Enterrement du CPE : " On refait le film "...

Par Par Antonin ANDRE, le 12 avril 2006 à 21h16 , mis à jour le 12 avril 2006 à 21h23

Troisième mi-temps douloureuse dans les rangs des députés villepinistes après la défaite du CPE. A l'heure du débriefing, la liste des erreurs stratégiques est longue.

TF1/LCI Dominique de Villepin Assemblée nationale CPE

" On aurait du commencer par choisir la voie des ordonnances ", estime un parlementaire proche de Matignon qui précise que le CPE devait à l'origine être baptisé " CNE jeune ". " Les gens auraient vécu l'ordonnance comme une raideur ", poursuit le député, " mais pourtant on aurait refermé la parenthèse plus vite, on aurait aussi évité le conseil constitutionnel ".

En revanche aucun regret sur le contenu même du CPE et le pari de passer à une flexibilité accrue en matière d'emploi des jeunes: " on assume, c'était un risque maximum, mais nous n'avions pas le choix ", la pression de l'échéance présidentielle qui se rapproche : " Il y a un moment où il faut tenter de surclasser Sarko, on a tenté le coup cette fois-ci ". A l'arrivée, les Villepinistes reconnaissent que c'est l'inverse qui s'est produit : " Le travail de sape de Sarko a été impressionnant, il a retourné le groupe, " estime le député qui poursuit, "En face, Matignon a fait preuve d'amateurisme, notamment après la promulgation. On avait repéré des Entreprises qui étaient prêtes à signer des CPE mais les services de Matignon n'ont pas suivis. " Constat amer d'un fidèle de Dominique de Villepin découvrant l'impréparation, voire la désorganisation des troupes à un moment clé de la bataille.

"Un arbitrage contraint"

Enfin l'épilogue. Les manifestations du 4 avril retournent la situation et conduisent au remplacement du CPE. Dominique de Villepin aurait lui préféré " un retrait sec ". Son entourage confirme, estimant que cette sortie " aurait joué comme un électrochoc permettant d'ouvrir un grand round de négociations sur l'emploi des jeunes ". Un épilogue plus conforme par ailleurs au style théâtral du personnage. Mais là encore, c'est l'axe défendu par Nicolas Sarkozy - celui du compromis - qui l'emporte. " Un arbitrage contraint " estime le député déçu, " un retrait sec mettait en cause la fonction du Premier Ministre et au-delà le Président de la République qui avait promulgué la loi. Chirac du coup s'est rapproché de Sarko ".

Et maintenant ? A un an de la présidentielle, les supporters de Dominique de Villepin estiment que " Nicolas Sarkozy a touché Villepin ". Touché-coulé ? Peut-être pas tentent de se convaincre les grognards de Matignon qui veulent encore croire à un rebond du Premier Ministre. " Rebondir sur quoi ", les interroge-t-on, " On cherche ", répondent-ils.

Par Par Antonin ANDRE le 12 avril 2006 à 21:16
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10 Commentaires

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  • Laurent, le 13/04/2006 à 10h13

    Ce sont les medias qui ont retrouné le public contre le CPE : les medias français sont ultra conservateurs et clairement anti libéraux; la France ne sera jamais réformable avec les medias actuels

  • Manu, le 13/04/2006 à 09h50

    Tout le monde dit que, médiatiquement, on ne parle que de Villepin ou de Sarkozy. Moi en 2007 je vote De Villiers. C´est le seul qui parle intelligemment, qui n´a rien à se reprocher et qui ne fait pas une politique pour gagner, mais pour défendre ses idées; fait extrêmement rare. On ne peut pas en dire de tout le monde.

  • Denis, le 13/04/2006 à 09h49

    Je suis entièrement d'accord avec Mme Pereboom. D'autant que les syndicats étaient en perte de vitesse et qu'ils ne sont plus crédibles aujoud'hui (et hier)

  • PORTARIES, le 13/04/2006 à 09h22

    Le CPE est le symbole de 20 ans de gouvernement par des hommes et femmes sorties de l'ENA. L'enarque a toujours raison et les autres ne connaissent rien. La france doit changer et ses gouvernants doivent etre issuent d'autres formations. Sinon nous repartirons pour 20 ans de plus. Place a SARKOZY!

  • Ernest, le 13/04/2006 à 09h20

    On a vraiment l'impression que nos dirigeants combattent le peuple. Pire, entre eux, c'est une guerre des clans... Rendez-vous en 2007 mrs les dictateurs en puissance !

  • Titou, le 13/04/2006 à 03h02

    C'est drole tout tourne autour de Sarkozy et de Villepin. Si les extras terrestres arrivent demain, ca va profiter à qui? à Sarkozy ou à De Villepin? Je ne sais pas pour vous mais j'arrete pas de me poser la question...

  • André hervouet, le 13/04/2006 à 01h46

    Cessez quelque temps de nous rebattre avec Sarkozy ce parvenu médiatique qui selon vous aurait remporté une victoire et parlez nous de ceux qui proposent de véritables alternatives aux français. Nous ne sommes pas au spectacle, il y a des français qui en ont assez de ces dirigeants égoistes et ambiteux pour eux-mêmes.

  • Fabre, le 12/04/2006 à 23h29

    Et peut on connaître le nom de ce "parlementaire" ? Elu démocratiquement il voudrait gouverner par des méthodes factieuses, dictatoriales et mafieuses ? Mais où va la FRANCE ????????

  • Emmanuel Valette, le 12/04/2006 à 23h22

    Réfléchissons un peu : Il est certain que si on laisse les patrons, quand ils emploient un jeune, diviser le smic par deux, ne plus payer de charges, et virer les gens du jour au lendemain sans justification et sans indemnités ... le chômage des jeunes va baisser ! Et même on aura besoin de faire bosser les enfants ! Mais de quelle société voulons nous ? Une société à la Zola ? Baisser le chômage des jeunes est-ce une fin en soi ? Ou bien voulons nous une société plus harmonieuse ? La France s'est-elle dévelloppée malgré les luttes sociales, la commune, 1936, 1945 ? ou grace à la qualité de vie que ses conquêtes sociales a amené ? Comment croire qu'à une époque où l'on arrive à consacrer si peu de temps de travail à satisfaire nos besoins vitaux (produire de la nourriture, construire des batiments, se soigner) grace au décuplement de la productivité, le nombre des mal logés, mal nourris, mal soignés explose ? Pourquoi faudrait-il aligner les salaires des français sur ceux des chinois et celui de leurs patrons sur ceux des patrons américains ?

  • Pereboom Marie, le 12/04/2006 à 22h17

    Je pense que le passage du CPE a échoué pour 2 raisons rarement mentionnées: la presse a joué un rôle extrêmement réactionnaire et sectaire tout au long de ces semaines, ce qui met en doute sa fonction d'information, objective, remplacée par une réelle intoxication démagogique.Combien de fois a-t-elle procédé à une analyse sérieuse de la précarité actuelle des jeunes et de leurs CDD et stages? et la liste de ses défaillances est longue.. 2. L'oposition a trouvé, a sa grande honte, un moyen imparable: envoyer les jeunes au danger : les routes, les rails...autrement dit leur prise en otage, ce qu'on appelle en langage pénal du pur chantage. Bravo au gouvernement d'avoir préféré la "honte" du "recul" au sacrifice de jeunes vies

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