© TF1Alors que la question de l'immigration est revenue ces derniers jours au coeur du débat politique après les déclarations de Nicolas Sarkozy et Philippe de Villiers, Laurent Fabius s'est prononcé mardi matin sur France Inter pour la régularisation des immigrés sans-papiers. Interrogé sur le cas des clandestins installés en France, il a indiqué qu'il faudrait faire "la même chose qu'en Espagne et en Italie, les régulariser". Le candidat à l'investiture pour 2007 a par ailleurs accusé le ministre de l'Intérieur de "monter une opération de diversion lamentable" avec la question de l'immigration. Il a souhaité que sur ce thème, les socialistes soient "clairs et courageux".
"On se trouve à un an des élections. Sur le terrain économique et social, la droite et Sarkozy sont en difficulté, il a donc choisi immigration, immigration, immigration", a-t-il dit, alors que l'Assemblée nationale doit examiner à partir du 2 mai le projet de loi Sarkozy sur l'immigration. Le député de Seine-Maritime a affirmé que la droite voulait "utiliser le thème de l'immigration pour essayer de se rapprocher de l'extrême droite et battre la gauche sur ce terrain". "Je trouve cela absolument lamentable", a-t-il dit. Il a ajouté que le projet sur l'immigration allait "précariser les immigrés" et "créer des foyers d'immigration clandestine".
Le député PS a jugé également "absolument honteuse" la déclaration du président du Mouvement pour la France Philippe de Villiers affirmant qu'"il n'y a pas d'islam modéré". "Et quand la droite, Nicolas Sarkozy, entonnent finalement un péan voisin, en disant: +attention, les immigrés, il faut les pourchasser+, je trouve cela détestable", a-t-il jugé.
"Un an avant 1981, Mitterrand était dans les choux"
Concernant la course à l'investiture présidentielle socialiste, Laurent Fabius a estimé que rien n'était joué, malgré l'envolée de Ségolène Royal dans les sondages. "Il y a une seule règle avec les sondages qui sont faits un an à l'avance, c'est qu'ils se trompent toujours", a déclaré l'ancien Premier ministre sur France Inter. "Un an avant les élections de 1981, Mitterrand était dans les choux mais il a été élu. Un an avant les élections de 1995, on ne donnait pas trois francs pour la candidatur Jospin et c'est lui qui a été candidat", a-t-il rappelé.
Une fois désigné, le candidat socialiste devra former "la future équipe de France", qui dirigera le pays, mais "dans un premier temps, il faut désigner celui ou celle qui conduira cette équipe et de ce point de vue là rien n'est acquis", a-t-il souligné
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