© Assemblée NationaleSelon Nicolas Sarkozy, le texte vise à "tranformer profondément" la politique d'immigration, "pas dans la continuité mais dans la rupture" a-t-il expliqué devant les députés en commisssion des lois. Le projet de loi durcit les conditions d'entrée des migrants non qualifiés, notamment au motif du rapprochement familial. Le regroupement familial ne pourra être demandé par un étranger qu'après une durée de séjour régulier en France de 18 mois et non plus 12. Ses ressources, d'un montant au moins égal au Smic, devront provenir de son travail. Il devra démontrer qu'il se conforme aux principes qui régissent la République française.
Carte de séjour valable trois ans
Les parents d'enfants français et les conjoints de Français devront attendre trois ans, au lieu de deux, pour solliciter une carte de long séjour (10 ans). Le projet prévoit la création d'une carte de séjour spécifique dite "compétences et talents", d'une durée de validité de trois ans renouvelable et réservée à des migrants "hautement qualifiés". Les membres de la famille du titulaire de cette carte se verront remettre une carte de séjour temporaire "vie privée et familiale". Une carte de séjour pluriannuelle, d'une durée maximale de quatre ans, sera délivrée aux "meilleurs" étudiants de niveau master.
Contrat d'accueil et d'intégration
Le "contrat d'accueil et d'intégration" devra être signé par tout étranger admis au séjour et souhaitant s'y maintenir durablement. Il stipulera un certain nombre d'engagements : apprentissage du français, égalité hommes-femmes, respect des lois. Son respect sera indispensable pour rester en France. La régularisation ne sera plus automatique au bout de 10 ans de présence sur le territoire. Le projet prévoit cependant que cette possibilité de régularisation des clandestins présents depuis 10 ans, instaurée en 1998 par la loi Chevènement, sera laissée à l'appréciation des préfets "au cas par cas".
400 amendements
Le texte sera soumis au vote des députés mardi 9 mai après la séance des questions au gouvernement. Un peu plus de 400 amendements ont d'ores et déjà été déposés. Le ministre de l'outre-mer François Baroin interviendra après Nicolas Sarkozy pour présenter le volet du texte le concernant. L'opposition défendra plusieurs motions de procédure : Bernard Roman (PS) une exception d'irrecevabilité, Serge Blisko (PS) une question préalable et Patrick Braouezec (PCF), une motion de renvoi en commission.
Marine Le Pen critique vis-à-vis du projet Sarkozy La vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, a dénoncé lundi le projet de loi Sarkozy sur l'immigration "choisie" dans le Grand jury RTL-LCI-Le Figaro. "Il n'est pas admissible de faire croire aux Français que ces dispositions vont changer la situation" de l'immigration en France, a-t-elle déclaré. "On trompe les Français : l'immigration ne sera pas limitée, et l'immigration choisie va être une immigration supplémentaire" par rapport à celle qui existe déjà actuellement, a-t-elle ajouté, en réclamant "un moratoire pour arrêter toute immigration". Marine Le Pen a aussi fustigé la prise de position des églises chrétiennes dénonçant la sévérité du texte envers les immigrés.
(Nicolas Sarkozy mardi à l'Assemblée/DR)
Retour MYTF1
Chargement en cours...



