
L'ex-leader syndical paysan José Bové a finalement été transféré à Lunel dans l'Hérault, où il devrait être placé en garde à vue, a-t-on appris jeudi soir auprès de son avocate toulousaine Me Marie-Christine Etelin. José Bové et un autre militant de la Confédération paysanne, Francis Roux, sont arrivés à la gendarmerie de Lunel peu avant 20 heures 30, a indiqué un membre de la Confédération Paysanne à l'AFP. Dans un premier temps, José Bové devait être transféré à Montpellier pour y être entendu par la section de recherches de la gendarmerie pour le Languedoc-Roussillon. José Bové a été interpellé en fin d'après-midi à Trèbes (Aude) en marge d'une manifestation sur le site du semencier américain Monsanto envahi par des militants de la Confédération paysanne, des Faucheurs volontaires et des membres de Greenpeace. José Bové et Francis Roux ont été interpellés alors qu'ils s'arrêtaient à un café après une "action de contrôle" des semences par une centaine de militants anti-OGM sur le site de Monsanto.
Colère de Greenpeace et de la Confédération paysanne
La Confédération paysanne et Greenpeace "exigent la remise en liberté immédiate" de José Bové et de Francis Roux. Les deux organisations "s'insurgent" dans un communiqué commun contre leur interpellation "bien après la fin de l'action" et estiment que "cette arrestation s'assimile à une manoeuvre de diversion pour occulter les pratiques de Monsanto". Selon le communiqué des deux organisations "la direction du site a reconnu que des semences de maïs auraient bien été produites en France en 2005. Cette récolte aurait été écoulée en Espagne et des semences réintroduites en France pour des semis en 2006". Pour la Confédération Paysanne et Greenpeace "ces allers et retours sont opérés dans le but de contourner le flou de la réglementation française actuelle (...) et expriment la volonté de Monsanto de passer en force pour imposer les OGM".
"Saccager une propriété privée est inacceptable"
De son côté, Monsanto France, la filiale française du groupe américain d'agrochimie Monsanto, a protesté contre l'envahissement par les manifestants de son site de production, déjà l'objet d'une manifestation en décembre 2005. "Le respect de la liberté d'expression est fondamental, mais, dans un état de droit, saccager une propriété privée et tenter d'intimider nos employés est inacceptable", déclare Yann Fichet, directeur des relations extérieures de Monsanto en France. "La sécurité de nos salariés est une priorité absolue mais nous ne pouvons pas fermer nos sites à chaque menace de manifestation pour des raisons évidentes d'impact économique de ces pertes d'activité", ajoute Yann Fichet.
(D'après AFP)
Image LCI. Interpellation de José Bové à Trèbes.
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