Le drame du Mont Sainte-Odile en procès

le 02 mai 2006 à 07h00 , mis à jour le 02 mai 2006 à 16h52

14 ans après la catastrophe aérienne qui avait fait 87 morts le 20 janvier 1992, le procès des responsables présumés du crash s'est ouvert mardi à Colmar. Les six prévenus risquent jusqu'à deux ans de prison. Leur procès doit durer jusqu'au 30 juin, avec la possibilité de le prolonger si nécessaire jusqu'au 13 juillet.

TF1/LCI Famille Mont Saint Odile procès Colmar

Un contrôleur aérien et cinq anciens cadres de l'Aviation civile, d'Air Inter et d'Airbus Industrie sont jugés à partir de mardi pour leur responsabilité supposée dans la catastrophe aérienne du Mont Sainte-Odile qui avait fait 87 morts et 9 survivants le 20 janvier 1992. Attendu depuis plus de 14 ans par les survivants et les familles des victimes, le procès devant le tribunal correctionnel de Colmar se déroule jusqu'à fin juin dans une salle spécialement aménagée pour la circonstance au Parc des expositions de la ville. 349 parties civiles défendues par 63 avocats ont annoncé leur présence.

Les six anciens responsables comparaissent tous pour "homicides et blessures involontaires". Ils encourent une peine maximale de deux ans de prison et 30.000 francs (4.573 euros) d'amende. Pour Alvaro Rendon, le président de l'association Echo qui rassemble des rescapés et des familles de victimes, l'issue du procès ne fait pas de doute : "Nous attendons des condamnations de responsables. Nous pensons que ce n'est pas la fatalité qui est à l'origine de l'accident, mais une série de dysfonctionnements qui ont conduit à la catastrophe". L'A320 qui reliait Lyon à Strasbourg descendait trop vite et s'était écarté de sa trajectoire, lorsqu'il s'est écrasé sur le Mont Sainte-Odile à l'approche de l'aéroport de Strasbourg-Entzheim.

Les hypothèses sur les circonstances du crash

Précédé d'une instruction d'une longueur record, susceptible de faire condamner la France pour durée excessive de la procédure par la Cour européenne des droits de l'homme, le procès tentera de retracer, plus de 14 ans après, l'enchaînement précis des événements ayant conduit au drame. La tâche sera d'autant plus difficile que les expertises et contre-expertises se sont multipliées au fil des années sans parvenir à s'accorder, notamment sur la responsabilité d'Airbus. Parmi les hypothèses qui seront développées devant le tribunal figure notamment l'inexpérience des pilotes, tous deux décédés, qui ne connaissaient pas bien l'appareil, lancé en 1988. Ils n'auraient pas respecté certaines procédures et auraient confondu deux modes de descente en raison de la mauvaise ergonomie d'un écran du poste de pilotage, corrigée depuis par Airbus. Ils auraient de surcroît été mal guidés par le contrôleur aérien alors présent à l'aéroport de Strasbourg-Entzheim, Eric Lammari.

Ce dernier sera jugé à Colmar, tout comme Daniel Cauvin, à l'époque directeur général d'Air Inter (aujourd'hui Air France) et deux responsables de l'Aviation civile, l'ex-directeur général Pierre-Henri Gourgeon et l'ex-chef du contrôle technique Claude Frantzen à qui la justice reproche l'absence d'"avertisseur de proximité au sol" (GPWS en anglais) à bord de l'avion. Cet avertisseur qui aurait pu alerter les pilotes à 17 secondes de l'impact, équipait à l'époque les appareils de la plupart des autres compagnies, conformément à une norme internationale, mais pas ceux d'Air Inter qui le jugeait peu fiable en raison du risque d'alarmes intempestives.

L'ancien directeur technique d'Airbus Bernard Ziegler comparaîtra pour l'ergonomie du poste de pilotage et un éventuel dysfonctionnement du DME (distance measuring equipment), un appareil permettant d'évaluer la distance de l'avion jusqu'à l'entrée de la piste. Airbus conteste ce dysfonctionnement et se déclare prêt à se retourner contre le fabriquant du DME, l'Américain Collins "si la justice retient cette piste", précise Michel Guérard, un responsable opérationnel de la sécurité des produits de la compagnie. L'ancien directeur d'exploitation d'Air Inter Jacques Rantet devra pour sa part répondre de l'inexpérience des pilotes sur un appareil très novateur à l'époque, par son recours notamment aux commandes de vol électriques.

Photo d'ouverture : les familles avant l'ouverture du procès mardi à Colmar. TF1/LCI

le 02 mai 2006 à 07:00
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7 Commentaires

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  • Stéphane, le 02/05/2006 à 15h44

    14 ans pour ouvrir un procés : comment peut-on avoir encore confiance en la justice !!!

  • Pasquier, le 02/05/2006 à 14h17

    En fait ce sont les pilotes les plus fautifs, et comme ils sont morts, ils sont difficilement condamnables. Et si aucun coupable ne sort du procès, les gens ne seront pas contents.

  • Pierre marie vallez, le 02/05/2006 à 13h33

    L'extraordinaire rentabilité d'airbus et la notoriété européenne de cette expérience vaut bien quelques morts!!!! paris valait bien une messe!!! malheur à ceux qui se trouvaient au mauvais endroit à la mauvaise heure, sacrifice enterré au nom de la rentabilité du système .....

  • Damien, le 02/05/2006 à 11h41

    Je trouve anormal de ne pas juger le mauvais fonctionnement des secours : quelques minutes après le crash, les contrôleurs connaissaient exactement les coordonnées de l'avion... mais ils sont arrivés 4 heures après...

  • Pierre marie vallez, le 02/05/2006 à 09h26

    Quand des intérêts supérieurs sont en jeu, la vérité "n'éclate" que 50 ou 100 ans après !!!!!

  • Dom, le 02/05/2006 à 09h17

    Regretable acident avec la base deux erreur humaine petite deviation de l'avion et mavaise assiete de direction lie a l'aproche provablement l'instrument de declinaison le cadran confont aisement 3,3 avec 33 le temps de compenser car c'est un avion de ligne et le mont etait la tous confie a un ordinateur et dangereux meme du temps de l'epopé mercurer cooper avait demandé une parti manuel et cela lui a sauvé la vie la simulation et un de mes dada et meme dans le reel toujours garder les mains sur le manche seul l'atterissage et dangereux dans le reportage sur votre chaine il montre l'ecran de declinaison on confont 3,3 et 33 inclinaison qu'il prenait triste erreur humaine dans aucun transport le risque zero n'arivever jamais eads devais etre tres pressé de vendre des avions du moin l'a320 cela dit eads et notre fleuront national qu'il paye en parti oui mais nous ne pouvons casser une poule aux oeuf d'or au passage meme si le concorde coutait de l'argent cela contribuait a l'image de la france et l'angleterre certe gagner 6 h a prix d'or ne servait a rien mais cette avion etait notre ambasadeur je plaiderai pour l'erreur humaine eads et l'asso echos trouverons bein un arangement avec la scor, je crois qu'il sont en exedent au niveau boursier

  • Lohey, le 02/05/2006 à 08h50

    14 ans après ! Est-ce sérieux ?

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