François Hollande à Lyon, s'exprimant sur l'environnementA quelques jours d'une rencontre avec les Verts pour essayer d'avancer vers une plate-forme commune, le parti socialiste peaufine ses positions en matière d'écologie. Les Etats généraux du projet PS étaient consacrés samedi à Lyon à l'environnement et au développement durable. Et François Hollande a musclé son discours politique sur ce thème. Avec un credo : sur ce plan, "la gauche est mieux placée que la droite. Nous portons les choix de l'intérêt général, du long terme et de la solidarité". Influence des alliés Verts ? "Il ne s'agit pas là d'un élément programmatique, mais d'un choix de société ou de civilisation", a affirmé le premier secrétaire du Parti socialiste, ajoutant : "il va falloir faire preuve de courage".
L'aspect énergétique est déjà au coeur des préoccupations des Français, qui subissent directement l'envolée des cours du pétrole. Une situation qui a permis à François Hollande de lancer une nouvelle charge contre le gouvernement, qu'il accuse "d'imprévoyance", avant de réclamer le rétablissement de la TIPP flottante. En ce qui concerne GDF, il a exigé que "le gouvernement fasse connaître sa décision" et a affirmé qu'une "hausse des tarifs serait davantage due à des objectifs de privatisation qu'à des considérations liées au seul prix du pétrole".
A plus long terme, il s'est prononcé pour "un modèle de transition énergétique pour arriver à la société sans pétrole", "pour le nucléaire mais en réduisant sa part", "pour le développement des énergies renouvelables avec une part de 20% à l'horizon 2020". "Le rôle des socialistes n'est pas d'être dans l'osbcurantisme", a-t-il insisté en assurant que les socialistes affirmeraient "un nombre d'exigences" qui iraient "au-delà d'une mandature". Et "nous sommes d'ores et déjà comptables des promesses que nous faisons", a-t-il averti. Henri Emmanuelli, chargé de ces Etats généraux, a lui appelé les socialistes à être "attentifs et actifs" sur la protection de l'environnement.
A l'UDF aussi...
Coïncidence : le même jour, mais à Paris, le leader de l'UDF, François Bayrou s'exprimait aussi lors d'un colloque sur le thème de "L'environnement, un avenir durable". Il y a défendu le nucléaire, "sans lequel nous ne pouvons pas tenir nos engagements sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre", mais à condition de jouer "la transparence en matière d'information sur les déchets nucléaires". Selon lui, "le nucléaire ne résoudra pas tous nos problèmes énergétiques. Mais c'est la seule filière de production énergétique sans émission de gaz à effet de serre", a-t-il insisté.
Dans son discours de clôture du colloque, le président de l'UDF a présenté des pistes pour tenter de contrer "la seule menace prévisible du XXIe siècle : celle du changement climatique dont il est démontré que la responsabilité incombe au développement sans frein de la consommation d'énergie". Pour que la France puisse respecter le protocole de Kyoto (signé en 1997) par lequel de nombreux pays (en dehors notamment des Etats-Unis) se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, "il faut avoir le courage de dire aux Français qu'il nous faut modifier nos modes de vie", a dit François Bayrou, souhaitant également "un plan pour les énergies renouvelables".
Photo d'ouverture : François Hollande à Lyon, s'exprimant sur l'environnement - DR
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