accous, vers le bassin industriel de Lacq, 65 km plus loin, sur un terrain du groupe pétrolier Total.
Photo : Yves Lasalle, mercredi, à l'Assemblée nationale (DR)
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