"Libérez les facs sans préavis !"

Par Propos recueillis par David STRAUS, le 02 avril 2006 à 11h46 , mis à jour le 03 avril 2006 à 08h16

Six mille personnes, selon le collectif Halte au blocage, 2000 selon la police, ont manifesté dimanche à Paris contre les barrages aux portes des universités. Le collectif et d'autres organisations comme Liberté chérie exigent que le droit à étudier soit respecté.

[Expiré] [Expiré] CPE anti-blocage hôtel de ville paris © AFP / F. GUILLOT

LCI : Votre collectif, Halte au blocage, appellait à une manifestation à Paris ce dimanche (1), avec Stop blocage, l'association libérale Liberté Chérie, SOS Facs bloquées et Stop la grève (proche du syndicat  étudiant UNI). Quel en était le mot d'ordre ?

Raphaël Cognet : Notre plus petit dénominateur commun est la levée des barrages aux portes des facs immédiatement et sans préavis. Il ne s'agit pas de manifester pour ou contre le Contrat première embauche mais de demander que soit assuré le droit d'étudier. D'ailleurs, si Halte au blocage est favorable au CPE, Stop Blocage et Liberté Chérie y sont opposés.

LCI : Combien la manifestation a-t-elle réuni de participants ?

R.C. : Selon nos estimations, 6000 peu avant 17 heures (2000 selon la police, plus de 2000 selon les journalistes sur place). Si nos premières manifestations étaient exclusivement composées d'étudiants, la multiplication des blocages incontrôlés, au-delà des universités, nous amène de nouveaux sympathisants. Grâce à Liberté Chérie, le mouvement s'élargit bien au-delà des étudiants et des lycéens car les formes de contestation, comme les barrages filtrants sur les routes et les blocages des gares, sont de moins en moins populaires, y compris chez les personnes qui ne sont pas opposées au CPE. Et nos rangs vont encore s'étoffer car l'Unef et les autres organisations n'ont d'autre choix que de radicaliser leur mouvement.

LCI : Votre appel ne semble guère entendu des autorités ?

R.C. : Le ministère de l'Intérieur pourrait sans doute accélérer le mouvement de libération des facs. Mais l'urgence pour le gouvernement semble être à l'apaisement des un à deux millions de manifestants contre le CPE. Pour nous, il ne s'agit pas d'un rapport de forces, mais d'égalité de droit : l'Etat doit nous garantir l'accès aux universités. Il est vrai aussi qu'il n'y a pas de débordements de notre côté. Ce n'est pas parce que nous ne balançons pas de cocktails Molotov que nous ne méritons pas d'être entendus.

 

Manif Halte au blocage
Quand ? à 15 heures dimanche
Où ? RDV à la place du Châtelet.
Le cortège se rend à la place de la Bastille, via la place Saint-Gervais
et la rue Saint-Antoine.

Tous les liens
Halte au blocage, en cliquant ici 
Stop blocage, en cliquant ici
Liberté Chérie, en cliquant ici

LCI : Avez-vous prévu d'autres actions ?

R.C. : A court terme, nous nous en tiendrons aux manifestations. Certains ont appelé à l'organisation de référendums sur le blocage des facs. Halte au blocage n'y est pas favorable, car il n'est pas légitime de faire une consultation sur la violation d'un droit, en l'occurrence celui d'étudier. Mais nous pourrions nous y résoudre, car à chaque fois qu'il y a eu un vote transparent, les blocages ont été levés. L'autre voie est celle des juges. Plusieurs décisions de justice ont été rendues en faveur de la levée des barrages, sans toujours être appliquées par les présidents d'universités. Il y a urgence. Les cours doivent reprendre et ne peuvent se prolonger en été pour rattraper le temps perdu. Certains étudiants ont besoin des mois de juillet, août et septembre pour travailler et boucler leur budget.

(Photo AFP / F. Guillot : Etudiants opposés au blocage des facs
devant l'Hôtel de Ville de Paris, le 19 mars 2006 )

Par Propos recueillis par David STRAUS le 02 avril 2006 à 11:46
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46 Commentaires

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  • Jorge, le 03/04/2006 à 12h13

    Réponse a Chris, Paris : Il est plus simple de manisfester en semaine que le dimanche.Faites vous manifestation le dimanche au lieux de faire chier ceux qui veulent etudier et travailler . A bon Entendeur

  • Thierry, le 03/04/2006 à 12h11

    C'est marrant il y a une personne que l'on entend jamais, daniel cohn-bendit il y était lui pourtant en mai 68 pour balancer des pavés sur les flics et proner la grève à tout và? mais c'est vrai, maintenant il est député européen à 15 ou 20000 euros par moi.à mon avis le leader de l'unef et consort on une voie royale pour faire la même chose dans quelques années par contre aujourd'hui ils mettent bien le bordel pour pas grand chose.

  • LIO, le 03/04/2006 à 09h47

    Ils ne pensent pas aux parents qui financent les études des enfants, et qui n'ont pas de moyens. Ceux qui manifestent y songent-ils ?

  • Damien, le 03/04/2006 à 09h39

    Arrêtons de prendre en otages les Jeunes qui veulent travailler ! 100% d'accord avec ce collectif ! Courage...

  • Michèle, le 03/04/2006 à 08h36

    Etudier est un droit et il appartient au gouvernement d'assurer son application. Certains de nos étudiants s'occupent sur les bancs de l'Université, d'autres étudient. Ce sont ces derniers qui feront la France de demain et qui doivent être entendus. Augmentons le coût des études et l'école redeviendra un lieu de travail et non une salle de jeux...

  • Jonathan, le 03/04/2006 à 08h05

    6000 à Paris, c'est dérisoire ! Même pas représentatif ! A arras (ville bcp moins importante, nous étions 12000/15000 à manifester contre le CPE mardi dernier !

  • Patrick, le 03/04/2006 à 07h39

    Bonjour la democratie pour la gauche c'est mettre le desordre alors que des decisions de justice demandent l'ouverture des facs mais les presidents sont de gauche alors on ne prends aucune initiative ele est belle la mentalite française

  • Creek83, le 03/04/2006 à 07h31

    Le Droit d'étudier est un droit fondamental, inscrit dans le préambule de notre constitution!! Mais si les Facs réouvrent leur porte le seul moyen de pression qu'a le mouvement Anti-CPE disparaît! Les responsables de cette crise sont ceux qui n'ont pas respecté les citoyens en IMPOSANT une loi, en évitant le dialogue et la concertation qui par ailleurs, ont été rendus obligatoire par une loi élaborée par M.FILLION pour tout ce qui concerne le Droit du Travail!!! Les étudiants ne font que se défendre, même si empêcher l'accès aux enseignement n'est pas trés normal, je pense qu'il ne font pas ça de gaité de coeur mais par obligation pour se faire entendre!!!

  • Doc, le 03/04/2006 à 06h56

    Voila ce a quoi mene la democratie totale. Un pays ingerable, ingouvernable et en declin. C est beau la democratie extreme...

  • John, le 03/04/2006 à 06h28

    Les dates des examens doivent être maintenues. Les bloqueurs seront alors devant une bonne leçon de la vraie vie active

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