
Jean Lassalle ne regrette rien de son action. Encore moins de la méthode employée pour arriver à ses fins. Le député UDF des Pyrénées-Atlantiques avait observé un jeûne de 39 jours pour le maintien d'une activité industrielle dans son canton. Il a cessé son mouvement le 14 avril après qu'un accord a été trouvé avec le groupe japonais Toyal. "Si tout va bien", l'élu, encore faible, devrait sortir de l'hôpital jeudi.
Lors d'une rencontre avec la presse à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches, le député, dont l'action avait été critiquée, a répondu mardi à ses détracteurs en affirmant que "c'était (son) droit le plus absolu et une manière d'interpeller (ses) collègues politiques et les citoyens". "Il n'est prévu dans aucun programme électoral qu'un élu fasse la grève de la faim, mais il n'est interdit nulle part qu'un député puisse le faire, à partir du moment où on respecte la dignité et la maison du peuple", l'Assemblée nationale, a-t-il déclaré. "Ce sont les électeurs qui trancheront", a-t-il dit, en précisant qu'il avait été "confronté à une situation sans issue".
"J'aurai à mener d'autres actions"
A ceux qui lui reprochaient de décourager les investisseurs, Jean Lassalle a répondu qu'on lui prêtait beaucoup "d'honneur d'un seul coup en pensant qu'un modeste député va, à lui seul, dissuader les investisseurs étrangers de venir en France". "C'est le contraire qui va se produire", a-t-il dit car "bien loin de décourager les investisseurs, le combat les attire". Il a assuré qu'il allait maintenant veiller à ce que les engagements pris par le groupe japonais Toyal soient tenus, en se déclarant "optimiste" sur ce point, car l'engagement a été signé "sous l'égide des plus hautes instances de la République".
Répondant aux critiques formulées sur le coût, pour les collectivités et les entreprises, du maintien d'un activité dans "les espaces ruraux désertifiés", Jean Lassalle a demandé : "se pose-t-on la question de savoir combien coûte le musée des Arts premiers", qui doit être inauguré en juin à Paris. "J'ai la ferme intention de livrer bataille essentiellement pour l'avenir de ma vallée mais aussi une certaine éthique de mon pays", afin qu'il ne soit plus "rabougri" mais "euphorique", a-t-il dit en ajoutant : "je ne pense pas que je ferai encore une grève de la faim mais je pense que j'aurai à mener d'autres actions".
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