Fin des consultations, poursuite des blocages

le 07 avril 2006 à 08h05 , mis à jour le 07 avril 2006 à 21h37

Alors que les consultations entre parlementaires et syndicats sur le CPE se sont achevée vendredi à la mi-journée, les blocages se poursuivent. A Nantes, la circulation a été paralysée vendredi matin. Jeudi soir, deux députés UMP ont été séquestrés par des manifestants. A Caen, des affrontements ont éclaté en marge des manifestations.

TF1/LCI Blocages anti-CPE Nantes

La consultation de l'ensemble des partenaires sociaux sur le CPE, commencée mercredi, a pris fin vendredi à midi. Alors que le président du groupe UMP à l'Assemblée, Bernard Accoyer, s'est contenté d'indiquer vendredi soir que ces discussions "serviraient de base" à une prochaine proposition de loi, les actions ponctuelles des anti-CPE ont maintenu la pression tout au long de la journée.

A Paris, 150 lycéens ont ainsi bloqué vendredi dans la matinée la circulation place de la Nation avant d'être repoussés sur le trottoir par la police. Plus pacifiste, le syndicat lycéen Fidl a invité les jeunes à un pique-nique boulevard Saint-Michel à la hauteur de la Sorbonne. En banlieue parisienne, une centaine d'élèves du lycée Olympe-de-Goujes (Noisy-le-Sec) ont tenté pendant deux heures de bloquer les autoroutes A3 et A86 à hauteur de l'échangeur de Rosny-sous-Bois, sans y parvenir. En Seine-et-Marne environ 80 jeunes encadrés par la CGT ont bloqué les voies du RER à Mitry-Mory, provoquant 45 minutes d'arrêt de circulation.

Députés séquestrés à Millau

Dans le Nord, des distributions de tracts ont été organisées dans la banlieue lilloise, ainsi que sur l'A22 à la frontière avec la Belgique. La circulation des trains était aussi encore légèrement perturbée après le blocage jeudi de la gare du Nord à Paris, quatre TGV ayant été annulés. A Nantes, 250 étudiants opposés au CPE ont bloqué pendant plusieurs heures les dépôts de bus et de tramway. A Saint-Herbelain, à côté, 250 autres manifestants ont mené une deuxième opération en bloquant les accès routiers à un centre commercial. Dans l'Eure, la RN 175 a été bloquée à hauteur de Pont-Audemar dans les deux sens. Au Havre, 400 étudiants et lycéens ont occupé vendredi brièvement les bureaux du député UMP Jean-Yves Besselat puis le palais de justice et l'Hôtel de ville pour demander l'abrogation du CPE.

Jeudi soir, à Lyon, une cinquantaine d'anti-CPE ont retardé d'une heure le début d'un concours de plaidoiries organisé par l'université Lyon III, auquel assistait Pierre Mazeaud, le président du Conseil constitutionnel et le premier président de la Cour de cassation Guy Canivet. Dans cette région, vendredi matin, quelque 200 étudiants et lycéens ont occupé durant près d'une heure les voies de la gare de Bourgoin-Jallieu (Isère). A Limoges, 500 étudiants et lycéens se sont rassemblés devant le palais de justice pour réclamer la libération de leurs condisciples condamnés en France.

10 blessés dans des affrontements

Egalement jeudi soir, deux députés UMP, Jérôme Chartier et Jacques Godfrain, qui animaient une réunion publique à Millau  dans l'Aveyron, ont été "sequestrés" pendant près d'une heure par des militants anti-CPE. Une vingtaine de personnes sur la centaine qui participaient à cette réunion ont été retenus avec les deux députés. Toutes ont été "libérées" par la police peu après 22 heures. Environ quatre-vingt autres personnes avaient été autorisées par les anti-CPE à quitter la salle de réunion au bout d'une demi-heure. La police a indiqué la présence d' "altermondialistes proches de José Bové" parmi eux. "Je leur ai proposé de débattre mais ils ont refusé. J'observe que les représentants de tous les syndicats l'ont accepté avec les députés. Je regrette que les anti-CPE de Millau n'aient pas la même vision de la démocratie", a affirmé Jérôme Chartier.

Des affrontements ont opposé des jeunes aux forces de l'ordre jeudi à Caen à l'issue d'une manifestation. Selon la préfecture, les affrontements ont fait une dizaine de blessés légers, dont une policière, et sept personnes, des jeunes majeurs, ont été interpellées.  Bombardées de projectiles, les forces de l'ordre ont répliqué à plusieurs reprises par des charges et des tirs de gaz lacrymogènes. Dans l'après-midi, quelque 2.000 jeunes anti-CPE, selon la police, avaient défilé dans les rues puis occupé la gare pendant plus de deux heures, avant d'en être délogés par les forces de l'ordre vers 18H30. Peu avant 20H00, la manifestation s'était dispersée, selon la police.

Blocage des voies à Nantes vendredi matin. Image LCI.

le 07 avril 2006 à 08:05
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