© AFP / F. GUILLOTLCI : Votre collectif, Halte au blocage, appellait à une manifestation à Paris ce dimanche (1), avec Stop blocage, l'association libérale Liberté Chérie, SOS Facs bloquées et Stop la grève (proche du syndicat étudiant UNI). Quel en était le mot d'ordre ?
Raphaël Cognet : Notre plus petit dénominateur commun est la levée des barrages aux portes des facs immédiatement et sans préavis. Il ne s'agit pas de manifester pour ou contre le Contrat première embauche mais de demander que soit assuré le droit d'étudier. D'ailleurs, si Halte au blocage est favorable au CPE, Stop Blocage et Liberté Chérie y sont opposés.
LCI : Combien la manifestation a-t-elle réuni de participants ?
R.C. : Selon nos estimations, 6000 peu avant 17 heures (2000 selon la police, plus de 2000 selon les journalistes sur place). Si nos premières manifestations étaient exclusivement composées d'étudiants, la multiplication des blocages incontrôlés, au-delà des universités, nous amène de nouveaux sympathisants. Grâce à Liberté Chérie, le mouvement s'élargit bien au-delà des étudiants et des lycéens car les formes de contestation, comme les barrages filtrants sur les routes et les blocages des gares, sont de moins en moins populaires, y compris chez les personnes qui ne sont pas opposées au CPE. Et nos rangs vont encore s'étoffer car l'Unef et les autres organisations n'ont d'autre choix que de radicaliser leur mouvement.
LCI : Votre appel ne semble guère entendu des autorités ?
R.C. : Le ministère de l'Intérieur pourrait sans doute accélérer le mouvement de libération des facs. Mais l'urgence pour le gouvernement semble être à l'apaisement des un à deux millions de manifestants contre le CPE. Pour nous, il ne s'agit pas d'un rapport de forces, mais d'égalité de droit : l'Etat doit nous garantir l'accès aux universités. Il est vrai aussi qu'il n'y a pas de débordements de notre côté. Ce n'est pas parce que nous ne balançons pas de cocktails Molotov que nous ne méritons pas d'être entendus.
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LCI : Avez-vous prévu d'autres actions ?
Quand ? à 15 heures dimanche
Où ? RDV à la place du Châtelet.
Le cortège se rend à la place de la Bastille, via la place Saint-Gervais
et la rue Saint-Antoine.
Halte au blocage, en cliquant ici
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R.C. : A court terme, nous nous en tiendrons aux manifestations. Certains ont appelé à l'organisation de référendums sur le blocage des facs. Halte au blocage n'y est pas favorable, car il n'est pas légitime de faire une consultation sur la violation d'un droit, en l'occurrence celui d'étudier. Mais nous pourrions nous y résoudre, car à chaque fois qu'il y a eu un vote transparent, les blocages ont été levés. L'autre voie est celle des juges. Plusieurs décisions de justice ont été rendues en faveur de la levée des barrages, sans toujours être appliquées par les présidents d'universités. Il y a urgence. Les cours doivent reprendre et ne peuvent se prolonger en été pour rattraper le temps perdu. Certains étudiants ont besoin des mois de juillet, août et septembre pour travailler et boucler leur budget.
(Photo AFP / F. Guillot : Etudiants opposés au blocage des facs
devant l'Hôtel de Ville de Paris, le 19 mars 2006 )
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