
" On aurait du commencer par choisir la voie des ordonnances ", estime un parlementaire proche de Matignon qui précise que le CPE devait à l'origine être baptisé " CNE jeune ". " Les gens auraient vécu l'ordonnance comme une raideur ", poursuit le député, " mais pourtant on aurait refermé la parenthèse plus vite, on aurait aussi évité le conseil constitutionnel ".
En revanche aucun regret sur le contenu même du CPE et le pari de passer à une flexibilité accrue en matière d'emploi des jeunes: " on assume, c'était un risque maximum, mais nous n'avions pas le choix ", la pression de l'échéance présidentielle qui se rapproche : " Il y a un moment où il faut tenter de surclasser Sarko, on a tenté le coup cette fois-ci ". A l'arrivée, les Villepinistes reconnaissent que c'est l'inverse qui s'est produit : " Le travail de sape de Sarko a été impressionnant, il a retourné le groupe, " estime le député qui poursuit, "En face, Matignon a fait preuve d'amateurisme, notamment après la promulgation. On avait repéré des Entreprises qui étaient prêtes à signer des CPE mais les services de Matignon n'ont pas suivis. " Constat amer d'un fidèle de Dominique de Villepin découvrant l'impréparation, voire la désorganisation des troupes à un moment clé de la bataille.
"Un arbitrage contraint"
Enfin l'épilogue. Les manifestations du 4 avril retournent la situation et conduisent au remplacement du CPE. Dominique de Villepin aurait lui préféré " un retrait sec ". Son entourage confirme, estimant que cette sortie " aurait joué comme un électrochoc permettant d'ouvrir un grand round de négociations sur l'emploi des jeunes ". Un épilogue plus conforme par ailleurs au style théâtral du personnage. Mais là encore, c'est l'axe défendu par Nicolas Sarkozy - celui du compromis - qui l'emporte. " Un arbitrage contraint " estime le député déçu, " un retrait sec mettait en cause la fonction du Premier Ministre et au-delà le Président de la République qui avait promulgué la loi. Chirac du coup s'est rapproché de Sarko ".
Et maintenant ? A un an de la présidentielle, les supporters de Dominique de Villepin estiment que " Nicolas Sarkozy a touché Villepin ". Touché-coulé ? Peut-être pas tentent de se convaincre les grognards de Matignon qui veulent encore croire à un rebond du Premier Ministre. " Rebondir sur quoi ", les interroge-t-on, " On cherche ", répondent-ils.
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