
Le député UDF Jean Lassalle, en grève de la faim depuis le 7 mars, a été hospitalisé d'urgence ce matin à l'hôpital Poincaré de Garches, dans les Hauts-de-Seine. L'ordre est venu du médecin de l'Assemblée nationale. L'élu, qui entamait son 39e jour de jeûne a perdu 21 kilos et était visiblement affaibli.
Cette hospitalisation intervient alors qu'un accord pourrait être trouvé aujourd'hui sur le dossier Toyal, du nom de l'entreprise dont le projet de délocalisation de son usine a amené le député des Pyrénées-Atlantiques à mener une grève de la faim pour sauver 150 emplois dans son canton d'Accous. Nicolas Sarkozy doit en effet recevoir ce matin Masahiro Aoki, numéro deux de Toyal, Hervé Lelièvre, président de Toyal Europe, et Hiroshi Hirabayashi, ambassadeur du Japon.
Jeudi, le député avait par ailleurs reçu les soutiens de Dominique de Villepin et de Jacques Chirac. Le chef de l'Etat l'aurait appelé pour l'informer qu'il avait "insisté auprès de ses amis japonais, au plus haut niveau, pour leur faire savoir que cette affaire risquait d'apporter une ombre à l'excellente relation franco-japonaise qui ne mérite pas ça", a relaté Lassalle. Dominique de Villepin avait également créé la surprise en rendant une visite impromptue au député béarnais dans son petit bureau de parlementaire au Palais-Bourbon et en lui annonçant qu'un "accord semblait possible".
"J'aime le printemps, j'aime la vie"
Quelques instants avant l'annonce de son hospitalisation, Jean Lassale avait déclaré sur France Info qu'il y avait selon lui "une lueur d'espoir" que le dossier Toyal se débloque dans la journée. "Il a y aujourd'hui, d'après ce que m'ont dit Jacques Chirac et Dominique de Villepin, et ce qu'ont dit ensuite MM. Sarkozy et Loos, une lueur", a déclaré M. Lassalle sur France Info. "Ca peut se concrétiser aujourd'hui, ce serait formidable, mais si ça se concrétise pas, je ne cesserai pas", a-t-il ajouté. "Je n'arrêterai que le jour où tout le monde sera d'accord".
"J'aime le printemps, j'aime la vie et j'aime tellement ma famille (...), je n'ai aucune envie de mourir, mais je ne peux pas, après pratiquement 40 jours de jeûne, arrêter comme un clown triste", a-t-il dit. "Je ne demande pas une victoire, je demande que prévalent le bon sens et la parole donnée, parce que ça devait se faire en 1998 déjà".
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